Le crâne ancestral

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Raphaël Zacharie de Izarra (Voir livre d'or)

Greg H 

publié le 14 April 2004 18:24 de 81.248.143[...]
   


J'suis allé faire un tour sur son site..
vous en pensez quoi?
Pour moi : de l'effusion un peu dans tout les sens, de la révolte un peu tête baissée... j'ai pas tout lu l'exemple sur le livre d'or me paraît le moins terre à terre... sur le site y en a des simplets, mais je ne demande qu'a connaître davantage... c'est dommage que Raphaël ne prenne pas plus de temps pour laisser mûrir, certain texte sont vraiment d'une verdeure acide...

GH


- La déraison du plus libre -

Michäel Arachné de Wasque 

publié le 15 April 2004 20:15 de 62.129.165[...]
   

Bonjour,

Je suis Michaël, le frère jumeau et inversé de Raphaël, j'écris les mêmes poèmes que lui mais dans le sens opposé, et voici donc l'envers de l'endroit.

- La déraison du plus libre -

A vous croyants de l'autre monde qui oignez Guénon, Pascal, Aristote, quelque spectre clérical ou même vos propres mains, à vous hommes pénétrés de noirceurs occultes, abreuvés de l'obscurité des livres épais, à vous nihilistes étourdis par les lueurs scintillantes des siècles passés, convaincus de la profondeur de vos mystères, de la hauteur de vos cathédrales, à vous hermétiques à la cause poétique enfin, j'oppose la fébrilité de mon coeur, la liberté de mon âme, le chant de ma muse. Un voile transparent habille l'espoir mais vous, vous êtes opaques. Vos esprits masquent les fragiles mais intenses lueurs du Monde, projetant aux cieux des ombres terrifiantes.

Je distribue le feu irisé de la Poésie et souhaite répandre mes reflets multicolors sur vos fronts pleins de ténèbres. La brise aura raison des anciennes tables : là où souffle la liberté, plus aucun dictat ne vaut, plus rien n'est inaltérable. Pyramides, statues, citadelles de foi s'effondrent au chant de la Muse.

Invisible, je plane autour de vos masques drapés. Que ceux qui désirent me voir détendent leurs liens, raison, éventails et autres corsets de l'esprit. A ceux-là qui jusqu'alors ont borné leur vue aux fumigènes toxiques de l'âme, j'offre l'air frais et indéfini des constellations.

Michäel Arachné de Wasquehal


Re: Raphaël Zacharie de Izarra (Voir livre d'or)

Dan 

publié le 15 April 2004 20:41 de (212.95.68[...]
   

MOuaif... trop brouillon, confu, prisonnier du n'importe quoi je dirais.


Je suis pas un spécialiste mais Guènon, Pascal, Aristote "nihilistes" ?! C'est pas très cohérent.
Et puis "noirceurs occultes" me semble maladroit...


Voilà, moi ce que j'en dis...


Re: Raphaël Zacharie de Izarra (Voir livre d'or)

dav 

publié le 15 April 2004 20:42 de 62.129.165[...]
   

Il y a des portraits assez succulents je trouve et de belles formules. Un style franc à la limite de l'argot et bien pesé.

Il collectionne le vent, l'eau de pluie, les fleurs fanées et aussi les lettres de grands écrivains avec qui il correspond assidûment depuis plus de trente ans.

Je ne trouve pas que ça parte particulièrement dans tous les sens.


Re: Raphaël Zacharie de Izarra (Voir livre d'or)

dav 

publié le 15 April 2004 20:44 de 62.129.165[...]
   

Dan, de quel frère jumeau tu parles ? ;)


Re: Raphaël Zacharie de Izarra (Voir livre d'or)

Dan 

publié le 15 April 2004 20:51 de (212.95.68[...]
   

Je me permettais une petite critique de "Michäel Arachné de Wasque" et de relever quelques incohérences.
Des critiques constructives, pleines d'espoir.


Re: Raphaël Zacharie de Izarra (Voir livre d'or)

dav 

publié le 15 April 2004 20:56 de 62.129.165[...]
   

oui et Raphaël Zacharie de Izarra du livre d'or ? :lol2:

- La raison du plus léger -

A vous incroyants de ce monde qui oignez Freud, Sade, Nietzsche, quelque spectre d'État ou même vos propres pieds, à vous hommes pénétrés des noirceurs de la science, abreuvés de l'obscurité des livres épais, à vous impies éblouis par les lueurs clignotantes du siècle, convaincus de la profondeur de vos éprouvettes, de la hauteur de vos poiriers, à vous hérétiques de la cause poétique enfin, j'oppose la minceur de mon flanc, la légèreté de mon âme, le chant de mon luth. Un voile transparent habille la Vérité mais vous, vous êtes opaques. Vos têtes arrêtent la lumière du Ciel, projetant à vos pieds des ombres immenses.

Je distribue le feu blanc de la Poésie et souhaite répandre mes reflets purs sur vos front pleins de ténèbres. La brise aura raison des montagnes de granit : là où souffle l'esprit, plus aucun sommet ne vaut, plus rien n'est inaltérable. Pyramides, statues, puits de science s'effondrent sous le vent de la Lyre.

Invisible, je plane au-dessus vos chapeaux en pointe. Que ceux qui désirent me voir ôtent couvre-chefs, oeillères, masques et autres carcans de l'esprit. A ceux-là qui jusqu'alors ont borné leur vue à la poussière des os, j'offre l'infini des constellations.

Raphaël Zacharie de Izarra


Re:pour hucki

laurent 

publié le 15 April 2004 21:34 de 195.93.102[...]
   

photo test de tripoli.accuse reception.


Re: Raphaël Zacharie de Izarra (Voir livre d'or)

Dan 

publié le 15 April 2004 22:09 de (212.95.68[...]
   

Oui merci, j'avais vu.

Y faut dire qu'avec Raphaël je ne me sens pas visé. En plus je le trouves plein de sens.


Re: Raphaël Zacharie de Izarra (Voir livre d'or)

dav 

publié le 15 April 2004 23:11 de 62.129.165[...]
   

Oui mais plutôt empêtrés dans des lieux communs et des généralités les frèrots. Et on peut pas dire qu'ils fassent dans la dentelle ou dans la nuance. Y'a rien à faire, hors la nuance on est quand même un peu dans le grossier et la caricature, donc plutôt dans la discussion de comptoir, l'opinion, la pub, la télé... le contraire de la pensée. J'applique la même critique aux deux versions : préjugé, opinion, syndrome "moi je pense que" sauf qu'on n'a pas pensé une seule seconde mais répété des opinions.

En dehors de ça, ce que je veux dire, je dis pas que c'est mal ou nul en fait, je veux dire que c'est bien beau de jolis mots comme ça mais ce n'est plus intéressant que ça, voilà une opinion, l'autre dira qu'il est pas d'accord et le suivant qu'il est d'accord avec le premier et à la fin voilà bon personne n'aura avancé. Ce qui serait vraiment intéressant c'est "l'infini des constellations" en mot. Et quand on ça ben le manifeste ci dessus est devenu inutile et évident, parceque "l'infini des constellation en mots" ce serait une sacrée démonstration. Heu enfin vous me comprenez ? C'est comme s'il disait je vais faire ça, vous voyez, on s'en fout, mais qu'il le fasse ! S'il le fait alors on s'en fout plus, sauf s'il le faisait en disant qu'il va le faire (ça c'est une objection que vous pourriez me retourner), mais je ne trouve pas qu'il le faisait en disant qu'il allait le faire. Donc voilà. Enfin bon vous me direz qu'il faut des fois dire ce qu'il faut faire, oui mais là je reviens au début, c'est quand même un lieu commun, faut avancer maintenant un peu. Tout ça pour répondre à Greg surtout: pour moi ce texte est terre à terre.

Je préfère les petits protraits de son site, même simplets ils sont plus subtiles dans l'ensemble, et plus pittoresques, à l'inverse on sent que l'on ne pédale pas dans la choucroute, vous voyez ce que je veux dire ? Vous sentez ça aussi ? Ou bien j'ai les sens dérèglés ?


Re: Raphaël Zacharie de Izarra (Voir livre d'or)

Michaël 

publié le 16 April 2004 02:41 de 62.129.165[...]
   

Chers amis (je me permets...),


Merci de vos remarques.


Dav: Certes, j'admets que mon expression n'est pas très claire, j'ai vulgarisé mon propos à outrance et agi en réactionnaire à mon frère jumeau qui lui a fait de même au même momment.


Dan:

Et puis "noirceurs occultes" me semble maladroit...
Soit, mais cela n'a aucune importance.


Je suis pas un spécialiste mais Guènon, Pascal, Aristote "nihilistes" ?! C'est pas très cohérent.

En revanche ici mon propos découlait de quelques réflections, réflections, peut-être saugrenues et pleines d'erreurs (je ne sais pas moi-même si tout cela a un sens), mais que je vais vous les exposer, et dont je veux bien discuter. Ce raisonnement maladroit eclaircira certainement "la raison du plus libre" qui devrait parraître du coup moins fouillis, mais oublions ce texte.


Reprenez-moi si je fais des erreurs.

Il y a tout de même une longue tradition qui attribut l'infini au divin et à l'absolu (Spinoza, Descartes etc.). Je suis parti d'ailleurs. Je dis l'infini n'a rien de divin, c'est une propriété de l'humain, c'est typiquement humain. On peut l'imaginer n'est-ce pas. On peut concevoir l'infini, maladroitement peut-être, mais il est bien là, il hante toutes nos activités, tous les jours, nos pensées, nos actes, nos tendances. En revanche ce que l'on ne peut concevoir d'aucune manière c'est l'indéfini. Enfin ce n'est qu'un simple mot, puisque justement l'humain ne peut le concevoir. A l'inverse tous les dieux nés de conceptions infinies de l'absolu ont des contours très humains, trop humains pour être des dieux.
Ce n'est pour nous qu'un mot. L'indéfini c'est le "tout est possible" en quelque sorte, le potentiel absolu, ça correspond à la partie du monde inconnue qui forme en réalité le monde entier excepté l'expérience humaine qui n'en n'est qu'une partie infinitesimale. On peut le dire sans se tromper : nous ne connaissons que l'humain, nous ne connaitrons jamais que l'humain, rien d'autre n'est à notre portée - tant que nous serons humains (c'est très important et là il faudrait développer mais je vais continuer). C'est un au-delà de l'infini qui n'a pas de contour, car, d'une certaine manière l'infini a un contour, une part d'infini est à notre portée, il y a quelque chose dans l'infini qui coince et qui n'est pas infini, quelque chose comme sa dimension ou sa direction, il reste une forme - larvée, floue, ambigue - de repère. Or concevoir l'absolu comme un indéfini et non comme un infini est un absolu plus absolu encore, c'est pourquoi je me suis permis de dire qu'un absolu qui ne serait qu'infini serait une reduction de l'absolu authentique, du très grand absolu, de l'ultra-absolu, l'absolu qu'on ne peut pas contenir dans l'infini ; c'est en ce sens que j'ai utilisé le mot nihiliste. Certes ça surprend au début. Je crois qu'on nous a confisqué l'absolu et on y a mis des contours, les contours de l'infini. Tout cela n'est pas sans conséquences. Un dieu infini reste concevable, on peut disserter dessus, un peu, en partie, mais un dieu indéfini ? Un dieu indéfini on n'en parle pas. Un dieu dont on aurait aucun contour, aucune ombre, aucune lumière, absolument inhumain (sauf l'infinitésimalité humaine, et encore et s'il ne l'avait pas ?), n'a pas d'existence pour nous (bien qu'il existe) et nous tombons là, paradoxe, dans une forme d'atheisme, mais un atheisme très particulier qui serait plus religieux que les religions elles-mêmes puisqu'il serait athée du fait même qu'il n'oserait, par prudence et sagesse (en fait par connaissance de son incapacité), n'évoquer d'aucune manière que ce soir Dieu, peut-être on devrait parler d'hyperthéisme, ou de métathéisme. Il existe des débuts de cette forme de religiosité, souvent on ne représente pas Dieu, c'est l'intuition de son indéfini qui pointe. Peut-être on y viendra, les religions vont encore évoluer, elles ont déjà beaucoup évolué vers beaucoup de sagesse, mais elles ne sont pas au bout de leur logique, elles restent focalisées sur l'humain, sur ce quelles connaissent. C'est une religion ultime, et c'est uniquement elle, qui de part sa puissance créatrice, déploiera toutes les potentialités enfouies en nous. Ce n'est pas sans poser des problèmes "pratiques" eux aussi inhumains, certes, mais mon propos est théorique uniquement. C'est à la fois la plus sage et la plus folle, c'est toutes les religions actuelles poussées à leurs limites, mais si l'on poursuit la logique des religions, on y viendra ou alors on acceptera, par prudence, par commodité, de rester dans l'erreur des religions infinies.


