Le crâne ancestral

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Poèmes

Charlie 

publié le 30 June 2009 15:19 de 90.33.182.[...]
   

Or



Or d’un temps qui recommence
Encore je rougis sous la stance
Or d’un temps gorgé de recors
Je fais ma mine des mauvais jours


Et je chemine hagard et décousu
Du champ à la mine avec ma plume
Et je chemine avec mon encre bleu marine
Sur le vieux chemin de la voie ferrée


Alors je cueille avec mes doigts blanchis
Par la farine de la boulange la fleur de lys
Alors je cueille sur le parvis de ce sentier
Un coteau pour mes yeux du bout de mes lèvres


Et je chantes un peu Charles Trenet et puis
Aussi Léo Ferré et un nouvel apocryphe
Tombe devant toi avec l’orage de grêle
Qui vient juste sous tes pieds loin dans le jour


Et enfin quand sonne de l’église lointaine
L’angélus ennuyeux des vingt ans de ta vie
Souffle une bise pacifique et drapée
D’une éternité cueillie sur le front de la jonquille






Le vent de Russie


Il venait de Russie
En sifflotant
Le vent enneigé
Il venait comme la pluie
Avec le temps
Endimanché
Une fois il sautillait
Quelquefois il marchait
Le vent de Russie
Il oubliait avec lui
D’emmener la Tchétchénie
Dans ses souliers rouges
Passés sur la glace
Ronde comme Moscou
Le vent de Russie
Avec son sac vidé
Porteur depuis les chaumes
De la chaleur du coin du feu
Le vent poli de Russie
Envoyait les voyageurs
De l’autre côté de l’Italie
De l’autre côté de la prairie
Le vent de Russie






Si la Corse était italienne



Si la Corse était italienne
Elle aurait des allures semi mondaines
Si la Corse était italienne
De la mer elle serait reine


Si la Corse n’était plus française
Si la Corse était anarchiste
Si la Corse allait aux fraises
Le Chat de France serait triste


Si la Corse chantait encore
Autre chose que les bombes
Autre chose que les records
Et autre chose que les tombes


Elle serait libre pour son peuple
Qui veut rester le français exilé
De la terre par la mer, doux peuple !
De la terre par la mer, étonné.





TU TE SOUVIENS



Au fond de tes yeux coule comme le Nil
Un océan vert et bleu au parfum de liberté
Une étoile au dessus de lui fait de son reflet une île
Et la chaleur qu’on y respire est comme un baiser


Au fond de ton cœur gisent les lumières de la parole
Et dans mes yeux les tiens sont comme deux goélands
Sensibles et dignes, balancées dans les jeux de nos écoles
Quand au petit jour la farandole fait son camp


Le chant de tes signaux retentit dans ma mémoire
Et l’aéroport de nos adieux passe à l’autre bord
Tous deux dans les tripes nous avons encore
La chaleur de ce soir
Où les cormorans dans leur vol nous adressèrent le message


Où es-tu allé après que nous fîmes nos mensonges
Devant la foule accaparée par les horaires
Où est tu arrivé après ce lointain songe
Depuis le ciel, dans nos allées, en souvenir de la guerre


J’étais resté sur la terre pour lui conter goutte à goutte
Cette nuit de misère dans la chambre du doute
Suppliant ton âme et invoquant ton corps en déroute
Pour que l’avion décollé fasse un saut en Méditerranée


Et qu’il pose sur les deux ballons loin des jets et des cyprès
Où je t’attendrais avec les roses et le thé noir
Le sel que j’allais mettre sur mon nombril un peu plus près
Du tien pour unir l’enfant de l’aube à nos histoires


Au petit jour tu me racontais dans ce langage
Indescriptible et éthéré, comme la promenade sous les grenadiers
Ce que nous faisions tous les deux en cet âge
Où un ange vint depuis la lune pour nous dire je m’assieds


Je ne sais plus ce qui naît dans mon ventre de ce jour là
Où tu as disparu de mes doigts pour atterrir sous mes cils
Je ne sais plus de nous deux lequel et au trépas
Ni comment ni pourquoi nous sommes perdus dans la ville


Poèmes

Charlie 

publié le 30 June 2009 19:13 de 90.33.182.[...]
   

Où une illusion renaît


C’est un temple
Où une illusion renaît
Un temple aux abords de ta ville
Unique, où chaque objet en ordre
Est déposé
Et à peine veux-je y fuir
Que j’y suis déjà
J’appelle cet art de garçonnière
Celui de te connaître
J’appelle cet art de la matière
Celui de t’aimer
En respirant le parfum d’une fleur
Que j’ai voulu cueillir en silence
En marchant
(Je t’apporte ce poème)
(Je t’apporte le mot je t’aime)
Assis sur l’escalier
Dans l’ombre de ton corps
Et bien je suis sourd et muet
Dans l’ombre oui d’accord
Je ne cesserai de t’aimer
Un verre vide à la main
Pour que tu y verses le vin


Et ivre au matin
Je courrai sur ton chemin



Ceux-là



C’est le seul arbre sur la banquise
Celui qui fait parler Prévert, celui qui fait sourire Brassens
Et cet arbre, au fond de ma remise
On lui ment, on le blesse, on le perce et le pince


Ils disent des mensonges, ils disent des sottises
Mais il est beau comme la romance
Ils le maltraitent ils le méprisent
Et me font dire, sous la torture, ce que je pense


Putain de tribunal d’empêcheurs de partir
Tu vois comme les censeurs viennent planter le poignard
À mon cœur fragile comme la banquise
C’est enchaîné que je décide, contre ces naziards d’église


Que cracher, quand mes tripes ont déjà été arrachées
Et que m’insupportent même les rires et les chants
Comment quand ils continuent leur vengeance, continuer d’exister
Ils se vengent de la close, ils se vengent d’un amant !