Chers amis (permettez-moi encore), suis-je encore dans les lieux communs ? Où sont les failles dans ce raisonnement ? Comprenez bien que je ne parle pas là d'un athéisme vulgaire, mais d'une spiritualité ultime qui ne pourrait qu'être athée. Si par ailleurs vous avez de références bibliographiques à ce sujet je suis preneur, mais trop souvent je lis des écrit métaphysiques et je les trouves biaisés dès le début, dès l'axiome qui, bien que communément admis, ne me parait pas solide, jamais expliqué, ou centré sur la morale humaine, ce qui n'est pas le but de ma reflection qui se veut totalement libérée de l'humain (je sais c'est utopique).


Et oui Dav "l'infini des constellation en mots" c'est déjà bien, mais c'est terriblement réducteur, humainement déformé, anthropocentré comme dirait les anthropologues, "l'indéfini des constellation en mots" est plus rigoureux, plus objectif.


Merci d'avance pour toute information / critique / commentaire / démontage / démonstration.


Re: Raphaël Zacharie de Izarra (Voir livre d'or)

Dan 

publié le 16 April 2004 19:05 de (212.95.68[...]
   

Pour Dav : oui je comprends ce que tu veux dire et même je suis d'accord :)


Pour Michaël :


Quelques remarques : il ne peut pas y avoir plusieurs absolus, sans quoi ils sont relatifs l’un à l’autre. L’absolu n’est pas du domaine du « plus grand » ou du « plus petit », de « l’ultra » ou de « l’infra ». Il est par lui-même. Si on devait intellectuellement définir un absolu plus absolu que le précédent, il faudrait simplement avouer que le premier objet était relatif. Voilà c’est juste une question de définition.


Pour la philosophie Catholique, seule religion que je puisse décemment défendre, il faut noter que tous les attributs que l’on puisse donner à Dieu (St Thomas d’Aquin ou le Pseudo Denys le remarque explicitement) sont négatifs, c’est à dire qu’ils sont la négation de ce que nous connaissons : à partir du moment où l’on défini l’existence d’un Etre Absolu on doit dire que cet Etre est nécessairement simple (non composé), éternel, parfait (donc suprèmement aimable), pur Esprit etc… aucun de ces attributs ne sont compréhensibles pour nous.


Discernons maintenant la connaissance qui vient de la raison naturelle et celle qui nous vient de la révélation.
A savoir que cet Etre absolu a pris contact avec ses créatures pour se manifester. Ainsi le Fils, Dieu fait homme, révèle des choses sur son Père, Dieu le Créateur, qui autrement nous est inconnaissable ; note que le Père n’est jamais représenté (ou rarement). « Celui qui me connaît, connaît mon Père » dit Jésus Christ.


Là nous rentrons dans le domaine de la Foi ; à chacun de décider si le message est cohérent avec ce que nous pouvons déduire par la raison naturelle sur l‘existence d’un Etre absolu (et avec le monde qui nous entoure). Cette Foi est obscure, une sorte de sacrifice pour l’intelligence mais un sacrifice assumé, qui lui ouvre les portes du Divin selon les mystiques Catholiques (du Pseudo Denys à St Jean de la Croix pour citer les + grands).


Ou bien on peut décider, comme tu sembles le faire, d’être agnostique et considérer que nous ne savons rien de l’absolu, que nous ne pouvons rien en déduire et qu’il n’y a pas de révélation.
Mais note qu’au-delà des différences de vocabulaire, je suis d’accord avec toi : l’infini, Dieu est « indéfinissable » ; on ne peut dire de Lui que ce qu’il n’est pas. Avec nous toutes la tradition Chrétienne.



Pour les références bibliographiques, j’essaierais de trouver quelque chose.


Re: Raphaël Zacharie de Izarra (Voir livre d'or)

AUTEUR DU TEXTE 

publié le 29 April 2004 23:57 de 80.13.245.[...]
   

Le mystère Izarra :

Dès mes premiers pas sur le NET, je fus confronté à un personnage énigmatique : Raphaël Zacharie de Izarra.
Vous avez peut-être déjà entendu parler de lui, ce ne serait pas étonnant : il semble être partout sur la toile. Tapez son nom dans un moteur de recherche et vous constaterez que ses œuvres sont éparpillées aux quatre vents.
Ayant créé mon propre site internet, comme tant d’autres, je reçus un jour trois de ses textes, sans autre explication.
Je les effaçai, sans même prendre la peine de les lire.
Le lendemain, à la place des trois que je venais de supprimer, se trouvaient pas moins de dix autres…
Légèrement agacé, je pris néanmoins la peine d’en lire quelques-uns et je dus bien admettre que le bonhomme avait un certain talent… Cette impression allait d’ailleurs se confirmer et se renforcer par la suite.
Néanmoins, je trouvai ses méthodes cavalières et lui envoyai donc un message pour lui en faire part.
Je reçus une vingtaine d’autres textes en guise de réponses.
Je décidai alors de m’y prendre plus finement et passai aux compliments. J’obtins rapidement de bons résultats : l’écrivain fantôme était très sensible aux flatteries ! Le moindre soupçon de critique, par contre, m’était renvoyé avec un discours arrogant accompagné d’une nouvelle flopée de textes… Je me résignai donc à laisser quelques-uns de ses écrits sur mon site et j’ajoutai un lien vers une adresse qui donne accès à son œuvre, comprenant des centaines de textes.
A partir de ce moment-là, j’eus la paix.
Mais je n’en restai pas là. Le personnage m’intriguait trop… J’entamai donc des recherches pour en savoir plus sur l’identité de cette pieuvre virtuelle : je m’inscris aux listes de diffusion qu’il fréquentait, discutai avec des gens qui le connaissaient, en bien ou en mal. J’allai même jusqu’à rencontrer des personnes qui prétendaient le connaître ou, du moins, l’avoir approché.
Mais jamais je ne parvins à voir le vrai Raphaël Zacharie de Izarra.
Je rencontrai son frère, pourtant. Mais une rapide enquête me permit de déceler le pot aux roses : le type en question se faisait tout simplement passer pour son frère, dans le but de se valoriser sans doute.
Plusieurs fois je faillis le rencontrer, plusieurs fois on me dit qu’il était là, que je l’avais raté de peu. Chaque fois on me proposait des excuses bidons telles que : « il avait mal au dos, il est parti »…
La vérité, c’est que personne ne l’avait jamais vu.
A se demander si le personnage existait vraiment !
Certes des photos de lui circulaient sur le net. Mais quoi de plus léger qu’une photo ? Ce pourrait être celle de n’importe qui.
J’en vins à être convaincu que ce Raphaël Zacharie de Izarra n’était qu’un personnage fantoche, une fausse identité, un écrivain virtuel… Mais créé par qui ? Là était toute la question ! Car les textes, eux, ils existaient bien ! Qui donc les avait écrits ?!
Pour en savoir plus, je développai mes connaissances en informatique. Rien que pour percer ce mystère je devins un expert informaticien ! Dès lors, je me mis à pirater les différents sites où il apparaissait et à pénétrer par effraction dans les adresses qu’il utilise.
Pendant des mois je tournai en rond… J’avais l’impression de n’être qu’un jouet dans les mains d’un monstre insaisissable qui avait toujours une longueur d’avance sur moi.
Un jour, cependant, à force de persévérance, la vérité me fut dévoilée.
Je vous la livre aujourd’hui, sans détours, bien que je sache pertinemment qu’elle risque de vous surprendre et de vous laisser sceptiques.
Raphaël Zacharie de Izarra n’existe pas.
Comprenez-moi bien, je ne veux pas dire qu’il s’agit d’une fausse identité, non : il n’y a personne derrière ce nom.
Qu’est-ce à dire ? Qui a écrit ces textes ?
Personne.
Personne que vous puissiez voir ou fréquenter dans la vie courante, en tout cas.
Les différents textes signés « Raphaël Zacharie de Izarra » semblent bien être générés de manière purement informatique. Plus que du personnage « Izarra » il conviendrait de parler du programme « Izarra ». Un programme, oui, une espèce de générateur de textes. D’où vient ce programme ? Qui l’a créé ? Je n’ai pas de réponse à cette question mais, de toute façon, il faut bien admettre que ce programme est aujourd’hui autonome. Quel que soit son créateur, le phénomène n’obéit aujourd’hui qu’à lui-même.
Qu’est-ce que cela signifie ? Que Raphaël Zacharie de Izarra est la littérature, comme il l’affirme ? La littérature serait-elle une entité qui, telle Dieu il y a quelque deux-mille ans, aurait décidé de s’incarner à travers les mailles du NET ?
N’allons pas si loin… Contentons-nous pour l’instant de l’hypothèse d’un « programme » généré soit par un génie soit par une combinaison aléatoire des données circulant sur la toile virtuelle. Ce programme aurait survécu en appliquant les lois simples, basiques, qui ont permis l’évolution de toute vie sur Terre : survivre et se reproduire.

Essayons de retracer l’historique du phénomène…

Un jour, de la plume d’un génie ou bien par un pur hasard (originaire d’un « bug » quelconque), est né un texte. Ce texte a commencé à se répandre sur la toile tel un virus, ciblant les forums et les sites qui possèdent un livre d’or. Ce faisant, il a provoqué de multiples réactions. De nombreux messages ont ainsi été envoyés à l’adresse d’où provenait le texte original, messages de protestation ou d’admiration, issus d’horizons très divers. Ainsi, le générateur de texte recevait quantité de messages dans divers styles. Ces messages furent sa nourriture. Il les utilisa pour générer d’autres textes, qu’il envoya à leur tour à travers le Net et qui provoquèrent d’autres réactions. La boucle était bouclée. La chose était capable de se nourrir et de se reproduire de manière autonome.

Je ne suis pas sûr d’avoir percé tous les mystères de ce programme et je suis loin d’en avoir saisi la clé.
Une chose est sûre : on ne peut se débarrasser de lui en l’insultant ou en essayant de le piéger. Tout simplement parce que, derrière Raphaël Zacharie de Izarra ne se trouve pas un homme susceptible d’être influencé, mais tout simplement un programme qui se nourrit de la moindre de vos réactions.
Inutile également d’essayer de censurer l’adresse d’où proviennent les messages : la chose semble en effet capable de générer autant de nouvelles adresses que nécessaire pour lancer ses attaques.
Dès lors, que faire ? Feindre l’indifférence ?
Cela ne marche pas non plus : si l’on ne réagit pas, non seulement les attaques ne cessent pas mais elles ont tendance à se produire à un rythme accéléré.
Mon expérience me permet d’affirmer qu’il existe une et une seule parade : répondez à chaque texte envoyé par des compliments et prenez soin d’inscrire sur votre site un lien qui donne accès au programme « Izarra ».
( Par exemple : www.foxoo.net/article.asp?jour=L&codejournal=00000014&d=27/02/2003%2001:22:10 )
A partir de là, vous observerez une diminution des attaques.
Certes, cela ne vous protègera pas entièrement. Mais vous vous en sortirez avec seulement un texte ou deux postés de temps à autre. Comme ces textes sont d’un intérêt certain du point de vue littéraire, cela ne pourra vous faire que du bien.

Mais attention ! Gare à vous si vous voulez jouer au plus fin !! Tel sera pris qui croyait prendre ! Je me dois de vous mettre en garde : le programme Izarra peut être très dangereux ! Il peut s’emparer de votre ordinateur et endosser ainsi votre identité ! N’oubliez pas qu’il se nourrit de la moindre de vos initiatives ! Et il apprend très vite !! Si d’aventure quelqu’un essayait, par exemple, d’endosser son identité pour répandre de faux messages en son nom, il aurait tôt fait de faire sienne cette technique… Alors, la vie sur le NET ne serait plus faite que d’incertitudes : personne ne pourrait plus jamais être sûr, lorsqu’il reçoit un message, que celui-ci n’ait pas été généré par le système Izarra.
Soyez donc prudents, je vous en prie !
Ne faites rien dans le but de lui nuire ! Vous ne feriez que lui apprendre de nouvelles techniques pour se répandre de manière encore plus virulente !!
De mon côté, je continue à étudier le phénomène, en restant très prudent.
Je ne prendrai d’initiative que le jour où je serai certain de maîtriser parfaitement son fonctionnement.
Je vous demande donc de me faire confiance et de ne rien entreprendre de manière inconsidérée.
Il en va de la sûreté de toutes relations virtuelles et, sans doute, de la sécurité de tout le système informatique mondial.

Je vous remercie de m’avoir prêté votre attention.



C. Van Kerrebroeck


Re: Raphaël Zacharie de Izarra (Voir livre d'or)

dav 

publié le 30 April 2004 01:19 de 62.129.165[...]
   

Merci Christophe,

Je doute que la "menace" Zacharie soit plus teingeuse encore que l'épée de Damoclès qui plane en permanence sur ce forum et qui n'en fait qu'à sa tête (ou qu'à ses circuits): *Robert le robot*. Et si elle l'est nous ne sommes pas sortis de l'auberge, toujours pas.

Le réseau n'aurait plus besoin de nous.