Un mot les énerve, un rire m’envoie au Bagne
Ils sont prêts au combat, quand je suis aux galères
Et même si je me bats, ils maintiennent les chaînes de castagne
Et gagnent d’avance, et m’envoient au cimetière



De la colline



De la colline descendait
Comme un cours d’eau inversé
Un bâton posé de biais
Et que la colline laissait dévaler


Il se frappait contre les pierres
En faisant son bruit de bois mort
Il tombait sans manquer d’air
Devant le chêne qui dort


Il tomba dans le ruisseau en bas
Et c’était jour de carnaval
Il tomba dans le ruisseau aux bras
Juntés par son tribunal


Lieu d’application des lois béni
En ce lieu modelé par la nuit
Endroit de douces folies
Pour les juristes accomplis


Il tomba avec perte et fracas
Sur la chaise du juge en bois
Il tomba pour apporter la nouvelle :
« Berger est mort comme un dieu éternel »


HUIT ANS AU PARADIS – CHANSON POUR LUCIE


Doré le ciel en septembre
Vais aller pendre le linge
En pensant que dans ma chambre
S’agitent bien ses méninges

Où sont les villes et les rêves
Ils sont tous allés vers elle
M’a laissé encore la trêve
D’être loin de ses querelles

Refrain :

Huit ans à te chercher jolie
Et à t'emporter au vent
Et même jusqu'en Italie
Sans te voir poursuivant



Moi j’ai vécu comme un ange
La nuit blanche dans ses bras
Et si je vois qu’on me dérange
J’éviterai l’heure du repas

Et je n’ai pas d’appétit
Pas question de m’en aller
Moi je préfère les frottis
De ses lèvres et ses baisers

Refrain :

Huit ans à te chercher jolie
Et à t'emporter au vent
Et même jusqu'en Italie
Sans te voir poursuivant



Et elle m’a dit si tu veux
Ensemble partons marcher
Je lui ai fait un aveu
« Je préfère te caresser »

Et parcourir ces monts rares
De tes seins blancs et la Seine
Qui coule dans ton regard
Et qui me disent je t’aime

Refrain :

Huit ans à te chercher jolie
Et à t'emporter au vent
Et même jusqu'en Italie
Sans te voir poursuivant



Oui huit ans au paradis
M'apercevoir après tout c'temps
Que les étoiles de cette vie
Venaient de ton sourire savant

Ma jolie je te promets
Toutes ces années à deux
Où nous cueillions les genêts
Nous ont rapproché des dieux

Refrain :

Huit ans à te chercher jolie
Et à t'emporter au vent
Et même jusqu'en Italie
Sans te voir poursuivant

Huit ans...

Huit ans...



La pie dans le jour


La pie sur son arbre perché chante
Le péril de sa contrée
Elle boit une goutte de menthe
Et reste immobile et exaltée

Elle bouge à peine sur la branche
Elle sautille dirait-on elle s’accommode
Et sous elle l’arbuste penche
Pour qu’aux moineaux elle siffle une ode

Elle est magique, reine des consciences
De la mienne et de celle, exaltée
De mon amour des sciences
Le darwinien poli dans la nuit tombée

Elle exulte un peu son chant des îles
Accoutumée aux reines mésanges
Et sur elle le matin vouvoyé file
Elle est commode, je vous parle d’un ange

Qui la nuit qui le jour qui comme la fée
Rêve pour les autres et les enchante
C’est le bleuet du soldat des armées
La gamine angevine sous l’orage sur la tente

Et sur elle coule, bleue comme l’orange
La glace sculptée de la nuit où il a gelé
Sur elle repose l’aride verve des granges
On l’appelle hirondelle, l’hiver, l’été

C’est une pie de l’âge, touchée par une hydre
Qui colporte comme le voyageur pigeon
Les fleurs rares cueillies sous la foudre
C’est une pie de voyage, sur le bassin d’Arcachon


Le poème aux quatre strophes

T’as les yeux comme un ruisseau
Et les mains comme du bon pain
T’as ma vie t’as mes marmots
Nés de l’alchimie d’un matin

T’as mes notes sur le piano
Et t’as mon nom sur ton manteau
T’as la vie de ces héros
Qui parlent avec ces mots

T’as mes cartes et mes je t’aime
Anarchistes et infinis
Une nuit devant la Seine
T’es cette étoile qui brille

T’as la vie pour les dessins
T’as les chants des baladins
T’as le temps de prendre un bain
Dans les yeux de nos destins


Notre Histoire


Notre histoire comme la vie des écrivains
Fait et refait son or chaque instant
Notre village comme la neige de mai
Garde dans ses entrailles un trésor

Nous sommes les deux frangins crépusculaires
Ôtés aux théâtres des rues marchandes
Nous sommes les deux savants d’un humour ravageur
Doués d’une raison insolite

Et sur nous coule cette pluie de septembre
Que les saints en tout genre laissent couler comme du fil
Posé sur la table et qui se laisse dérouler
Par quelque esprit ingénieux de la ville

Je te raconterai un jour dans un autre langage
Ce que le fruit de grenade en ce jour m’avait inspiré
Je te raconterai comment l’orage
En vouvoyant le cosmonaute avait uni les deux hommes

Et si tu veux je te dirai même si j’étais l’un des deux
Je te dirai même ce qu’était cet amour à deux
Je te dirai aussi l’or callianais de cet adage
Que m’inspira une contrée de folies illuminées

Mais ce que je ne te dirai pas c’est qu’il s’appelait Nicolas
Ce que je ne te dirai pas c’est le parfum de cet amour là
Ce que je ne te dirai jamais c’est combien je l’ai aimé
Et ce que je ne verrai jamais plus ce sont ses yeux d’amande

À moins qu’un jour il ne vienne en retour
De ces lettres que je n’ai cessé de lui écrire
À moins qu’un jour il vienne m’annoncer l’impossible amour
Qui put naître en lui en relisant l’une de mes blessures

À moins qu’un jour parce que les nuages lui apparaîtront
Les même depuis son jardin que depuis le mien
Il vienne avec ces quelques roses qu’on sait cueillir
Voler mes mains et mes poèmes sur les merles en gajure

À moins qu’il me dise en me méprisant du bout du nez
N’apporte rien et laisse moi poser mes lèvres
Au même endroit qu’où sont les tiennes et même aux commissures
À moins qu’il vienne pour me diriger du bout de l’Aisne



Poème crépusculaire avant l’aube


D’un jardin qui me parut défendu
J’ai gardé dans mon souvenir
Une perle rare
Comme si ce matin-là
Ou cette après-midi je ne sais plus
J’aurais préféré t’entendre rire
Ignorant ton reflet près de la marre
Et tout autour de ce petit paradis
Perdu
J’imagine encore la danse immobile
Et macabre
Des nénuphars malades
Je me souviens d’un missel
Ridicule
Et froid gorgé de secrets
Comme enraciné à tout jamais
Dans cet antre du mauvais goût
Empli de ternes vitraux
Effacés de ma mémoire
Je me souviens d’un musicien
Dépareillé
Comptant une à une les pièces
D’un autre temps
Et se souciant peu
Du ciel qui ne reviendrait
Jamais plus
Eclairer sous ses pas la terre éclatée
Et sous la voûte fêlée
Malheureux
Cesse d’espérer
Voir un jour encore
S’envoler ces âmes éthérées
Illusions de l’existence
Archanges du mal des rivières abruties


ON SOUFFLE



On souffle un peu quand sonne dans le vent
L’horloge blanche d’un rêve méditerranéen
On souffle un peu en voyant couler le sang
De cet été calfeutré sous la jupe d’une fille de rien

On souffle et on passe les pieds dans l’eau bleue
D’un ruisseau que les Beatles ont inventé naguère
On souffle et on laisse couler l’eau pour ceux
Qu’une pudeur angevine accueille comme l’éther

Et devant nous la forêt s’allonge en douceur
Quand passe avec son sac au dos malgré la chaleur
Celui que de tout temps on appela le promeneur
Quand passe avec son sac au dos le cueilleur

On le voit on l’observe et les malfaiteurs impudiques
Lui jettent le caillou qu’on appelle aussi la pierre
Et le dénigrent pour avoir fait tout le mal au cantique
Qui interdit la jolie et recommande la prise d’air



Vie

La guitare aux mains
Et le sucre dans l’café
P’tit déj’ sans faim
Préférer la cigarette

Griller une blonde
Et regarder le monde
Qui va, qui vient
Avec une fille dans les mains

Souffler les cendres
Chanter l’ami qu’entend
Qu’on a besoin de ça
Juste une fois, et puis beaucoup

Jouer jamais, s’aimer toujours
Pour un baiser d’ailleurs
Je ferais n’importe quoi
Vivement toi, vivement nous



Sur la place du village


Sur la place du village
Un oiseau dansait
Comme au bord du rivage
De la Méditerranée
Un oiseau dansait
En jouant du yo-yo
Avec la fierté de son âge
Il faisait le pitre
Pour jouer avec le vent
En apprenant à voler
Il gambada jusqu’à l’école
Et s’assit sur le pupitre
Pour citer un mot savant
À l’écolier agenouillé
Il était agenouillé parce qu’il avait envie
Et l’oiseau se mit à lui raconter
L’histoire de son village
Et les délices un peu sauvages
Des buissons de l’école de la lisière
L’enfant avec toute son intelligence
Écrivit à l’oiseau le récit
De son voyage en Provence
Et l’oiseau s’en alla picorer
En passant par la fenêtre
Et la nuit vint à tomber
Il n’y avait pas d’orage
Mais pourtant il pleuvait un peu
Et la pluie dégoulinait
Sur les vitraux de l’éclairage
Et comme l’oiseau était frileux
Et que la pluie dégoulinait
Il alla s’allonger sous la grange
À côté de l’école
Et l’enfant dormait
En songeant à l’adage
Qui dit aux dieux des haies
« Vous me paraissez bien sages »


Suspensions

Sous l’orage
Sans insuline
Je navigue
Adage

Le vent fripouille
Quand vient l’automne
S’agenouille
Je ne suis plus d’orage

Et je me pousse au sommeil
Givre vermeil
Les abeilles douces
Dansent

La chaleur est trop lourde
Et par sentiers je vais
Sous l’ode nostalgique
Qui me vient tyrannique








La tune et la manivelle
Devine
Fortune
Les bals manqués
Des guerres
Les blouses ventriloques
Sous la coupe cabossée
Des hôpitaux de mutilés

Désastres
Désastres














Plissures angevines
Dunes noires
Salies de charbon
Les visages
Tous à part et
Les délices de l’âge
En sceaux ronds


















Dans le vent noir qui s’engouffre
L’avenir est un souvenir
Plus rien ne se passe
Aspiré par le désespoir
L’air doux et suave
Amène un peu de vent
Et les caribous les goélands
Quand même le soleil
Et au loin, un petit point noir
S’approche de la terreur












À la pierre des Carpates
La gelure disposée
Coule sur le papier kraft
Dans le wagon dévolu posé

Éperdument il s’applique
L’ingénu à la rouge mine
Dans le vent dramatique
À l’heure où tout s’incline

Cela se saura demain
Son gribouillis maîtrisé
Affligé et incertain
Sa honte et ses yeux baissés
Sa main tendue pour la quête
Dans le train qui fissure
Un caillou dans la chaussure
Un autre sous la casquette









Balancés dans le chaos des rues
Sous la ville écrasée
Les martyrs écœurés incrédules
Aux dépouilles à demies ensevelies
Enveloppent de ternes étincelles
Le peuple sur les butes s’agenouillant
Et s’immiscent dans le matin grisonnant
Dans leur progression pourpre et sèche
Et les chenilles mécaniques en cadence
À chaque minute troublent le silence
De volutes cadenassées












Héritage harnaché
À dents de vautour
Abordage…

Le drakkar immobile
Échauffe son instinct
Grégaire attitude
Pour l’unique étriqué

Les fétides palabres
Sans étamine et bousillés
Crispent et sermonnent…

Les mélodies
Ocres et malhabiles
Dans le vent succinct
S’écrasent









Les pas empourprés dans les eaux sous-jacentes
Hagards
Effritent
L’Argentile minuscule
Rare embrasée
Qui éparpille ses rêves
Au sommeil de l’aube
Quand le dormeur
Présagé
À l’hérésie des sévices
Impitoyables
Par ses sermons
Affligeants
Et ses cris hystériques
Ouvre à dents de fauve
Les antiques cicatrices
Des marées assoupies
Sous les frigides étalages
De l’art primitif
Qui par saccades
Effeuille
L’air aride
Que suspectent les messies





Un couvent dans la ville
C’est diablement
Monotone
Le silence adipeux
En cette heure
C’est typique
Dans la mousse
Du décor
Les cartons coloriés
Simplement suspicieux
L’étreinte suspendue
À la minute














Nonchalance des instants
De glace
Un cri dans l’infinie et crépusculaire
Pagaie craquante se strie
Le souffle accru des flocons se brise
Juste le givre sous nos pupilles
Les gouttes qui giclent en apesanteur
La pluie et presque
Tout aux contours des horizons
Des illusions

















FIN




The rose speaks…


…In the train, she was giving me a big bear hug and my eyes were the hooligan his, my infinite love was the blue butterfly in the wind of change…

…I can’t explain but ever since speaks always me the moon of her and I’m traveling in her unlikely galaxy…

…(Where begins friendship again with my best friend in the darkness side is really important to me, but) I’m sailing love in her peace-loving dreams…