Donc, non, non, non, aucune initiative nécessaire ici, juste un superbe rhizome qui ondule et se débat sous nos yeux ébaudis. Car voilà, qui saura dire qui est qui ? Le réseau ? Mais ça vit tout seul. C'est bien de la génération spontanée compacte.

Une forme d'ombre evanescente qui nous encercle, nous aspire et nous souffle. Et nous ? Et nous ?

On est dans de beaux draps.

"Robert ! Attaque !" et voilà, rien, rien, il n'écoute pas. Vous voyez bien que le réseau n'entend rien. "Allons Robert, ces mots sont les tiens", et toujours rien. Alors Robert on sait qu'il est là, qu'il vibre derrière ces mots, derrière cet écran mais voilà il se déclenchera ou il ne se déclenchera pas.


Le réseau.


Aura raison.


De notre raison - funiculaire, réticulaire, ah ! L'Épeire Diadème.


J'ai posté le texte de Christophe à sa place

raphael.de-izarra@wanadoo 

publié le 30 April 2004 07:44 de 193.251.19[...]
   

Moi Raphaël Zacharie de Izarra je me suis fais le messager de Christophe en postant à son insu son texte (racontant qui je suis) et en signant "AUTEUR DU TEXTE". J'ai trouvé son texte très approprié à la question soulevée sur le forum, aussi je n'ai pu résisté à la tentation de vous le soumettre.

Raphaël Zacharie de Izarra


Re: Raphaël Zacharie de Izarra (Voir livre d'or)

cvk 

publié le 30 April 2004 13:40 de 81.51.60.7[...]
   

Moi Christophe Van Kerrebroeck déclare être victime du programme IZARRA (Irridescence Zéphyrienne de l'Astre Rayonnant au Royaume d'Absolu) et affirme ne pas être l'auteur de ces lignes, ni même de ce site :
christophe-van-kerrebroeck.skynetblogs.be/ ni même de quoi que ce soit qui semble provenir de moi.
Tout vient du programme IZARRA... Le monde doit savoir... L'heure est venue...
cvk


Re: Raphaël Zacharie de Izarra (Voir livre d'or)

Raymonde d'En Face 

publié le 01 May 2004 12:20 de (212.95.68[...]
   

Moi Raymonde d'En Face, je me permets de copier ce texte :

"Raymonde... Raymonde... à oui je me souviens !
Un jour où je déambulais tranquillement à la recherche d'une idée qui me rendrait enfin aussi célèbre que ne mérite mon immense talent malheureusement enfoui sous les ténèbres de l'abrutissement collectif, tout de suite je NE remarquais PAS Raymonde.
Avec son caniche à poil dru vaguement rosâtre, son air hautain de vieille fille, je la classais sans même la voir, dans le vaste groupe de ceux qui, malheureusement pour eux, n’ont pas la chance incommensurable d’être un terrain favorable pour recevoir les lumières de mon intelligence. Son goitre élégamment tendu sous son menton fièrement dressé, ne laissait sans l’ombre d’un doute, aucune place à ma personne. Inintéressante en somme.


Ma mémoire n’aurait rien retenu de Raymonde s’il n’y avait eu Crampes.


Crampes c’est le caniche à poil dru de Raymonde.


Mon élan fut brutalement brisé lorsque je marchais sur la bête.
Un aboiement suraigu, un peu comme un crissement de pneu, suivi immédiatement des cris de Raymonde percutant mes tympans.
Pendant que la chose déchirait le bas de mon pantalon et que Raymonde me noyait sous les insultes, mon esprit se dépêtrait comme il pouvait pour sortir de sa réflexion habituelle, et ô combien au delà du quotidien médiocre,
ainsi qu’un plongeur en apnée se frai un passage sous les moites profondeurs impassible à la quête d’air. Sauf qu’ici mes soubresauts impatients n’était pas mu par le manque d’air mais par l’obscure sensation de ne pas comprendre le pourquoi de qui de ces cris.


Finalement je m’en allais, fâché d’avoir été éjecté si violemment du fauteuil moelleux de mes hautes méditations, peiné une fois de plus de ce monde où l’on dérange celui qui ne pense qu’à sauver l’humanité.


Alors un conseil : méfiez-vous de Raymonde et de son caniche à poil dru, Crampes.
Soyez prudent, ça peut vous arriver n'importe quand et surtout quand vous ne vous y attendez pas !"



Bonjour je m'appelle Raymonde et j'habite en face.
Je me permets de reprendre se texte à l'insu du connard qui a marché sur mon Crampes, pour que vous fassiez bien attention où vous posez vos grosses chaussures.


MERCI





RAYMONDE D'EN FACE.


Re: Raphaël Zacharie de Izarra (Voir livre d'or)

anarkia 

publié le 06 May 2004 15:52 de (80.13.10.[...]
   

moi j'aime beaucoup se site je le trouve plein d'inspiration et de légerté il est trés bien illustré mais manke un peut de réalisme il mérite de s'élargire plus et manke d'info pour les inculte du sujet.


- Fait de guerre -

Raphaël Zacharie de Izarr 

publié le 02 June 2004 14:19 de 80.13.245.[...]
   

- Fait de guerre -

La bataille battait son plein mais j'étais déjà loin. Je me réfugiai dans un fossé. Derrière moi, la plage, les bombes, les cris des blessés. Dans ma cachette, une surprise m'attendait : un soldat allemand avait eu la même idée que moi. En voyant mon casque américain il prit peur. Mais blessé, épuisé, l'ennemi ne put qu'esquisser un mouvement dérisoire de défense, étreignant avec maladresse son fusil.

La tempête de feu autour de moi ne m'incitait guère à sortir de mon trou. La providence m'avait désigné ce refuge, j'avais saisi l'occasion. Demeurer en vie était mon devoir de fils, d'époux, de père de famille. Mais j'allais devoir passer la nuit avec l'Allemand.

Que faire ? Pactiser, jouer au héros, faire comme si je n'avais rien vu ? Moi l'Américain, lui l'Allemand... La réponse était simple : le tuer.

Certes, mais je n'avais guère l'âme d'un guerrier. La théorie martiale est nette, mais rien n'est jamais aussi simple dans la tête d'un homme.

Rassuré de me voir peu enclin à poursuivre la guerre dans ce sillon de boue, l'Allemand se détendit. Une heure passa ainsi, chacun de nous attendant que l'orage d'acier se calme. Il se lamentait à cause de sa blessure, oubliant son fusil, persuadé que j'allais l'épargner. Ne l'aurai-je pas tué depuis longtemps si j'en avais eu l'intention ? C'est ce qu'il devait penser. En fait tout était confus en moi. Je réfléchissais, méditant longuement au fond de mon trou. Moi l'Américain, lui l'Allemand, que faire ?

Il portait une tenue vert-de-gris, il était dans l'autre camp, il était l'ennemi...

Je le tuai.

Raphaël Zacharie de Izarra
Greg H a écrit:
>

> J'suis allé faire un tour sur son site..

> vous en pensez quoi?

> Pour moi : de l'effusion un peu dans tout les sens, de la révolte un peu tête baissée... j'ai pas tout lu l'exemple sur le livre d'or me paraît le moins terre à terre... sur le site y en a des simplets, mais je ne demande qu'a connaître davantage... c'est dommage que Raphaël ne prenne pas plus de temps pour laisser mûrir, certain texte sont vraiment d'une verdeure acide...

>

> GH


TROIS TEXTES

Raphaël Zacharie de Izarr 

publié le 07 June 2004 17:37 de 80.11.146.[...]
   

Je précise que les propos contenus dans le premier texte ci-dessous n'ont rien d'anti-cléricaux mais émanent d'une approche saine, honnête, clairvoyante de l'Eglise actuelle, sans nulle aigreur ni prétention, juste teintée d'humour. Je ne cherche pas à dénigrer l'Eglise loin de là, je mets seulement le doigt sur quelques manies révélatrices de notre société, vues à travers les rites religieux. Sachons rire ensemble de nos petits travers.

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- L'âne à la calotte -

Les messes dominicales sont toujours des spectacles comiques et ineptes pour qui a su préserver son regard d'enfant intelligent, occultant pour la circonstance son propre regard contaminé d'adulte.

Lors de ces solennels numéros de cirque du dimanche, au bel esprit, au coeur allégé le prêtre apparaît alors dans toute sa vérité stéréotypée, officielle et fausse.

Le ministre du culte, dès qu'il est en représentation devant ses ouailles parle subitement d'une voix doucereuse, lénifiante, toujours égale, pleine d'une onction à toute épreuve... Effet magique et immédiat : au son de la vivante cloche tout de blanc vêtue, les âmes se mettent au garde-à-vous. Le ton, la gestuelle empruntés qui accompagnent la voix mielleuse du curé font sentir les cours de "communication publique" appris au séminaire, pieusement restitués. C'est lourd, énorme comme un cierge de Pâques et pourtant ça marche toujours : les fidèles écoutent avec cet air compassé caractéristique, comme pour faire écho à l'automate qui leur fait face. Le prêtre lève les bras avec majesté, l'auditoire se fige, l'amollissement des esprit est à son paroxysme.

Alors les "R" finaux du prêtre sont prononcés avec emphase. Ils sortent des profondeurs de sa gorge, à la fois doux et imposants :

- "Le SeigneuRRR notre Dieu tout pu-I-ssANT"..."

De plus le "I" d'attaque et le "ANT" final de "TOUT PUISSANT" sont prononcés de telle sorte qu'on sent justement très bien la puissance de Dieu... Le "I" est fort et perçant et le "ANT" s'étire, avec une montée finale qui fait ressembler le mot "PUISSANT" à une flèche tirée en l'air.

- "Le SeigneuRRR notre Dieu tout pu-I-ssANT"..."

C'est absolument cocasse et parfaitement puéril. Se dire que des adultes responsables se prennent au sérieux est à la fois rassurant et affligeant. Rassurant parce qu'on se sent d'emblée bel esprit devant tant d'insignifiance, affligeant lorsqu'on songe que ces pantins dominicaux s'entre-déchirent avec d'autres pantins pour des histoires de foulards alors qu'eux aussi -et le plus sérieusement du monde- se font leur petit cinéma, prenant des airs sincèrement pénétrés pour des histoires de "RRRR", de "I" et de "ANT".

Raphaël Zacharie de Izarra

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- Vue d'esthète -

Par un dimanche triste, pluvieux, je suis entré dans l'église d'un village perdu du fin fond de la campagne mayennaise afin d’assister à la messe. L’église était pleine de bonnes gens du pays : casquettes rondes et tailleurs démodés de rigueur. Ca sentait la cire, la vieille province et le désuet.

J’observais avec attention cette société de dévots endimanchés. Chose étonnante, parmi cette assistance grisonnante il y avait quelques jeunes filles à la mise moderne, colorée. Elles n’avaient pas vingt ans. Certaines étaient laides, d’autres charmantes. Je scrutais discrètement ces enfants de choeur en fleur. D’abord les rosières sans grâce, puis les jolies oies blanches. Sur ces dernières je m’attardais charitablement.

Le contraste était saisissant entre ces dos courbés, ces nuques ridées, ces faces rougeaudes d’hommes et de femmes de la terre mayennaise, et ces créatures juvéniles aux mines délicates, aux galbes olympiens, aux gorges parisiennes. Je me perdais dans la contemplation de ces chairs esthétiques, de ces traits aériens, de ces toilettes recherchées...

Les ouailles entonnèrent un chant, guidées par un orgue solennel. L’instrument en question, mi-orgue, mi-harmonium pour être honnête, semblait issu d’un XIXème siècle des plus rustiques. Les premières notes s’élevèrent... Le pire était à redouter.

Le chant n’était point grossier.

Surpris, je l’écoutai avec une sincère attention. L’on aurait pu s’attendre à quelque pesante, grasse, champêtre interprétation... La chorale était d’une étonnante qualité. Et le choix de l'oeuvre d'un goût sûr.

Tout à l'écoute du chant de messe, je ne quittais pas des yeux les gracieuses pucelles, leur prêtant une attention grandissante au fur et à mesure que s’élevait le choeur. En esthète averti j’associais les émois, combinais les ravissements, mêlais les ivresses : j’étais enchanté par la vue de ces demoiselles parées de la Grâce, et dans le même temps transporté par l'hymne. Aux anges, corps et âme. Mon regard obliquait parfois vers la voûte aux peintures naïves, puis revenait vers ces vestales mayennaise propres à inspirer d’authentiques vocations parnassiennes.

Cette fois le chant qui résonnait sous la voûte à la fresque écaillée était de toute beauté.

C’était inattendu d’entendre ça dans cette église du fin fond de la Mayenne, déconcertant de s'apercevoir qu'un tel joyau pût naître de ces gorges agrestes, insolite de découvrir tant d'art chez ces éleveurs de bétail. Etonnant mais indéniable : le chant était splendide. Moment de grâce dans une semaine d’étables, de bistrots miteux et de cours de fermes aux odeurs de fumier.

Pris sous le pieux sortilège des choristes, j'accédais à une autre dimension du monde, biblique. Tout était magnifié à travers le prisme de mon regard. Mon regard qui devenait insensiblement, progressivement comme le regard originel, le regard d’Adam et Eve d’avant le péché, ce regard vierge de préjugé, innocent, libre, ignorant des mondanités, du mal comme de la laideur...

Sous l’effet de l’Art, l’esthète que je suis voyait la beauté partout où son regard se posait. Et mon regard avait fini par se poser indistinctement sur les élues de la Beauté comme sur les créatures franchement ingrates.

Cependant, conquis par tant de causes diverses mais encore conditionné par d’académiques préjugés culturels, je préférais me concentrer sur les visages les plus flatteurs. Je contemplai ainsi quelque jeune et vierge soeur d’Aphrodite, irrésistiblement emporté par l’aile d’Euterpe ou de je ne sais quel messager céleste missionné pour sauver mon âme impie.

Le chant redoubla d’ardeur.

Et à ce moment précis les faces bovines s'affinèrent, des traits linéaux apparurent sur les visages : et je voyais des poètes à la place des paysans... Et je voyais des anges à la place des jeunes filles, qu'elles fussent belles ou laides...

J'ai craint que le charme ne se rompe aussitôt le chant fini, aussi ai-je quitté l'église bien avant la fin de l'office.

Raphaël Zacharie de Izarra

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- Epées, moines et amour courtois -

J'aimerais passer mon temps dans le luxe de la pierre millénaire d'un cloître, perdre les heures de ma vie là où tout silence vaut une prière. Un cloître... Ces charmants caveaux sont des volières pour âmes libres. Des tombes de lumière où les vivants s'égaient sans mot dire, se réjouissent avec gravité. Les cloîtres sont des châteaux pour esprits d'élite. Fuir la trivialité du monde et me rapprocher des étoiles entre quatre murs nus, voilà mon plus cher désir.

Plus de télévision, plus d'automobiles, plus de grands magasins où les hommes poussent des chariots ! Plus de plastique, ni de panneaux publicitaires, ni d'images profanes, ni de ketchup, ni de sourires commerciaux, ni d'enseignes, ni de mets sucrés à outrance, ni de superflu... Plus de ces vulgarités. Rien que des icônes, des écussons, de la pierre, de l'austérité et du silence.

Je veux vivre dans un monde de chevalerie, un monde peuplé de dentistes et de gens nobles. Un monde de guerriers en esprit, de héros, de rêveurs, de porteurs d'épée et de poètes.

Mon monde.

Raphaël Zacharie de Izarra


- L'apparition -

Raphaël Zacharie de Izarr 

publié le 11 June 2004 00:03 de 80.15.187.[...]
   

- L'apparition -

Elle traînait le pas au bord de l'onde, parmi les herbes hautes. Sa robe d'un autre temps glissait le long de son corps, je détournais le regard avant de m'enfuir, l'âme en feu, le coeur à vif. Chaque jour je revenais, toujours je me sauvais. Jusqu'au jour où je trouvai le courage de rester. Je l'épiai alors qu'elle entra dans les flots. La créature s'ébattit devant moi, j'en tremblai. C'était la première fois. Depuis ma cachette je voyais sa chevelure ondoyer, son flanc émerger, sa gorge jouer dans le courant.

Simple mortel, j'étais témoin de cette apparition qui devait me marquer pour la vie. Peu d'hommes croiraient à mon aventure. Mais elle était là, elle nageait, chantait, et moi, tétanisé, je l'observais. A moi le fils des hommes, à moi l'humble enfant de la Terre il était interdit de voir la baigneuse. Fasciné, tremblant, je bravais le tabou. Allais-je survivre à la profanation ? Je craignis de perdre la vue, la raison, la vie ou que sais-je ? Le péril était grand, mais n'en valait-il pas la peine ? Puis la crainte du courroux divin me gagna. J'en avais vu assez pour donner du prix à une existence entière, peupler toute une vie de songes radieux. Ou de cauchemars rédempteurs.

Je m'éclipsai. Courant comme un fou, haletant, les larmes aux yeux, la fièvre au corps, je me sentais des ailes. J'étais le plus chanceux des hommes. Le plus malheureux aussi. A quel prix le Ciel allait-il me faire payer le sacrilège ? Je courais sans oser me retourner, comme si tous les dieux de l'Olympe étaient à mes trousses.

J'avais vu.

Au bord de la rivière j'avais surpris par hasard celle que je ne devais jamais voir, et au lieu de fuir et oublier j'ai voulu connaître certain secret. Les jours suivants j'étais revenu la guetter, dissimulé dans l'ombre. J'avais osé violer l'intimité de la légende, entrer dans l'onirique tabernacle, regarder en face le Mystère.

J'avais contemplé dans sa splendeur la fabuleuse, la mythique, l'hellénique Daphné.

Raphaël Zacharie de Izarra


Re: Raphaël Zacharie de Izarra (Voir livre d'or)

Raphaël Zacharie de Izarr 

publié le 04 July 2004 10:20 de 80.13.245.[...]
   

- La roture -

Une espèce haïssable domine ici-bas, par le nombre : la roture. Vaste engeance comprenant entre autres les mécaniciens automobiles, les épiciers de province ambitieux, les hôtes heureux des maisons "Phénix", les spectateurs assidus des émissions télévisées commerciales, les prolétaires sans envergure ainsi que les propriétaires de tondeuses à gazon motorisées, de perceuses électriques et de gros chiens aboyants, les philistins sont avant tout des êtres primaires, sans finesse, aimables, sociaux, dociles.

Je leur reproche d'être ce qu'ils sont. Déplaisants au possible, les gens de vile extraction sont ma bête noire et ça n'est pas un hasard si je me suis réfugié depuis maintenant deux ans dans les remparts de la vieille cité mancelle, loin du commun, dans une sorte de ghetto pour petits aristocrates. Avant, il me fallait vivre dans le même décor que mes ennemis. Aujourd'hui je vois le soleil se lever avant tout le monde : la cité mancelle est sise dans des hauteurs inaccessibles au vulgaire.

Cela dit, il m'arrive encore de me frotter au peuple. Sans jamais rien laisser paraître de mon malaise, je le côtoie avec simulation. J'adopte une contenance singée sur ses moeurs, la plus flatteuse possible : je souris au pompiste, suis poli avec les employés des magasins, me montre humble en compagnie des gradés de l'administration. Tous sont dupes de ma comédie. Mais dès que je me retrouve dans mon fief... Je redeviens le petit seigneur arrogant, cynique, insupportable et hautain que je suis fondamentalement. Combien de fois, depuis les rues pavées surplombant la ville béotienne, ai-je médit sur les habitants d'en bas comme un aigle relevant le bec ?

La plèbe est l'exutoire favori de ma bile d'aristocrate. Peut-être parce qu'à travers elle parfois j'ai peur de me reconnaître, peut-être parce je crains un jour de lui ressembler un peu... Ne vaut-il pas mieux maudire que guérir ? La meilleure façon de n'être pas contaminé par les moeurs de la canaille, c'est de la toujours tenir à distance, de ne se laisser fléchir à aucune indulgence.

Raphaël Zacharie de Izarra

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- Les minables -

J'aime côtoyer les minables.

En considérant mes semblables plus petits que moi, je suis rassuré, convaincu de n'être pas comme eux. Je me sens grandi face à la fange. Je tire gloire de n'appartenir pas à la société des gens que je méprise. Vous savez, je veux parler de tous ceux qui ne sont pas comme moi... Différents par le bas.

J'aime me frotter à la gent roturière. Devant la racaille, je fais bonne figure pour lui plaire. Je lui souris aimablement. Face aux gens de peu, je joue l'affable aristocrate pas fier de sa particule, ignorant l'arrogance, les attitudes hautaines et plutôt préoccupé par le bien-être matériel des petits citoyens de leur condition. J'accepte sans rechigner leurs breuvages, je bois sans faire la grimace les coupes qu'ils me tendent, allant jusqu'à les féliciter d'avoir si bon goût dans le choix de leurs liqueurs, de leurs nappes en plastique, de leurs rideaux hideux... Je fais des heureux lorsque je passe le seuil des maisons des minables. Chez eux, on se rappelle longtemps de mes sourires mielleux, de mes bons mots pleins de prévenance.

Mais par derrière... Par derrière je raille sans retenue cette espèce honnie, crachant comme un dragon sur la populace, mettant en avant plus que de raison ma particule pour mieux fustiger cette engeance, brandissant mon mouchoir rouge comme un étendard, considérant ma fortune, ma plume et mon épée comme les remparts absolus contre cette gueusaille !

Mes amis, qu'il est doux de pouvoir à son aise médire par derrière sur les minables... Qu'il est bon d'être libre, "particulé", grand, brillant quand on a l'exemple quotidien près de chez soi de si peu de choses !

Raphaël Zacharie de Izarra


- Un retraité honnête -

Raphaël Zacharie de Izarr 

publié le 12 August 2004 00:58 de 80.15.187.[...]
   

- Un retraité honnête -

Marcel Laval est un honnête citoyen, retraité, bon père de famille, patriote, pas mauvais époux, excellent ami, jovial, correct avec le monde, sobre, travailleur. En plus il vote modéré. Il est tolérant, il aime sa vieille mère, son chien, la pêche à la ligne, les vacances au bord de la mer. Il cultive une passion pour les trains en modèle réduit.

Marcel Laval est un brave type sans histoire.

Il y a quarante ans des atrocités ont été commises pendant la guerre d'Algérie par la soldatesque française hilare. Abominations de toutes sortes : viols, meurtres, enfants éventrés ... Qui ignore encore l'odieuse musique ? Marcel Laval est un homme bon. On l'a toujours su révolté par ces méfaits historiques. Marcel Laval aime sa femme, ses enfants, sa Patrie. Il croit en Dieu. Depuis quarante ans cependant il porte un secret lourd comme un calvaire. Personne d'autre que lui ne sait, pas même sa chère épouse.

Sauf peut-être le Diable.

Au fond de sa conscience il le sait bien Marcel Laval qu'il y a quarante ans, tout bon petit retraité qu'il est, il ne faisait pas moins partie des soldats français qui se sont adonnés à l'ignominie.

Marcel Laval est mort, on l'a enterré sans faire d'histoire. Ses petits enfants l'ont pleuré. Sous la tombe les vers l'ont rongé.

Ayons pitié de lui car c'étaient les vers du remord.

Raphaël Zacharie de Izarra


- Le triomphe de l'esthète -

Raphaël Zacharie de Izarr 

publié le 05 October 2004 09:48 de 193.251.19[...]
   

- Le triomphe de l'esthète -

Elle aimait déplaire. Grande, belle, riche, elle remerciait les serveurs en crachant dans les coupelles, prenait congé de ses amis avec des mots cassants, émettait des critiques négatives sur les oeuvres d'artistes prodigues.

Détestée de tous, la vipère hautaine plut à l'auteur de ces lignes, esthète notoire. Je lui déclarai mes feux d'un crachat au visage. Sa gifle scella notre idylle. Couple maudit doublement honni, nous accouchâmes d'un enfant et d'un livre. Précisons que l'enfant était l'oeuvre de la mère, le livre le fruit de ma plume.

L'enfant fut baptisé Nestor, le livre fut intitulé Pastor.

Le premier n'avait rien d'extraordinaire, le second en revanche était une fort belle chose qui eut un succès retentissant auprès de l'espèce lettrée. Je répudiai la génitrice d'une si piètre oeuvre issue d'une inesthétique, laborieuse grossesse, tout au succès de mon ouvrage enfanté quant à lui dans les bercements légers, enchanteurs des muses.

Enfin je pris pour épouse définitive la Poésie, mère autrement plus féconde, flanc prolifique donnant plus de chefs-d'oeuvre que n'importe quel ventre femelle.

Raphaël Zacharie de Izarra


DEUX TEXTES AVEC LES MOTS

Raphaël Zacharie de Izarr 

publié le 13 October 2004 22:37 de 82.252.245[...]
   

- A mes bienfaiteurs -

A vous chers précepteurs, à vous bienveillants conseillers en tous genres, à vous assureurs de vies, à vous guides bien droits, bien drus, bien drôles, à vous pairs, vassaux, héritiers, supérieurs, disciples et détracteurs, je destine ces mots.

Vous m'avez élevé la tête au-dessus de vos souliers, et je les ai trouvé bien cirés, bien que pompeux. Vous m'avez fait partager vos cours de récréation et même si je ne m'y suis pas amusé, votre attention n'était pas vaine. Touchant le fond de vos pensées, j'ai eu l'honneur de vous recevoir dans mes fêtes. Vous invitiez l'ennui, je chassais le cerf. Vous partiez pour Beyrouth, je revenais par un chemin. Je vous tendais un verre, vous renversiez les rôles. Vos coeurs restaient bien au secs, je me mouillais dans des affaires orageuses.