…But when another woman comes to me for having a swim in the fiery water of reality, I can’t refuse her body of change…

… And when she comes back to me and crosses the worlds of silence which divide us, I am able to live…



Sur leurs visages


Ils ont sur leurs visages
Des traits marqueurs du temps
Posés à fleur de l’âge
Par les ancêtres savants

Ils marchent en quête de pierres
Et tombent parfois sur le sable
Pour leurs ruisseaux d’hiver
Ils sèment bercés par les palabres

Ils ont l’œil aux aguets
Quand ils savent qu’on parle d’eux
Car leur art rituel est secret
Et le cristallin en leurs mains est au creux

Ils observent les derniers soleils
Ceux qui dans le ciel ressemblent à la lune
Et le vieil astre sur eux veille
Telle la primevère dans le jardin des callunes

Un lutin laboureur passe
Sur l’astre bleu et gris
Et c’est le vieux trésor qui l’agace
Qui lui cause tout le souci



Une idée


Se taire au crépuscule de la terre
Pour accueillir les fleurs des îles
Est une idée que j’emprunte à la guerre
Chez un facteur resté civil

Et qui donne encore son courrier
Et qui parle aux soldats allongés
Et qui trouve un collier
Dans l’allée désertique égarée

Et qui l’enfile dans sa poche
Et qui laisse les perles y dégouliner
Tenant pour la France fantoche
La clef du fond de la mine aliénée

C’est un collier de rose et de vert
Accaparé comme peintures austères
C’est un collier d’acajou et de pin
Qui va traverser la guerre

Et à l’automne quand tomberont
Les feuilles pour la forêt de sang
Un enfant fera tourner en rond
Les perles qui partiront vers le vent


Second tour des législatives martiennes : Yuhr Guglicloz Diarzh en pôle position

Qui l’eût cru ? Face à son adversaire redouté le très lymphatique Cormon del Pituptol Creihz , il semblerait que l’habitant du canton de Chkoum Ville et sénateur du Pristourzk Yuhr Guglicloz Diarzh obtienne la majorité aux législatives martiennes. Un grand danger pour l’avenir de la Terre, décidément en conflit avec Mars, selon Nicolas Sarkozy.

Pluton reste abject, Paris maigrit.


ARCHIVES

Charlie 

publié le 01 July 2009 11:40 de 90.33.182.[...]
   

A - R - C - H - I - V - E - S


Poème 1 :

UN ENFANT


Un enfant devenu ingénieur salue
À l’heure qui le bénit l’huile de la charrue
Car un adolescent en sommeil est resté bienveillant
Malgré les klaxonnes et les arguments

Et dans le vent et dans l’or advenu
Camisoles abouties de l’armée disparue
Se cachent renversées les croix noires et crochues
Qu’un pirate inversé voyait sur l’avenue

Demain, avancent les poètes vieillards des rues
On parlera d’un gamin qui d’accoutumée
Parlait aux anciens quand la fontaine tombait
Et ne disait rien de son dernier souhait

Il ira comme d’autres au Panthéon
Il marchera dans l’aube avec son pantalon
Évitant cette fois les bougies de vieille tante en savon
Atteignant sut les rives un amour de garçon

Et si de lui quand à ses deuils
Rarement il parle même dans les tourments
On dira à dieu pour qu’il l’accueille
C’est de ses haines qu’il vous parle et nos de ses écueils


Poème 2

UN OISEAU


Un oiseau danse sur la forêt minuscule
Un oiseau de l’allégeance, un oiseau sur le Gange
C’est l’oiseau de théâtre, sous la renoncule
C’est l’oiseau devant la cheminée d’un ange

Il glapit comme un étourneau preux et vil
Coléreux et austère, miraculé voleur
Il grossit du ventre aux tripes, tel une ville
Marchand de gibier, donneur d’aigreur

C’est un oiseau coûteux pour les viandards
Qui l’exigent tel un cadran devant sa gare
C’est un oiseau souhaité par celui
Qui a toujours su aimer la pluie

Il vole à peine et son chant phtisique
Que rien ne sait apprivoiser sonne
Dans un carnaval de rondeurs et de mimiques
Qui donne à la marchande de dire « je m’étonne »

C’est un oiseau terreux craché par les enfers
Insupportable même au creux des flammes
C’est un oiseau auparavant appelé Mystère
Mais qu’il faut bien plutôt appeler corps de l’âme

Poème 3

Terre Adélie



Terre souhaitée sur la frange du Temps
La terre adélie commence ses oboles
D’une fortune misogyne mise au ban
D’un jardin américain qui la frôle

Nous sommes au siècle disposé
Sur l’ère ravageuse à la guerre
Nous somme sur le siècle agencé
Par quelques pitres téméraires

Et pour nous même si approche l’été
Ne savent nous nourrir que les pétroles
Et les denrées de dégoût et les denrées peu drôles
De celles que nous a donné la saleté

Comment accepter un pareil dessein
Quand la drogue et la guerre font leur jeu malsain
Comment accepter que les écoles
Apportent un Napoléon qui fignole

Dans l’ombre de l’événement le trouble spirituel
Et qui, rhéteur faillible mais certain
Donne à ses enfants un parfum plus cruel
Que celui de l’ordre moral et celui de Rodin

Comment vouloir même être gouverné
Dans une guéguerre d’où l’on écarte les amoureurs
Comment se laisser accaparer
Par le cadran du temps et par celui des heures


Poème 4

Le chat gris de l’aube


Un arbre s’élève dans le ciel
Les oiseaux piquent le nez dans la corbeille
Un oiseau s’élève dans la corbeille
Et grimpe avec un papier froissé

Dans le bec le papier coule son encre
Une encre bleue comme les bassins du Vercors
C’est aux soldats qu’arrive la feuille grise
Quand passe Adam et quand un homme dort

Un mot s’écoule sur le papier blanchi
Et la machine d’imprimerie à l’ombre sonne
Dans l’école fermée d’un rêve aigris
Où chante le tibétain près de la nonne

Plus loin un monastère fait ses dernières prières
En pensant au promeneur qui s’en est allé
Peut-on nous photographier sans voir les chimères
Amarrées à nos vers et jetées sur l’allée

Peut-on croire à l’absence des corps
Peut-on être le cynique qui par Dieu vit
À l’ombre du protestantisme près du vieux mort
À l’ombre du prisme écarté de lui, et qui pousse le dernier cri