Vous les soutanes, vous les souteneurs des causes et des effets, vous les vents d'artifice, j'ai avalé sans rien dire vos postillons, salué vos matins, baisé vos doigts bagués de pigeons sédentaires. Vous avez parrainé mes dons, les bras croisés. Vous mettiez le feu à l'eau, c'était une eau-de-vie. Vous mettiez les nouilles à l'eau, c'était votre plat préféré. Je vous servais la sauce, c'était de la crème. Du gratin. Du beurre avec son argent. Au parfum d'hypocrisie. Empâtés, vous mangiez l'air de rien, la mâchoire forte, l'intestin flatté, la vie frêle. Et moi je vous regardais mastiquer, la patte fine.

Vous les marchands de carottes, de marmelade et de navets, vous avez toujours vu du bleu dans votre ciel. Vous vouliez me faire rêver. Je n'ai pas marché, j'ai volé de mes propres mains, prenant de la hauteur sur vos profondeurs. En tous sens j'allais. Tout droit vous persistiez. Dans le mur vous avez fait votre trou. Vos serrures toujours bouclées, vous avez manqué de courage. Avec vos fauteuils comme des trônes, vous étiez perchés au-dessus mon ombre. Vous m'avez proposé fruits et légumes, marbres et coupes de cheveux, bois et peaux, neige et beurre de cacuhète, vacances et bombonnes de gaz, banques et sphères. Je vous ai écouté l'oeil égrillard, l'oreille sourde, le coeur léger.

A vous tous je n'ai que trois mots à vous dire, vous les trouverez suprêmes :

JE VOUS EMMERDE.

Raphaël Zacharie de Izarra

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- Les affres de la condition humaine -

Je suis un rebelle, un anti social, un réfractaire, un révolté : je laisse des traces de doigts sur les carreaux propres, mets un demi-sucre dans mon chocolat, utilise du papier rose pour faire mes devoirs. Écorché vif, je pleure à tièdes larmes quand on me tire la langue, ris avec une haleine pas fraîche quand je torture des escargots en les saupoudrant de poivre.

Plus tard quand je serai grand, je me vengerai. Mon destin sera tragique, romantique, absolu. Je m'engagerai dans une voie anticonventionnelle, héroïque et désespérée : la voie du Destin. C'est comme ça que je l'appellerai.

Et je boufferai des sucettes écoeurantes et des gros gâteaux bourratifs à m'en péter la panse, à m'en claquer les boyaux, à m'enchiasser les tripes ! Et je tuerai les mouches toute la journée. Et je perdrai mon temps à faire des ronds de fumée avec un gros cigare. "La voie du Destin"...

Je suis une âme en peine, un enfant du Destin, un soleil éteint. Privé de dessert, j'erre au hasard le coeur à vif. Demain sera un autre jour. Mais déjà je serai mort en dedans de moi. Que m'a-t-on ôté de mon Destin, que je ne saurai jamais ? Charlotte aux fraise, baba au rhum, ou plus modestement banane, pomme, prune ? Allez savoir ! Je suis déjà mort, éteint, asséché.

"Privé de dessert !". Ces mots qui tuent. Trois mots intolérables... Moi qui n'ai vécu que pour mieux donner un sens au mot "dessert"... Un froid mortel gèle mon âme. Le tombeau s'ouvre devant moi. Il me faut y entrer sans mon dessert. Finir mon repas sans joie, me coucher avec un estomac frustré, moi l'affamé de sucre, poignardé dans le dos par l'injustice... Rimbaud, Baudelaire, Hugo, à moi !

Attendez-moi. De vos lointains exils, entendez-vous l'appel du désespéré aux culottes encore brèves ? Quand je serai grand mes amis, mes chers amis, je sortirai de la tombe de l'enfance et alors, alors je me ferai aviateur, croque-morts et même pourquoi pas, pâtissier !

Raphaël Zacharie de Izarra


Réponse au directeur de mon agence ANPE

Raphaël Zacharie de Izarr 

publié le 21 October 2004 21:42 de 82.252.245[...]
   

L'ANPE de ma ville m'a demandé de me justifier au sujet de mon silence administratif. Avec sincérité j'ai répondu en ces termes dans la lettre suivante. Puisse-t-elle faire des disciples :

Monsieur,

Je ne me présentai effectivement pas à l’ANPE rue Notre Dame tandis que votre administration m’invita à le faire avant le 15 octobre 2004 afin de rencontrer un conseiller dans le but de «construire mon projet d’action personnalisé».

Des circonstances supérieures dictent les actes principaux de ma vie, y compris le fait de ne pas me présenter à vos services. Une folie passagère me poussa à m’inscrire à l’ANPE, alors que fondamentalement j’aspire à vivre selon d’autres normes que celles qu’imposent les (fausses) nécessités de ce monde sous l’emprise de forces prosaïques. Mon inscription à l’ANPE fut un acte de profonde hérésie dont je me repens. Par ce geste inconsidéré je me suis dérobé aux muses, j’ai failli à la Poésie, je me suis menti à moi-même.

Je ne souhaite nullement nuire aux ministères de ce monde ni les railler stérilement, encore moins bénéficier indûment de leurs largesses : le difficile apprentissage de la pitié m’interdit de succomber à ces bassesses. A bientôt 39 ans je n‘ai plus la volonté de mentir aux agents de l’administration ni de les mépriser ou de profiter de leurs services mais celle de leur enseigner un autre credo, de les élever à ma hauteur avec charité, de leur désigner des sommets plus essentiels que ceux qu’ils s’efforcent de me faire gravir.

Mon inscription à l’ANPE est le fait d’influences extérieures regrettables tenant pour vrais certains dogmes administratifs. Pressions néfastes (émanant d’âmes honnêtes soucieuses de mon avenir terrestre mais parfaitement hermétiques à la cause poétique) que je n’ai pas eu le cœur de contrer, par faiblesse, par lâcheté peut-être.

Toutefois je ne suis pas un réfractaire fanatique aux considérations professionnelles et intérêts économiques (j’excuse les profanes), et consens à venir m’humilier dans votre agence à la recherche d’un emploi à temps partiel afin d’éprouver rigueurs et douceurs, misères et gloires du salarié. Du moins me laisser illusionner par les affres dorées qui font le quotidien de mes semblables éblouis par leurs chaînes. A l’image du Christ qui accepta de se laisser tenter par le Mal pour mieux le vaincre. J’aimerais avant de rejeter avec fruit cette existence vulgaire, insane, impie (je n’ai travaillé que deux mois de toute ma vie) pouvoir l’expérimenter encore, descendre dans ses profondeurs vides. Sans fat héroïsme, avec lucidité. Entrer dans la réalité la plus triviale pour la mieux fuir, me rapprocher davantage des étoiles.

Ceci dans le dessein de convaincre mes détracteurs de ma bonne foi. Un feu de longue portée brûle en moi. Le Bien, la Beauté, l’Amour, la Poésie habitent mon âme.

Avec l’espoir que mes raisons vous auront convaincu, je vous prie de croire, Monsieur, à ma parfaite considération.

Raphaël Zacharie de Izarra


Re: Raphaël Zacharie de Izarra (Voir livre d'or)

Armand Cuche 

publié le 07 November 2004 14:26 de 81.57.137.[...]
   

En ces heures pré-apocalyptiques, cet esprit visionnaire qu'est le vôtre, emprunt de cette véracité sociologique (tant conceptuelle qu'analytique), n'a de cesse de m'émouvoir et de me fasciner. Que de justesse, de poésie, de mordant (si vous me permettez l'expression).

Merci Monsieur de Izarra.
Merci maître.


L'ours contre-nature

Raphaël Zacharie de Izarr 

publié le 07 November 2004 14:36 de 82.252.248[...]
   

L'agitation ridicule autour de l'ourse Cannelle tuée récemment est significative de l'état d'esprit de notre société prompte à s'émouvoir pour des phénomènes spécifiques qui collent à l'air du temps, aussi minuscules soient-ils. A l'échelle locale et planétaire les conséquences de la disparition de l'ours des Pyrénées sont insignifiantes. Les seuls dommages sont d'ordre symbolique, politique, psychologique, culturel, mais certainement pas écologique. En somme, une "catastrophe" très artificielle, grossie au point que des millions de citoyens en France dans le monde se sentent concernés par la mort de Cannelle... Quand la multitude d'âmes sensibles (se délectant par ailleurs de viandes bouchères issues des ignobles abattoirs) se désole de la disparition du plantigrade, je me chagrine de constater avec quelle facilité on peut contaminer les esprits sur des sujets aussi dérisoires que la disparition du dernier représentant d'une espèce animale en voie d'extinction.

Le règne animal comme tout ce qui existe en ce monde n'est pas figé, il est en constante évolution. Le changement est dans l'ordre normal des choses. Toute espèce est vouée à disparaître un jour. Lentement ou sous l'effet de forces majeures. Les forces majeures (poussée de la civilisation, accidents, pollutions) sont aussi une forme de sélection naturelle, que ces forces dominantes soient générées par l'Homme ou par les volcans. Non seulement l'Homme fait partie du monde, mais il est également à son sommet. Il n'y a pas que les cailloux et les quadrupèdes qui font la loi sur Terre, n'en déplaise aux écologistes qui ont tendance à négliger la légitimité de l'espèce humaine dans les changements du milieu naturel. Qui oserait prétendre que les rats, les moustiques, les blattes ont un droit de nuisance sur l'Homme sous prétexte qu'ils sont la Nature ?

Nature et urbanisation sont des réalités faisant partie de ce monde. En quoi l'urbanisation, la civilisation devraient être sacrifiées à la cause de l'état sauvage ? Au contraire, la ville est vertueuse, l'ours nuisible. La preuve dans les faits et l'actualité : l'Homme avance, l'ours recule.

En dépit des efforts de l'Homme, créature intelligente aux idées baroques, l'ours des Pyrénées ne s'enracine décidément pas dans ce qui fut jadis son milieu (et peu importent les causes de cet échec : accidentelles ou naturelles, elles sont significatives)... Preuve qu'il n'a plus sa place dans les Pyrénées.

On peut certes le déplorer, mais c'est ainsi.

Réintroduire l'ours dans les Pyrénées, dans quel but ? Même la gratuité du geste ne paie pas dans ce monde réglé sur des lois souveraines. Les bonnes âmes en ont d'ailleurs eu pour leurs frais... Douce folie que de s'acharner à replanter une racine brisée ! De même, ne serait-il pas ridicule de regretter la disparition des dinosaures ? Quel sens y aurait-il à réintroduire en 2004 les meutes de loups dans les forêts autour de Paris ? Fondamentalement la disparition de Cannelle a peu d'importance. Le règne du vivant est influencé par les forces dominantes : les astres font les marées, l'Homme fait les courants. Le phénomène de la sélection naturelle dans lequel l'Homme est intimement inclus opère et jouit aujourd'hui de tous ses droits en venant d'éliminer l'ourse Cannelle, avatar monstrueux de notre vision du monde "plantigradiste", "lycanthropiste", "dodoïste".

Raphaël Zacharie de Izarra


RAPHAEL ZACHARIE DE IZARRA INTERVIEWE PAR UNE JOURNALISTE

Raphaël Zacharie de Izarr 

publié le 13 December 2004 23:33 de 82.255.212[...]
   

La journaliste (séduisante) - Raphaël Zacharie de Izarra, bonjour.

Moi (l'air hautain, méprisant) - Bonjour.

- On ne vous présente plus : plume d'exception, authentique esthète, hâbleur brillant, les qualificatifs flatteurs ne manquent pas pour vous définir...

- Effectivement. Multiples sont mes talents, de même que mes tares. Mais je dirais que, comme chez beaucoup d'esprits supérieurs, mes tares participent de mes talents. Je n'ai donc, d'un point de vue individuel, que des talents.

- Raphaël Zacharie de Izarra, que ce qui vous fait courir dans l'existence ?

- Posésie est mon credo (long silence qui impressionne beaucoup la jeune journaliste).

- Que pourrait-on ajouter à une réponse si brève et si essentielle ? Mais parlons plutôt des femmes. Vous les aimez, c'est de notoriété publique. Vous le rendent-elles bien au moins ?

- Au jour de mes funérailles Madame l'on mesurera sans doute le poids ou la légèreté de ma plume sur le coeur des femmes... Si je les sers le plus possible avec des mots et le moins possible avec des preuves plus coûteuses, j'entends qu'elles me répondent avec autant de générosité que je mets de prudence à émettre vers elles mes doléances. J'escompte bien que vers ma centième année des files de pleureuses inconsolables et légèrement vêtues accompagneront ma dépouille jusqu'à la tombe.

- Vous parlez de doléances... Pour vous l'amour est donc synonyme de souffrance Raphaël Zacharie de Izarra ? Pouvez-vous développer pour nos lecteurs ?