Peut-on adorer un pays et ignorer ce qu’il prie
Peut-on lire notre grand livre er arborer des dents de lynx
Quand sonne la vie l’athéisme nous pince
Et viole sur l’envie le Panthéon de nos folies

Une fille un enfant qui parlent des lettres de leur prénom
Interpellent sur l’océan atypique le fiévreux aviron
Où va-t-il que mange-t-il et où sont passées nos fleurs
Quand on s’adresse au sanscrit le poète on écœure


Poème 5

Le chat gris de l’aube


Un arbre s’élève dans le ciel
Les oiseaux piquent le nez dans la corbeille
Un oiseau s’élève dans la corbeille
Et grimpe avec un papier froissé

Dans le bec le papier coule son encre
Une encre bleue comme les bassins du Vercors
C’est aux soldats qu’arrive la feuille grise
Quand passe Adam et quand un homme dort

Un mot s’écoule sur le papier blanchi
Et la machine d’imprimerie à l’ombre sonne
Dans l’école fermée d’un rêve aigris
Où chante le tibétain près de la nonne

Plus loin un monastère fait ses dernières prières
En pensant au promeneur qui s’en est allé
Peut-on nous photographier sans voir les chimères
Amarrées à nos vers et jetées sur l’allée

Peut-on croire à l’absence des corps
Peut-on être le cynique qui par Dieu vit
À l’ombre du protestantisme près du vieux mort
À l’ombre du prisme écarté de lui, et qui pousse le dernier cri

Peut-on adorer un pays et ignorer ce qu’il prie
Peut-on lire notre grand livre er arborer des dents de lynx
Quand sonne la vie l’athéisme nous pince
Et viole sur l’envie le Panthéon de nos folies

Une fille un enfant qui parlent des lettres de leur prénom
Interpellent sur l’océan atypique le fiévreux aviron
Où va-t-il que mange-t-il et où sont passées nos fleurs
Quand on s’adresse au sanscrit le poète on écœure



Poème 6

La pêche à la ligne


La pêche à la ligne coule
Sur la vie des ruisseaux
Indigente
Indiscrète
Belle
Comme du lilas, comme la nuit
Comme des enfants cracheurs d’or
Une vie
Une étoile
Ton sourire dans un rêve
Ton rêve sur une berge de sable chaud
Tes chagrins dans la chambre bleue
Sous la fontaine fléchissante
Dans les allées du discours
Sous Paris biaisée
Dans le hêtre majestueux
Dans mes cheveux
Dans les tiens qui son blonds
Fraternité
Au pays de Galles
Terre d’alchimie et de fleurs roses
Sur moi
Toi
Une peau rouge et cristalline
La félicité des cobras
La fée muette entre nos mains
La vie
Les œuvres des magiciens
Ton sourire devant ma colère
Qui ressemble à du vin
Que j’écris à Desnos
Depuis mon jardin oulipo
Fatidique et royal
Ensemencé
Toi
Tout ce que je vois
La prairie bleue sous tes cils
Nous deux


Poème 7

La nuit
La nuit comme seule mémoire
Enfant dans la brume
Et dans la bruine
L’amour
Comme seule aurore
Et le vin bleu qui parcourt mes veines comme un ruisseau rejoint la mer


Poème 8

La mer l’été
Aux coucous gonflés de callunes
Les draps sur le fil
… dans l’horizon Neptune


Poème 9

La gnôle des urnes


Les terres du toit du monde
Font leur ronde de courtoisie
Dans les allées bleuies d’une fonderie
Avant que le verbe ne s’effondre

Les enfants jouent dans les jardins
Mais la guerre les guette de loin
Harnachée à de vieux yeux malsains
Et livides dans la nuit sans psaumes

Toujours vaillants et autistes des tribunaux
Les juges cruels jouent la marelle maléfique
Et pendus aux urnes des sceaux
Ils s’amusent à lapider par le fric

Dehors dans les cabanes noiraudes
De vieux pitres assassins s’inondent
Calfeutrés dans la stérilité de l’aube
Quand joue le clairon et quand un homme tombe


Poème 10

La fête vous entête
Ah ! Mais elle suscite, villageois damnés
Ma plus grande pitié
Voyez-vous, votre idylle de pacotille
Est née du Capital, icelui que vous semblez condamner
Et le nourrit
Ce sont de ces gens que je vous parle
Qui savent une chose faire
Boire ensemble et condamner, parce qu’un jour ils ont connu l’ivresse
Ceux qui, bien qu’assoiffés
Connaîtront encore
La joie de les renier et, ironie du sort
Le plaisir, dans un effort
De les jeter sous la satyre !


Poème 11

Il y a eu ce que la multitude exigeait
Avec ses forces persuasives sous la torture
Et puis la volonté de la douleur qu’on accepte dans la lutte
Ça m’avait donné envie de le dire
Alors quoi, une visite, rien du tout (presque rien)
Ailleurs où le souvenir était bon voire…
Enfin pour les détails faites confiance à la postérité
Troisième ou quatrième millénaire on aimera


Poème 12

Ils marchent
C’est dieu qui le dit
Ils vont si droit
Avec leur foutue loi
Ils marchent
Où qu’ils aillent et quoi qu’ils disent
Je leur hurle « pas sans moi ! »
Pas sans moi…
Et puis ce chemin me sépare d’eux
Je n’avais plus envie de les voir
De les entendre
Les humains de ce village et ceux
D’une autre ville
Qui braillent leur haine matin et soir
Les gens d’ici les gens d’ailleurs
(Surtout ceux d’ici)
Les humains de malheur quand ils vont tout droit
Et toi
Je ne sais pas pourquoi
Un sourire un regard
Ton parfum qui m’emmène
Si loin quand tes paroles me blessent
Allez l’humain nancéen
Tiens-moi par la main
Juste une fois
Tiens-moi un peu dans l’étreinte mortelle
Qui nous fera aller vers l’autre rive
Tous les deux
Tiens-moi par la main
S’il te plaît
Juste une fois un matin de givre et de brume
Avant l’arrivée du timide soleil blanc
Que je vois venir
Avec la peur aux os
Tiens-moi dans le sable chaud
En me caressant la joue avec une feuille de palme
S’il te plaît
Ton jardin
Et nos deux mains
Juste une fois
Juste toi et moi
Crie avec moi la vengeance de l’hiver martyrisé
Serre-moi plus fort avant que ne vienne la mort
Et le coup de grâce
Embrasse-moi
Je t’en supplie donne moi tes dix doigts
Caresse-moi un peu
Fais de nos deux vies cette fontaine qui coule des hauteurs d’un dessin d’enfant
Et ce tendre feu qui rosit avant la nuit du désaveu