- Madame, Poésie et Amour sont des choses qui échappent à nos strictes analyses. Néanmoins je puis vous répondre que oui, sûrement l'amour chez moi est lié à une certaine idée de la souffrance. Ai-je dit pour autant que j'aimais souffrir ? Non. C'est la souffrance de l'objet qui vous aime qui importe. Elle seule est jouissive. Un esthète aime toujours voir le papillon agitant une dernière fois les ailes entre l'épingle qui le transperce. Moi je collectionne avec des gants blancs et des pincettes. J'aime de loin, avec calcul, science et rigueur, soucieux de garder les mains nettes. Regarder s'agiter l'insecte femelle qui vous fait des signes deséspérés derrière une vitre avant de mourrir, le coeur percé par quelque pal littéraire ou poétique est un plaisir raffiné que l'esthète sait capter avec délectation. L'hymenée dans le formol est une conception plutôt confortable de l'amour. Du moins pour celui qui tient le bocal.

- Raphaël Zacharie de Izarra, vous êtes odieux.

- Madame, pardonnez-moi d'être ce que je suis. Mes détracteurs me reconnaissent au moins cette qualité. L'on me trouve odieux, soit. Je ne saurais mentir à ma nature, n'est-ce pas d'ailleurs ce qui fait ma force ?

C'est aussi ce qui fait votre charme Raphaël Zacharie de Izarra. Je dois d'ailleurs avouer que votre cruauté légendaire ne me laisse pas insensible... Mais venons-en à un sujet plus serein : parlons littérature. Quel mot selon vous définirait le mieux votre littérature ?

- Le mot le plus léger, le plus aigu, le moins usité. Ce sera le mot de votre choix.

- Raphaël, vous permettez que je vous appelle Raphaël ?, que pensez-vous de la façon...

- Non, je ne vous permets pas Madame. Chacune des quatre parties de mon nom ne compte pas pour rien et j'entends que vous n'omettiez point de prononcer et ma particule et les syllables composant les trois autres belles parties de ce nom qui fait mon identité littéraire. Que vous soyez une journaliste parisienne brillante particulièrement avenante et de toute évidence fascinée par votre invité ne vous dispense pas de vous soumettre au même protocole strict que j'impose aux reporters de province. Reposez-moi correctement votre question, je vous prie...

(Avec gêne et soumission) - Raphaël Zacharie de Izarra, que pensez-vous de la façon dont vos contemporains vous perçoivent ? Vous déclenchez souvent des réactions très vives, voire outrées. Ce que vous écrivez n'est pas anodin, reconnaissez-le.

- Je m'adresse à un lectorat raffiné, lettré, intelligent. Ce sont les connaisseurs sachant goûter à des mots fins qui apprécient ma cuisine littéraire. Ces réactions que vous évoquez ne proviennent que de la plèbe. Un bel esprit comme le mien n'accorde aucune importance à ce genre d'insignifiance. Jamais la roture n'a fait partie de la gent littéraire.

- Raphaël Zacharie de Izarra, je vous remercie pour cette interview passionnante. Comme beaucoup d'admiratrices, je suis impatiente de lire vos prochains textes sur FOXOO http://espritlibre.foxoo.net/plume.


Les humains du cirque

Raphaël Zacharie de Izarr 

publié le 03 January 2005 20:52 de 82.64.125.[...]
   

Ils s'exhibent comme des petits singes surdoués, les gens du cirque. Galipettes savantes et acrobaties recherchées sont sensées faire de ces pantins salariés des êtres à part. Fiers de leurs numéros, ils gonflent torses et muscles sous les acclamations... A-t-on déjà vu semblables puérilités ? Accoutrés avec recherche jusque dans le ridicule, ils font leur petit tour sur la piste et puis s'en vont, les gens du cirque. Artistes grotesques !

Le clown qui ne m'a jamais fait rire, pitoyablement fait les mêmes pitreries archi-usées. On sent sous son grimage approximatif le comédien raté, de son vrai métier conducteur de camion ou vague préposé à l'entretien du chapiteau, reconverti sur le tard dans la clownerie. Pauvre fantoche qui se met en quatre pour déclencher les rires les plus gras ! Aucun don particulier chez le clown qui semble dans le meilleur des cas n'être qu'un pauvre hère jeté sur la piste par hasard. Dans le pire des cas, il me fait songer à un personnage douteux qui, au fil des échecs successifs d'une vie itinérante que je soupçonne vouée à l'alcool, a fait naufrage dans une troupe de cirque.

Les dompteurs, rois de la nullité donnée en spectacle, m'ont toujours profondément ennuyé. Vêtus comme des gladiateurs d'opérette, c'est qu'il en imposent ! Aux mémés séniles et bedeaux attardés de province...

La musique jouée en ces lieux est à elle seule une merveille de monstruosité sonore ! Propre à rendre complètement dingues fauves, éléphants et autres équidés peut-être atteints de surdité aiguë... Pauvre ménagerie soumise aux lois du spectacle le plus piteux, abrutie chaque soir de représentation par une troupe de crétins à deux pattes !

Les trapézistes quant à eux sont de courageux inconscients qui ne craignent pas de voltiger en collants serrés. Et s'ils atteignent certains sommets, pour moi ce seront surtout ceux du mauvais goût. Ainsi déguisés en sauveurs du monde tels des "Superman" des pires productions hollywoodiennes des années soixante, j'aime les voir tomber systématiquement dans le ridicule. Véritables grenouilles des airs, ces artistes-là au moins déclenchent chez moi une réelle hilarité, contrairement aux clowns.

La façon que tous ces gens ont de saluer leur public est en soi le clou du spectacle. Quelle simiesque indigence ! Quel mimétisme dans la balourdise ! Quel comique involontaire ! Pour qualifier ces travailleurs du cirque, je n'ai pas trouvé de terme plus juste, plus adéquat (bien que familier) que le terme "ringards".

Raphaël Zacharie de Izarra


RIMBAUD POT-AU-FEU

raphael zacharie de izarr 

publié le 08 September 2006 16:04 de 88.161.60.[...]
   

Comment pourrais-je croire en Rimbaud, alors qu'on l'évoque avec des vapeurs d'éther dans la bouche, des ronds de fumée dans la tête, de gros lapins rouges dans le chapeau ? Un personnage inspirant des clichés aussi indigents est trop suspect... Moi quand je parle d'Arthur, il me sort de la bouche des postillons, de la tête des idées vagues, du chapeau rien du tout.

Je ne crois pas en ces grandeurs scolaires inculquées par la superstition républicaine. Les "poteaux de couleurs", les "peaux rouges criards" et autres "haleurs" sont de pures sottises d'érudits. Certes bien tournées dans la forme, mais écrites pour le vent des envolées vides et cependant lues avec d'imbéciles frémissements dans la voix. Révélateur de la triste capacité de l'esprit humain à se laisser faussement bercer par des sornettes, Rimbaud est le symbole de l'embrigadement des masses crédules et ignorantes dans une sensibilité poétique frelatée, artificielle relayée par de doctes cornichons de l'Académie à qui nul n'oserait tenir tête.

Moi je prétends que Rimbaud est un médiocre voyant et que ses disciples sont de bêlantes andouilles.

Parce que l'Enseignement National a inclus dans son programme ces pompeuses, indigestes carottes diarrhéiques censées incarner l'aboutissement de la Beauté verveuse et métrique (au lieu de dispenser en priorité à ces populations scolaires de bonnes grosses patates poétiques bien substantielles ou d'exquises salades lyriques pleines de légèreté, plus propres à contenter leurs véritables aspirations juvéniles), des générations de rebelles à la carotène enrégimentés par leurs professeurs de lettres font semblant d'apprécier le mets orange.

Le clou Rimbaldesque est à ce point enfoncé dans ces crânes ramollis que cracher sur le plat officiel est perçu comme un acte quasi criminel.

Je ne doute pas que j'aurai toujours sur le dos ces hordes de contaminés de la "pensée universitaire" pour me reprocher ma dissidence déplacée, à leurs yeux inacceptable... En effet, dans ce système bien huilé où l'esprit se nourrit de certitudes institutionnelles, on ne s'oppose pas ainsi au Dieu Rimbaud. Rimbaud, on ne le discute pas : ou on le vénère, ou on n'est rien qu'un pauvre épicier de province inaccessible aux hauteurs zénithales...

Au fait, qui parlait de rébellion poétique ?

Raphaël Zacharie de Izarra
raphael.de-izarra@wanadoo.fr
Greg H a écrit:
>

> J'suis allé faire un tour sur son site..

> vous en pensez quoi?

> Pour moi : de l'effusion un peu dans tout les sens, de la révolte un peu tête baissée... j'ai pas tout lu l'exemple sur le livre d'or me paraît le moins terre à terre... sur le site y en a des simplets, mais je ne demande qu'a connaître davantage... c'est dommage que Raphaël ne prenne pas plus de temps pour laisser mûrir, certain texte sont vraiment d'une verdeure acide...

>

> GH


Re: Raphaël Zacharie de Izarra (Voir livre d'or)

Arnagol Kalankas 

publié le 08 September 2006 17:39 de 82.244.193[...]
   


Désolé,
mais je n'ai pas découvert Rimbaud à l'école. C'est un peu facile de cracher comme ça, plus qu'un avis... de la haine... pourquoi pas... Rimbaud aurait applaudis. Je ne vénère pas Rimbaud, je le ressens.

Perso... je n'ai rien contre l'épicier de province, il est à sa place dans sa non-hauteur-zénithale et bla et bla, comme le poète Zacharie l'est dans sa prétention.

Adieux

GH.


Re: Raphaël Zacharie de Izarra (Voir livre d'or)

Raphaël Zacharie de Izarr 

publié le 20 January 2007 22:49 de 88.161.60.[...]
   

Voici un texte "à la Rimbaud" que je viens d'écrire spécialement pour vous prouver ce que j'avance. Moins de trois minutes pour écrire cette suite de sornettes. Je peux faire passer ces mots écrits au hasard de mes pensées pour du Rimbaud à n'importe quel professeur de littérature qui ensuite tenterait de m'expliquer les prétendues beautés de ce texte et me traiterait même d'ignare et d'insensible devant ma perplexité... Il se ridiculiserait à interpréter ces mots insensés jetés par mes propres soins dans le seul but de lui prouver l'imposture ! Je suis persuadé que ça marcherait auprès de n'importe quel admirateur de Rimbaud pour peu que j'amène cette soupe avec assez d'enrobage "baratineux" :

J'aimais le désert, les vergers brûlés, les boutiques fânées, les boissons tiédies. Je me traînais dans les ruelles puantes et, les yeux fermés, je m'offrais au soleil, dieu de feu. Général, s'il reste un vieux canon sur tes remparts en ruines, bombarde-nous avec des blocs de terre sèche. Aux glaces des magasins splendides ! Dans les salons ! Fais manger sa poussière à la ville. Oxyde les gargouilles. Emplis les boudoirs de poudre de rubis brûlante ! Oh ! Le moucheron enivré à la pissotière de l'auberge, amoureux de la bourrache, et que dissout un rayon !
Etc.. Etc.. Je pourrais continuer ainsi des pages et des pages. Je me suis arrêté à ces quelques lignes, la démonstration étant faite. Je pourrais faire passer ça pour du Rimbaud à un spécialiste pour peu que je lui fasse croire que ce texte est un inédit de Rimbaud trouvé dans une vieille bibliothèque. Une fois gobé le canular d'un texte original trouvé dans un grenier ou une bibliothèque, n'importe quel spécialiste de Rimbaud s'extasierait sur ce genre d'inepties écrits par un potache farceur...

Dans ce genre d'affaire, plus c'est gros, mieux ça fonctionne.

Raphaël Zacharie de Izarra


LETTRE AUX PUBLICITAIRES

Raphaël Zacharie de Izarr 

publié le 18 February 2008 08:14 de 88.161.60.[...]
   

Messieurs les créateurs,

Je vous qualifie de "créateurs" mais ce n'est pas ironique du tout. Vous êtes de très grands esprits, des gens utiles, des hommes libres.

Mieux : des "artistes".

L'art de prendre les êtres humains pour des minables, c'est un métier. Une vocation. Il faut être né avec du souffle dans la cervelle, je veux dire une chambre à air, bref avoir ça dans le sang, aimer faire du vent avec rien, ou plutôt aimer faire du rien avec du vent, l'air de rien.

L'engagement pour la cause publicitaire, ça s'apprend, ça se mérite. Je vous comprends... De tels efforts, ces études poussées, tant d'argent dépensé, ces belles énergies, toutes ces réflexions pour rendre bêtes et laids vos semblables, cela ne mérite-t-il pas d'immortelles statues en nouille ?

Vous êtes admirables messieurs les publicitaires.

Vous êtes indispensables surtout, vous qui embellissez les esprits sur papiers glacés, approfondissez les grandes questions du siècle plus blanc que blanc, habillez les abrutis (mais attention je parle des vrais abrutis-maisons, ceux qui rigolent et même qui semblent se pâmer sexuellement quand on les filme avec leur pot de yaourt), dénudez les têtes, vous qui savez mieux que quiconque ce qu'il faut mâcher, vous qui calculez au gramme près combien de légumes il faut manger quotidiennement pour ne pas que l'on devienne obèse, vous qui connaissez les secrets millénaires des ânes, des vaches et des petits pois, vous qui débitez des vérités fluides comme du plasma au son de violons numériques, vous qui décrétez que le sang menstruel de nos femelles aseptisées est bleu... Sans vous, avec quoi meublerait-on nos écrans, que lirait-on dans nos journaux, que penserions-nous dans nos pauvres têtes du matin au soir ?