Poème 13

Il y a des fleurs
Qui fleurissent dans les jardins
Les pluies et leur automne la faim de loin les Amériques
Il y a ton sourire qui me donne du vin et puis l’Afrique
Il y a ton cœur doux comme la mer et puis mes rêves
Il y a des anges dessus ma tête qui t’ont promise
Des alouettes dans le couloir et un chapeau qui vient des vies
Il y a ton nom dans tout mon cœur et ton parfum
Des cerises rouge comme ton nom sur un panier plein de soleil
Il y a la rage et puis les guerres il y ton nom le plus sublime
Il ya mon rêve il y nous deux dans l’herbe mûre
Il y a ta voix qui dit si haut nos rêves d’enfants
Il y a ta voix au combiné pendant la vie qui ne s’arrête jamais
Je t’aime pour l’or je t’aime tout court bon dieu que t’es belle
Souffle divin prouesses roses et puis des roses
Rouges comme ton nom qui me rend fou et qui se mêle
À l’océan et puis au ciel je t’embrasse à défaut du reste


Poème 14

Il serait le vin jamais bu
Il serait la découverte tant repoussée
Ce serait l’infortune d’aujourd’hui
Ce serait la malédiction, ce serait la fin de cet appétit
Ce serait le regret
De n’avoir pas su cacher
Le vin de ce jour…


Poème 15

Guerre et Paix

Ombres en ce jour les
Hommes les vautours
En images vagabondes
Hommes en ce jour
Aux ombres pudibondes
Soufflent sur le feu
De la haine soufflent
Sur la vie de l’éthylène
Raniment la haine
Raniment les os de ceux qui sont morts contre la lumière dans l’arène
BIRMANIE, TIBET, TCHÉCHÉNIE
Toujours les chaînes aux peuples libres
Qui tombent en nuées sur les démocraties fascisantes…
En lambeaux de glaces rouges du sang des assasiilis
Lambeaux d’ailes amoncelés au nom d'une idolâtre patente !


Poème 16

Enlevée à son pays
Enlevée aux aurores de Saturne
Elle s’est enfuie sur les cimes
Où vous ne la verrez jamais plus.


Poème 17

Elle souffle
Elle soupire
C’est la première cartouche
Pour autant de tirs
Elle souffle
Elle soupire
Mais dans le ciel lointain
La Palestine tiraillée échappe à son repentir
Elle souffle
Elle soupire
Elle ne rêve plus
Quand l’enfant palestinien l’observe
Le vent monte
Sur la montagne glaciale
Et l’hiver perdure aux mains du Mal
Elle souffle
Elle soupire
Et la Terre saccagée déserte l’école de l’Univers
Elle souffle
Elle soupire
Et j’étouffe
Sous le désarroi sans satyre
Sous le désarroi et la fatigue
Immortellement saccagé
Sans le chant des flamands roses


Poème 18

Elle pleurait
Silencieuse
Douleur d’une mère
Est-ce
De m’avoir vu partir
Mourir un peu
Vers l’océan et la mer
Elle pleurait en silence
Les larmes d’un cœur délaissé
Et j’ai entendu
Qu’elle pleurait
Mais me suis-je rendu ?


Poème 19

Elle avançait
On pouvait à peine distinguer
Une bague à son index
Et le soleil qui jusqu’à ses genoux inondait le chemin
À son front une blessure
Comme une longue fissure de noirceur
Endeuillait son visage des marques d’une guerre
Elle marchait
Dans sa main droite une fleur
Qui manquait d’eau et se courbait
Avec délicatesse, avec douceur
La petite fleur mourrait
Le soleil montait jusqu’à ses genoux mais la nuit
Grimpait jusqu’à son cou
Les feuilles de vignes sur le mur longeant la voie
Mimaient l’automne en tendant de leurs mains généreuses
L’ultime raisin de la saison
Et puis ce fut l’hiver, et les flocons ranimèrent les rayons du jour
En un parterre où le tumulte cosmique faisait se tutoyer
Les cristaux de neige pareils à des étoiles
Ce fut l’hiver où non loin dans un wagonnet abandonné aux voyageurs
Raisonnaient le tintement des flûtes et le sifflement des sarbacanes
Le petit téléphone sur la table de chevet dans le wagonnet pareil
À une caravane se mit à sonner, et la petite enfant déguisée
L’entendit et faillit l’apercevoir
Dehors, dans l’immense place déserte, la lumière blanche du grand lampadaire
Vacillait, laissant entendre les crépitements électriques
À la petite fille au dos courbé
Quand les lumières s’éteignirent dans le petit wagon
Le reflet du ciel sur la petite flaque d’eau se projeta sur ses carreaux
Et la petite fille qui depuis la saison passée
Observait et rêvait de cette vie qu’elle percevait comme spectatrice
S’endormit dans la paille séchée du cabanon près de l’eau
Au petit jour la pluie battait le pavé
Et la petite fille entortillée dans son abri
(ouvrit les yeux)


Poème 20

Elle…

Ce qu’elle fait sur l’autel, dépareillée
Des genoux aux coudes
Un hymne, qui l’ensorcèle, silence d’église
Dévastée
Ce qu’elle tient au bout des lèvres, la feuille
De quel arbre, de quel pays, de quel sentiment de nuit
Sur Pluton
Et sur sa planète lointaine
De quelle soupe froide, dîner aux chandelles,
Revient-elle
De quel salon sordide, on lui a volé son cheveu
Et elle prie, lourde du viol répété sur elle
Elle pleure quelque part sous sa poitrine
Mais le chagrin est dans la noirceur du regard, juste sous
L’iris
Le chagrin dans l’écume du dernier soir et la proximité
Des orteils puants d’une autre femme
Elle est la moitié d’un corps qui s’approche de l’eau
Elle est l’ombre
De glace
D’une éternité où les jonquilles poussent à vive allure
Elle est de glace, de fleurs, et d’ombres
Flétrie dans la religiosité en ruines
Elle est de glace de fleurs, colombe
Morte sous le bec du corbeau
Et morte même, dans le ventre du taureau


Poème 21

Eh l’hôte !
Où sont tes étoiles
Eh, l’hôte
Le jardin de monsieur quelque chose
Est nourri de tes semences !


Poème 22

Écritures


Des écritures dans la vie
La vie dans les écritures
Les villes des hommes pour les filles
L’écriture des filles dans la nature

Viens anémone sylvie croquer la pomme
De mes jardins juste fleuris
Je sais bien que c’est le président qui t’étonne
Je sais bien que sous ma cape tu ris

Apporte les fleurs de tous les jardins
Que tu parcours du soir au matin
Apporte les hydres de tes envies
Comme Apollon le pain et le vin des patries

Permets aux dieux de l’Olympe
De redonner leurs poèmes et leurs regards
Permets aux dieux et aux nymphes
D’égaler en mystères toutes les fleurs du Gard

Merci petite de reculer devant l’église
Où l’on attend les damnés de ton école
Que justement tu réparais en oui-dise
Tant la pitance des « péchés » est restée molle


Poème 23

Au jardin partisan sifflote ton sourire
Oui mais les enfants que nous fîmes s’élèvent
À tire d’aile et redoutent le pire
Tu as vu dans l’aube le parfum et la sève

Je te voudrais agent spéciale du paradis jadis
Où nous étions les étoiles de la piété carmélite
Devant les manants occupés aux jeux qu’immiscent
Les labeurs artistiques aux jeux de faillite

Je te voudrais la reine allemande du trésor indompté
Où les enfants pilleurs deviennent violeurs fiers
De leur crime sexuel aux fillettes de l’été
Qu’ils baisent marchandeurs et qu’ils font délétères

Je te voudrais reine de mes trésors musicaux
Et qui sait peut-être que par le joli « madame »
Je te nommerai de la falaise au plus haut
Diligenté par les fraudeurs tranchant par la lame

Je te veux magnifique comme le fut ton sourire
Enfant des orfèvres offerte au satyre
Du crime sexuel de ces crapahuteurs du pire
Sois donc cette femme indomptable et pareille au menhir

En hauteur jamais de cœur fus tu un jour de pierre
Impossible disent les anges qui dictent à mon cœur
Que ce jour est froideur pareil au cimetière
Mais que ton âme est couleur et notre rêve en hauteur

Je sais voir les souvenirs avec un talent de fraudeur
Mais pourtant à cette heure je voudrais revenir
Aux instants de délices près de tes seins à teneur
Garantie en calices près du rêve et la lyre

Voici le feu nourri depuis l’an de caprice
Un baiser m’eût suffit mais malchance gourmandise
Me fis prendre au brouillard et au vent ton hospice
Pour y trouver l’infirmière au cœur lourd comme pise


Poème 24

Dis
Qu’aurait été ce jour
Tous les trois
Ce jour sans toi, sans moi, sans nous
Dis
L’absence dans ma mémoire
De ce jour là me manque
Et j’en pleure comme ceux là
Qui ont tout perdu
De n’avoir pas vécu
Ce jour avec toi…


Poème 25

Ciel de printemps ciel d’été
Où je vois en cadence revenir
Les belles heures de mi-journée
Autrefois gravées en souvenir

Avec elles Lucie Hélène en plein amour
Et les étoiles comme fiancées
Et puis leurs lettres au goût du jour
Pour à tout jamais les aimer


Poème 26

Demande et réponse

C’est la fatigue qui gagne
D’une vie où tu as perdu la joie
La joie de la nuit
La joie de voir une étoile
S’immobiliser dans l’océan céleste
C’est la fatigue qui tombe
Quand on t’assène une vie
Que tu n’as jamais voulue
C’est ton seul avenir
Qui voit les rêves insalubres
Et les paroles éteintes
Faudra-t-il que je lutte à en mourir
Pour que tu cherches ailleurs
Une mélodie
Ou la costume d’une danse
Faudra-t-il que j’abandonne
L’espoir d’un un rayon de soleil
Faudra-t-il que tu m’ordonnes
D’aller vaquer à mes loisirs
Quand l’orage tonnera
Et quand il te fera languir
Quand son silence comme la massue
T’enverra au plume et te tuera
Faudra-t-il que je m’en aille
L’échec au cœur
Et le dégoût aux lèvres
Faudra-t-il que je lutte
Pour oublier que tu existe
Délestant la désespérance
Faudra-t-il que je m’écarte
Quand le couteau que sans cesse il aiguise
Arrivera sur ton corps
Faudra-t-il enfin que je renonce
À entendre l’appel assis d’une lyre
Quand il suffirait d’un voyage
À ton cœur en allé sans rage
Ne me laissant sur le rivage
Ni le radeau ni la patrie



Que m’est-il arrivé
Quel ange ou quel démon
A parcouru mon âme
Quel fureur de ne pas vivre
M’a fait jouer ce mélodrame
Quelle fleur sur la prairie
Ai-je donc abandonné pour la lie
Quel fut ce pire d’entre les pires
Qui me fit juste élire
Ton dernier regard et ton dernier sourire
Suis-je donc né que pour n’élire
De l’enfer ou du paradis toujours les flammes
Quand sonne dans l’église
Le parfum d’une femme


Poème 27

Demande et réponse

C’est la fatigue qui gagne
D’une vie où tu as perdu la joie
La joie de la nuit
La joie de voir une étoile
S’immobiliser dans l’océan céleste
C’est la fatigue qui tombe
Quand on t’assène une vie
Que tu n’as jamais voulue
C’est ton seul avenir
Qui voit les rêves insalubres
Et les paroles éteintes
Faudra-t-il que je lutte à en mourir
Pour que tu cherches ailleurs
Une mélodie
Ou la costume d’une danse
Faudra-t-il que j’abandonne
L’espoir d’un un rayon de soleil
Faudra-t-il que tu m’ordonnes
D’aller vaquer à mes loisirs
Quand l’orage tonnera
Et quand il te fera languir
Quand son silence comme la massue
T’enverra au plume et te tuera
Faudra-t-il que je m’en aille
L’échec au cœur
Et le dégoût aux lèvres
Faudra-t-il que je lutte
Pour oublier que tu existe
Délestant la désespérance
Faudra-t-il que je m’écarte
Quand le couteau que sans cesse il aiguise
Arrivera sur ton corps
Faudra-t-il enfin que je renonce
À entendre l’appel assis d’une lyre
Quand il suffirait d’un voyage
À ton cœur en allé sans rage
Ne me laissant sur le rivage
Ni le radeau ni la patrie



Que m’est-il arrivé
Quel ange ou quel démon
A parcouru mon âme
Quel fureur de ne pas vivre
M’a fait jouer ce mélodrame
Quelle fleur sur la prairie
Ai-je donc abandonné pour la lie
Quel fut ce pire d’entre les pires
Qui me fit juste élire
Ton dernier regard et ton dernier sourire
Suis-je donc né que pour n’élire
De l’enfer ou du paradis toujours les flammes
Quand sonne dans l’église
Le parfum d’une femme