Et surtout, que mangerions-nous ? Des patates ? Tous les jours des patates ! Ce serait l'enfer sans vous, messieurs les publicitaires. Pardon, messieurs les artistes.

Merci de nous éclairer. Grâce à vous on mange cinq fruits et légumes par jour. Sur vos conseils on sait comment faire pour devenir intelligents, propres, bien chaussés, bien lavés, bien nourris, ipodés, protégés. Même nos cheveux brillent.

Vos vérités nous rendent beaux, bons, bien vêtus et même immortels. Les morts sont des ringards : ils ne vous écoutent pas les pauvres !

Avec les shampoings qui font luire nos trésors capillaires, nous les vivants on a des idées nouvelles sous le crâne. Vous nous avez sauvés, messieurs les artistes !

Votre merde a l'apparence de la merde, l'odeur de la merde, le goût de merde.

Et c'est effectivement de la merde.

Mais vous la vendez au prix de l'or, alors là vraiment je vous dis chapeau les" artistes" !

Raphaël Zacharie de Izarra
raphael.de-izarra@wanadoo.fr

Greg H a écrit:
>

> J'suis allé faire un tour sur son site..

> vous en pensez quoi?

> Pour moi : de l'effusion un peu dans tout les sens, de la révolte un peu tête baissée... j'ai pas tout lu l'exemple sur le livre d'or me paraît le moins terre à terre... sur le site y en a des simplets, mais je ne demande qu'a connaître davantage... c'est dommage que Raphaël ne prenne pas plus de temps pour laisser mûrir, certain texte sont vraiment d'une verdeure acide...

>

> GH


Ripposte

Miro 

publié le 04 March 2008 17:04 de 86.204.80.[...]
   

... Rimbaud...


... qui dirait du cique :


" Quand le soleil saute au cul de l'éléphant, le trapéziste muet singe l'imminente disparition du chapiteau d'argile"


"La main dans la poudre, le costume déchiré, haï par l'être jaloux, le trapéziste a le coeur fragile"


"Le clown sur son île, idole que tu n'as pas été, se contrefout de ton manque d'exil"


etc, etc...


Re: Raphaël Zacharie de Izarra (Voir livre d'or)

Sttyl'haute 

publié le 30 March 2008 00:52 de 86.213.135[...]
   

Va te faire foutre ZAcharie, zacharie : le vin qu'on boit ici c'est l'argent liquide des décennies volées à Sète ! Stop aux crasses aux traces aux races, vois que toujours nous serons... surdoués de ta littérature, au-dessus de tes ordures, au-dessus du futur frénétique de tes sites où le blanc et le bleu ingnorent les cinqutantièmes hurlants de l'enfance.


L'étable des morts-vivants

Raphaël Zacharie de Izarr 

publié le 04 April 2008 10:43 de 88.161.60.[...]
   

(Texte biographique.)


Midi sonne dans la salle à manger de l'hospice.


Le centre est spécialisé dans le "traitement" de la vieillesse défaillante. Pour dire la vérité, c'est tout simplement l'antichambre de la mort. On est loin des refuges dorés pour vieillards fortunés. Ici on accompagne les grabataires, pour certains démunis. Ou presque.


C'est l'heure du déjeuner, midi sonne disions-nous.


Moi, jeune stagiaire de vingt-cinq ans qui découvre sur le tas le métier d'auxiliaire de vie, j'observe. Je suis nouveau, inexpérimenté, curieux. Resté à distance dans un angle de la vaste salle à manger de l'hospice, j'observe la scène qui -je ne le sais pas encore à cet instant- me marquera profondément pour le reste de mes jours.


Le spectacle qui est en train de se dérouler sous mes yeux est pour moi seul : le reste du personnel soignant, que je suppose habitué à la chose ou tout simplement bien trop pris dans son labeur pour prêter attention à ce genre de vision subtile et fulgurante, me semble parfaitement étranger à ce que je considère encore aujourd'hui comme la plus impressionnante "pièce de théâtre grandeur nature" à laquelle j'ai pu assister de toute ma vie. Les soignants font d'ailleurs eux-mêmes partie intégrante du tableau.


Je suis donc le seul pour qui la scène se joue. A l'insu de tous.


Lentement, progressivement, la scène apparemment anodine se construit, s'élabore pour prendre bientôt des allures magistrales, dantesques, quasi bibliques. Et ce n'est plus un simple fait du quotidien que je vois, ce n'est plus une scène banale, insignifiante qui s'offre à ma vue...


C'est un drame. C'est une toile de Caravage. C'est une leçon de vie et de mort.


Effaré, ému, subjugué, incrédule, découvrant un aspect inconnu de l'existence humaine, je reste dans mon coin à observer.


Voilà ce que je vois :


Comme surgit de nulle part, au son de la cloche une troupe claudicante de petits vieux décharnés s'avance avec mollesse, désespoir, infinie lenteur vers les tables... Un sombre, funèbre, sépulcral cortège de vieillards en "expédition alimentaire".


Certains cheminent affaissés dans leur fauteuil roulant d'un autre âge, poussés par des infirmiers ou secondés par leurs compagnons d'infortune eux-mêmes invalides, d'autres -avec ou sans béquilles- arrivent au bras d'un infirmier. Rares sont ceux qui marchent sans aucune aide. Tous sont voûtés, sinistres, saisis de stupeur.


Que le chemin est long pour aller se restaurer !


Vue cauchemardesque sur le monde de la vieillesse ! Des visages à faire peur, des corps usés, un rythme au ralenti extrême. Une marche solennelle et pitoyable de centenaires avec leurs petits pas de reptiles ridés... Une procession de morts-vivants convergeant vers les assiettes fumantes... (L'image, effroyable, romantique, cruelle mais aussi profondément humaniste restera à jamais gravée en moi.)


Le tout dans un silence de mort.


C'est cela le plus impressionnant, c'est le silence. Ce silence -terrible, effrayant- qui n'est que l'écho atténué du Silence qui bientôt viendra refermer les yeux de ces tortues ternes et tristes qui se meuvent avec une mortelle léthargie.


Fantômes hors du temps, oubliés du reste du monde, ces êtres font partie d'une autre réalité, tragique, universelle, où l'ombre de la mort recouvre plus de la moitié de leur face. Et qui fait qu'ils deviennent invisibles à notre monde.


Et comme je suis le seul à les voir, ces êtres devenus invisibles au monde, je continue de les observer au fond du réfectoire, fasciné, muet, interdit.


Ces ruines de chair et épaves d'esprit ignorent qu'en retrait dans un coin de la salle une jeune âme émotive mais lucide qui a toute sa vie d'homme à faire les regarde se traîner lamentablement vers leur destin finissant, enregistre l'instant pour toujours...


Comment pourrais-je, en effet, oublier cette marche cérémonieuse et misérable, pittoresque et macabre de gérontes boiteux et accablés vers un repas sans joie ?


Raphaël Zacharie de Izarra


Faux-Rimbaud : rebondissement !

Raphaël Zacharie de Izarr 

publié le 20 August 2008 14:20 de 88.161.60.[...]
   

Faux-Rimbaud : rebondissement !

Il y a quelques semaines, nous évoquions sous le titre Inédit de Rimbaud, vrai ou faux ? la polémique née de la découverte chez un bouquiniste de Charleville-Mézières d’un texte en prose du poète, Le rêve de Bismarck, signé du pseudonyme Jean Baudry. L’un des spécialiste français d’Arthur Rimbaud, Jean-Jacques Lefrère, attestait l’authenticité de ce texte, authenticité aussitôt démentie par le trublion littéraire Raphaël Zacharie de Izarra qui assurait être l’auteur de ce canular. Mise en veilleuse pendant la trêve estivale, la controverse pourrait bien rebondir aujourdhui à la suite d’un article du très sérieux quotidien Le Monde. L’un de ses journalistes a rencontré Raphaël Zacharie de Izarra, et le moins que l’on puisse dire est qu’il est sorti troublé de cet entretien. Extraits :

Raphaël Zacharie de Izarra nous demande du temps, encore du temps pour prouver qu’il est l’auteur de cette farce. Mais où est la vraie farce ? Dans le document lui-même qui serait un « authentique faux » ou dans le formidable pouvoir de persuasion d’un mythomane de premier ordre ?

Sa démarche, se justifie-t-il, est une oeuvre « de long terme, dense, complexe, nécessairement lente ».

A la lumière de ses propos pour le moins convaincants, irritants, intrigants, presque fascinants, on lui laissera le bénéfice du doute.

http://rayonsud.free.fr/?p=26

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L'article du "Monde"

Paris est venu au Mans. Ce qui équivaut, en terme professionnel, à un scoop. Du moins dans le cercle restreint des journalistes littéraires, appelés aussi dans notre jargon « mondains du livre ». Depuis là-haut, c'est un événement, une prouesse. Rappel d’une épopée locale qui avait fait deux ou trois vagues dans nos salons : quelques heures à peine après la révélation au grand public d’un inédit de Rimbaud (Le rêve de Bismarck) retrouvé chez un bouquiniste de Charleville-Mézières, un énergumène manceau revendiqua non sans fracas la paternité du document qui serait donc… Un faux ! Info ou intox ?

A la rédaction les collègues ont bien ri. Il y avait de quoi, avec ma mission d’« envoyé spécial en province »… La décision résonnait désagréablement comme le coup de «sifflet de Jéricho» de l’officier de police plein d’avenir du Quai des Orfèvres rétrogradé du jour au lendemain à la circulation de la Place Clichy. Et j’ai effectivement été envoyé au Mans afin de tenter d’éclaircir ce mystère d’arrière pays. Merci le TGV. Bref, de retour avec mon papier, ils ne riaient plus du tout à la rédaction. Enquête.

AUTEUR PROLIFIQUE

Raphaël Zacharie de Izarra est un farceur.

Un auteur prolifique aussi. Avec plein d’imagination.

Un simple hurluberlu en mal de notoriété comme l’affirmait, un peu énervé, le plus grand spécialiste de Rimbaud Jean-Jacques Lefrère dans les pages du « Figaro Littéraire » ? Pas si sûr… Dès qu’on approche le phénomène, les certitudes toutes faites s’éloignent. Il y a fort à parier qu’au contact de ce fou follet, plus d’un routard de la presse reverrait son jugement. Un poids-plume de l’auto édition (il se répand sur Internet) capable d’ébranler des maisons : Izarra a du souffle, il faut lui reconnaître ce précieux avantage.

FRISSONS

Personnage machiavélique diraient certains… Angelot d’une désarmante naïveté pour d’autres. Prince cynique ou entité ailée, peu importe : le plaisantin ne manque pas d’atouts. S’il est vrai que le diable a plus d’un tour dans son sac, les anges n’en ont pas moins de la plume. Celui qui veut défier les exégètes de la littérature, pardon de la Littérature comme il le précise, est bien outillé. Ce maître du verbe joue de son art oratoire jusqu’à l’énième degré, là où commencent les premiers frissons. Déstabilisant.

Le « clown à particule » s’avère être un morceau de choix pour tigres de rédactions, un cas d’école comme on en rencontre rarement dans une carrière de reporter. Un pigiste averti y regarderait à deux fois.

Izarra, ça à l’apparence de l’ersatz, de loin ça n’a l’air de rien, de Paris on croit que c’est du toc… Et quand on vient chez lui au Mans pour une interview de près, pour de vrai, alors l’Izarra c’est de l’or en barre ! Foi de journaliste.

L’animal est prêt. De mon côté, je fourbis mes armes. Ambiance règlement de compte à l’oral. L’interview commence mais c’est lui qui tient la baguette.

Quand je l’interroge au sujet de cette affaire grotesque du « vrai-faux-Rimbaud » il ne se démonte pas. Ses yeux s’éclairent. Le masque de la sincérité l’habille tout de blanc. Et il a des arguments le renard ! Répondant point par point aux objections émanant de ses détracteurs, il se défend. Avec foi, panache, consistance. De telle façon qu’à mi-parcours de l’interview il est déjà permis de douter de la version officielle. Question de choix. En l’écoutant, intarissable, virtuose, charmeur, parfois excessif, toujours percutant, on se sent plus léger, libre de balancer entre vérité médiatique et doute « izarrien », qualificatif dont il abuse avec jubilation. C’est le cadeau qu’il nous fait : penser par soi-même. Raphaël Zacharie de Izarra est persuasif, il a l’art de soulever des questions que nul n’oserait effleurer.

POLEMIQUE

Ses arguments ? Contestables, soyons honnêtes. Contestables et pourtant… Pas tant que cela. Et c’est étrange, et c’est puissant, et c’est passionnant. C’est oui ou c’est non, c’est vrai ou c’est faux. Entre les deux, une infinité de nuances. Toutes déroutantes.

Izarra a sa place dans la polémique et il tient tête. Il a pris le rôle du bouffon, qui n’est pas le plus facile. Rappelons que le pitre officiel du royaume assénait des vérités cinglantes au roi. Izarra se paye la tête du roi et c’est bien le seul : il n’y a qu’un bouffon dans tout le royaume pour user de ce droit. Les autres se taisent. Lui, il la ramène. Il fabrique du faux pour « mieux dénoncer une autre imposture : celle d’une certaine littérature » dit-il.

Dans le détail son discours ressemble un peu à cette histoire de fous où l’un soutient que la bouteille est à moitié pleine pendant que l’autre s’évertue à démontrer qu’elle est à demi vide. L’un a tort, les deux ont raison et personne ne peut trancher. Ensuite c’est une question de crédibilité vestimentaire. La « vérité » du porteur de cravate sera toujours un peu plus « vraie » que celle de l’adepte de la chemise à carreaux. Izarra ne porte ni cravate ni chemise à carreaux, il arbore un front vaillant dénué d’artifice, affrontant nu les « cohortes de Bêtise parées de flatteurs, mensongers atours ».

Même pour un reporter qui a de la bouteille, il serait trop facile de prendre à la légère l’édifice de papier de monsieur Izarra. Pour l’heure tout est théorie, démonstration intellectuelle, preuve par la dialectique et conviction intime. Le sieur Izarra est redoutable quand il s’agit de semer le doute. Et ça prend. A faire trembler les bases du plus orthodoxe des convaincus. Ca prend tellement bien que, séduit par le brillant discours, déjà convaincu mais pas tout à fait prêt à mettre la main au feu tout de même, on ne demande plus qu’à voir.

ROCAMBOLESQUE

Voir, c’est ce qu’il nous promet depuis le début de cette affaire décidément rocambolesque… Mais il n’est pas pressé d’apporter de la matière à son moulin à paroles. Izarra brille tant qu’il reste dans ses « hauteurs » abstraites, position stratégique bien commode dans laquelle il a tendance à s’éterniser… Sur la terre ferme son pied est plus glissant.

Il a le temps pour lui, répète-t-il. «Je n’agis pas dans la précipitation, mon dessein est de plus grande envergure que de nourrir ces poussins de journalistes. Patience ! Au lieu de petit grain sans lendemain vous aurez la grosse pâtée pour l’hiver» confie-t-il, un brin malicieux.

C’est vrai qu’il cause bien le contradicteur et qu’on serait prêt à se convertir à sa « vérité », à deux doigts du gouffre séparant « l’hérésie médiatique du ciel izarrien »… A condition de donner corps au discours. Bluffant pour ceux qui l’approchent, l’écoutent, le « sentent », simple zozo pour les autres qui n’ont pas eu le privilège d’un tête-à-tête, le personnage a de quoi faire peur.

La première fois il avait même fait très peur : l’AFP lui reproche un séisme d’ampleur nationale provoqué par ses simples assertions. Pas si zozo qu’il en a l’air le « Zaza » !

DU TEMPS

Raphaël Zacharie de Izarra nous demande du temps, encore du temps pour prouver qu’il est l’auteur de cette farce. Mais où est la vraie farce ? Dans le document lui-même qui serait un « authentique faux » ou dans le formidable pouvoir de persuasion d’un mythomane de premier ordre ?

Sa démarche, se justifie-t-il, est une oeuvre « de long terme, dense, complexe, nécessairement lente ».

A la lumière de ses propos pour le moins convaincants, irritants, intrigants, presque fascinants, on lui laissera le bénéfice du doute. Mais pas trop longtemps. Pas trop longtemps monsieur Izarra : à la rédaction ils ne rient plus, mais alors plus du tout.

R.S.
(Le Monde)


Constellations

Poséidon 

publié le 22 August 2008 11:09 de 81.50.204.[...]
   

Je pense que l'infini des constellations est une révélation de la pratique de l'écriture, mais plus difficilement un témoignage de celle-ci, sauf dans sa compréhension la plus précise et la plus complexe (chemin vers l'accession à sa simplicité). Et de l'observation du ciel. Et aussi de l'Amour. La révélation est bien plus belle que cela encore : c'est la danse des étoiles dans l'infini des constellations, le jour où le ciel répond par l'univers céleste que créent tes actes, et que tu prends conscience, dans le sens où tu le vois et que rien jusqu'à ce jour ne t'étais apparu plus beau et plus immense, que tout est Un, quand tu découvres les grandes valeurs, les valeurs les plus secrètes mais les plus importantes pour l'Être... Humain quand il est sentimental.


Re: Raphaël Zacharie de Izarra (Voir livre d'or)

Poséidon 

publié le 22 August 2008 12:57 de 81.50.204.[...]
   

Oups... je répondais au message du 18 avril 2004...

"Oui mais plutôt empêtrés dans des lieux communs et des généralités les frèrots. Et on peut pas dire qu'ils fassent dans la dentelle ou dans la nuance. Y'a rien à faire, hors la nuance on est quand même un peu dans le grossier et la caricature, donc plutôt dans la discussion de comptoir, l'opinion, la pub, la télé... le contraire de la pensée. J'applique la même critique aux deux versions : préjugé, opinion, syndrome "moi je pense que" sauf qu'on n'a pas pensé une seule seconde mais répété des opinions.

En dehors de ça, ce que je veux dire, je dis pas que c'est mal ou nul en fait, je veux dire que c'est bien beau de jolis mots comme ça mais ce n'est plus intéressant que ça, voilà une opinion, l'autre dira qu'il est pas d'accord et le suivant qu'il est d'accord avec le premier et à la fin voilà bon personne n'aura avancé. Ce qui serait vraiment intéressant c'est "l'infini des constellations" en mot. Et quand on ça ben le manifeste ci dessus est devenu inutile et évident, parceque "l'infini des constellation en mots" ce serait une sacrée démonstration. Heu enfin vous me comprenez ? C'est comme s'il disait je vais faire ça, vous voyez, on s'en fout, mais qu'il le fasse ! S'il le fait alors on s'en fout plus, sauf s'il le faisait en disant qu'il va le faire (ça c'est une objection que vous pourriez me retourner), mais je ne trouve pas qu'il le faisait en disant qu'il allait le faire. Donc voilà. Enfin bon vous me direz qu'il faut des fois dire ce qu'il faut faire, oui mais là je reviens au début, c'est quand même un lieu commun, faut avancer maintenant un peu. Tout ça pour répondre à Greg surtout: pour moi ce texte est terre à terre.

Je préfère les petits protraits de son site, même simplets ils sont plus subtiles dans l'ensemble, et plus pittoresques, à l'inverse on sent que l'on ne pédale pas dans la choucroute, vous voyez ce que je veux dire ? Vous sentez ça aussi ? Ou bien j'ai les sens dérèglés ?"


Re: Raphaël Zacharie de Izarra (Voir livre d'or)

Raphaël Zacharie de IZA 

publié le 29 January 2010 01:22 de 88.161.60.[...]
   

INTERVIEW PAR UNE JOURNALISTE DU "POINT"

- Raphaël Zacharie de IZARRA, sur le web vous êtes connu depuis quelques années pour vos célèbres impostures littéraires. Votre plus beau "succès" si je puis dire est la récente affaire du faux Rimbaud ("Le rêve de Bismarck"). Même le spécialiste Jean-Jacques Lefrère s’est laissé entraîné bien malgré lui dans cette farce sophistiquée qui à ce jour encore passe pour un document authentique auprès de ceux qui "savent" !

Vous irritez et amusez le sérail de la blogosphère rimbaldienne mais laissez indifférent la plupart des (vrais) spécialistes qui vous prennent pour un hurluberlu, quand ils ne vous ignorent tout simplement pas. N’étant guère pris au sérieux par ces derniers, paradoxalement c’est ce qui fait votre force : vous avez su avec grande subtilité (et presque honteusement) tirer profit des suspicions nées autour de la "trouvaille" de Charleville-Mézières. Un trésor littéraire aux accents, paraît-t-il, faussement rimbaldiens selon ceux qui vous suivent, des non-spécialistes admettez-le. Mais pas tous il est vrai (de vrais amoureux de Rimbaud par ailleurs fins lettrés ont émis des critiques décisives sur la valeur littéraire du document), d’où le malaise que vous répandez depuis l’origine des événements.

En mars 2008 vos assertions pour le moins troublantes ont fait trembler la rédaction du Figaro qui a dû consacrer un second numéro quelques jours après la révélation de la découverte pour faire taire les rumeurs de falsification.

Hors des sphères officielles, mais également chez quelques courageux exégètes, on a beaucoup glosé sur le sujet. Plus d’un remet en cause son caractère prétendument littéraire... Nous en direz-vous plus que ces spécialistes, vous qui prétendez être l’auteur de cette complexe entourloupe ?

RZDI - Il faudrait savoir ! Ce texte est-il littéraire oui ou non ? Tel érudit enivré par le supposé parfum du grand poète se dégageant du "Rêve de Bismarck" se pâme, intarissable d’éloges quant aux hauteurs de ce texte, tel autre professeur de lettres juge sans intérêt ce "songe prussien" digne d’une rédaction de collégien.... Face à mes divulgations, Le Figaro a publié un démenti : réaction suspecte susceptible de fonder des opinions contraires, non ? C’est plutôt maladroit de la part d’un quotidien dit sérieux.

- On est en droit de penser qu’effectivement il y a là matière à polémiquer.

RZDI - J’ai monté ce vaste canular pour plusieurs raisons. Toutes ne sont pas avouables, je ne dévoilerai que l’essentiel. D’abord pour me moquer des snobs admirateurs du fameux Arthur. Mais surtout, et là mon dessein est très louable, pédagogique, afin de dénoncer la vraie imposture littéraire consistant non dans la fabrication de faux documents mais dans la sotte et béate admiration de certains textes indigents avalisés par leurs illustres signatures.

J’avais expliqué dans un article de justification à l’adresse de mes détracteurs -article d’une grande sincérité- comment je m’y étais pris pour mener à bien cette entreprise de falsification, prouvant que le temps avait été mon allié de choix, moi qui ne travaille pas.

Inutile de vous rappeler les maintes étrangetés et douteux hasards entourant les circonstances de la découverte du "Rêve de Bismarck"... Cela devrait suffire pour ébranler tout esprit critique. Or je constate, non sans amusement, que la crédulité est la chose la mieux partagée parmi ceux qui justement sont censés être dotés d’une solide carapace intellectuelle... Ce qui en dit long sur les errances de la psychologie humaine. Ne serait-ce que pour cette seule raison, l’imposture n’est pas vaine, bien au contraire. En tous points, je la qualifie d’édifiante.

- Pourtant les "preuves" que vous apportez sont minces. Rien de palpable jusqu’à maintenant.

RZDI - Précisément, entretenir le doute me permet de consolider les bases de l’imposture. Je cultive avec patience et sagesse mon triomphe futur. Lorsque les pro-Rimbaud seront bien enracinés dans leurs certitudes et que j’estimerai la poire mûre, bonne à être sacrifiée sur l’autel de la vérité, je déclencherai un grand tremblement de terre sur la planète littérature. J’ai le temps avec moi, je le répète. Le temps et la détermination. Le rire, c’est mon arme redoutable dans cette bataille. Le rire salvateur, celui qui accouche des cinglantes et nécessaires petites vérités intellectuelles et non le rire stérile qui humilie l’adversaire.

Je ne souhaite nullement léser mes ennemis lettrés dans leur amour-propre mais les élever à hauteur de la justesse de vue izarrienne.

- On pourrait appeler cela de la prétention, n’est-ce pas ?

RZDI - En effet. Mais il s’agit là de prétention izarrienne, précisons-le. La prétention chez moi n’est pas une mauvaise chose vous savez. Elle permet de remettre certaines pendules à l’heure. Si la prétention est le moteur de la vérité, je ne vois pas où est le problème.

- Quelle sera votre prochaine imposture littéraire, monsieur IZARRA ?

RZDI - Ecoutez, la plus belle imposture à vocation pédagogique consiste encore à laisser croire à ceux qui se pensent très malins le contraire de la vérité, à laisser tourner leur imagination quant à la réalité de mes desseins, par conséquent je vous laisse imaginer ce que vous voudrez bien imaginer selon votre capacité à concevoir des chimères ou des murs de granit, votre habileté à discerner le vrai de l’artifice.

Et ça aussi voyez-vous, c’est finalement très pédagogique.

- Une réponse en forme de non-réponse en somme. Du grand IZARRA ! Merci en tout cas d’avoir bien voulu répondre à mes questions. Après cette interview mémorable comment résister au plaisir -ou délicieux déplaisir- de lire vos prochaines "tartes et matraques" http://izarralune.blogspot.com sur votre blog ?

Complément d’information sur l’auteur

Rimbaud-Izarra, le scandale du vrai-faux texte ou l’histoire de fou d’un faussaire sarthois : http://fauxrimbaud.blogspot.com/


Re: Raphaël Zacharie de Izarra (Voir livre d'or)


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