Poème 28

Dans son lit

Une fleur
Qu’on met sur un oiseau chanteur
Et puis qu’on butine
Qu’on butine avec lui
Petite abeille
Abeille perchée sur la groseille
En dentelle
Petite rose
C’est toujours mieux qu’un bouquet de choses
Et puis qu’on arrose
Rester courtois avec lui
Avec celui qu’on élit
Et qui ne nous quittera pas
Pas même une nuit
Resté dans le lit
Dans le lit assoupli
L’élu et puis ses habits
Son costume de péripéties
Enlevé
Oté à son corps déjà muet
Tu le suis
Pas à pas et tu applaudis
À chacune de ses manies
Et lui siffle un petit « oui »
C’est vendredi
C’est vendredi ou bien j’oublie
Que tu es resté près de lui
Grisonné grisonnant et perdu
Dans ses folies
Et puis dans son lit
Muet comme un bouquet de roses
C’est la nuit .


Poème 29

Dans son lit

Une fleur
Qu’on met sur un oiseau chanteur
Et puis qu’on butine
Qu’on butine avec lui
Petite abeille
Abeille perchée sur la groseille
En dentelle
Petite rose
C’est toujours mieux qu’un bouquet de choses
Et puis qu’on arrose
Rester courtois avec lui
Avec celui qu’on élit
Et qui ne nous quittera pas
Pas même une nuit
Resté dans le lit
Dans le lit assoupli
L’élu et puis ses habits
Son costume de péripéties
Enlevé
Oté à son corps déjà muet
Tu le suis
Pas à pas et tu applaudis
À chacune de ses manies
Et lui siffle un petit « oui »
C’est vendredi
C’est vendredi ou bien j’oublie
Que tu es resté près de lui
Grisonné grisonnant et perdu
Dans ses folies
Et puis dans son lit
Muet comme un bouquet de roses
C’est la nuit .


Poème 30

Dans ces années


Dans ces années qui sont celles
Que le Temps a choisi de résoudre
Un mot m’arrive enduit de miel
Depuis le fusil avec un peu de foudre

L’accueil qui m’est réservé est forcené
Vois-tu nous sommes les astronautes
D’un gage qu’on te présentera effacé
Me disent les amis porteurs de menottes

Ils boivent un peu sans se saouler
Mais apprécient guère mon habit de guerrier
Ce soir où dans le bar je les ai trouvés
À demander depuis la table quel serait mon métier

Parce qu’un _________ peut-être plus que tout autre
A l’habitude d’________ avec un puissant dédain
Ceux que l’on nomme faiseurs de fautes
Il va sans dire, les travailleurs sur le déclin

Voyons un peu ce qu’à leur yeux est le verbe écrire
Voyons un peu de l’alcool ce qu’ils disent
Peut-être qu’eux savent boire tandis qu’il nous faut apprendre
À posséder ce qui au comptoir est donné comme mise !


Poème 31

CRYSALIDES



Les crysalides ont pour dompter leurs atouts sismiques
Qu’au-delà de la vie amarrée à l’école des désuétudes
Un vieil homme se complaît à amonceler à la bique
Comme un suzerain, seigneur parmi les griffes de l’habitude


Il s’imagine souvent dans le bistrot des princes célèbres
À conter les malheurs des gens de ses rues villageoises
Ceux qui manient la charrue parfois devant parfois derrière le zèbre
Quand les photographes parcourent de l’index l’Oise


Il joue comme les gars de son quartier au loto dans le cloître
Comme le curé apprend à ses enfants la vie des prophètes
Et devant lui chaque soir s’allume le feu de la cheminée à l’âtre
Hautaine et profonde, mélangée dans le miel de l’eau des maîtres


Il oublie que parfois dans l’histoire on mangea le pain d’une religion
Que les enfants devant les machines confondent avec une prison
Il omet dans sa vie de vieillard les verres bus à grande vitesse
Pour ne garder dans son cœur que la magie mélodieuse du verbe des laisses


Kazan est dans son cœur le prince chien parmi les grands garçons
Qui boit l’eau et le vin l’amour et l’eau fraîche, l’amour et les cieux
Kazan est l’homme Aladin que le génie blesse, que le génie délaisse en prison
Au milieu des fougères, parmi les eaux glacées par les vives, il est le dieu


Il rit quand il sème les fleurs mystiques du futur horizontal des saisons
Il sourit quand le labeur des paysans se laisse apercevoir comme un souvenir
Après tout dans son champ le vieux bonhomme cultivait aussi le son
Et de ses vieilles fleurs ont voit surtout la noirceur de l’avenir


Faut-il attendre le désespoir pour prononcer « on n’a cessé de vous le dire »
Faut-il la guerre faut-il un maréchal sur nos sentiers pour une oreille attentive
Faut-il reconnaître nos péchés d’enfance et mériter l’agonie et le pire
Messieurs dans tous les champs du monde fleurissent les plantes pour vous guérir

Alors quoi nous n’avons fait que cultiver les pommes et les pruneaux
Nous avons même donné à des savants notre fromage élaboré dans la tradition
Et avons été lynchés dans l’abattoir et confondus avec les veaux
Et ce pain que nous faisons maintenant nous ne saurions vous le donner avec passion


Poème 32

COMBAT

Souleymane chante
Au crépuscule craquant
Sous la nuit croquante
"Que le capitalisme
Capitalise
Que le socialisme
Socialise"
Et chuchotte
"Que le communisme
Soit"
Et rêve
"Que le boudhisme prosaïque
Electrise la fureur
Et coule en ruisseaux débordants
Sur Venise"
Souleymane ranime
Le feu de l’indienne
Vision nocturne et mystique
Souleymane savant
Auprès des anges
Et des ourses nombreuses
Souffle pour les étreindre
Les portes sataniques
De quelque esprit facétieux
Et comme le marin que la vague
Veut faire flancher
Ces mots
A peine réussis
L’encre fraîche aux aguets
De quelque main vandale
Combat le mépris, l'ignorance, le dédain
Et presque nue se réfugie
Au plus loin de la haine
Contre ces êtres d'orgueil et de vanité
D'assassins silences
Et de menaces imminentes
Qui disait, l’autre jour
Que la prophétie
Gagne tous les pays
Franchit murailles, montagnes
Barreaux, chaînes et fusils
Mais jamais ne convainc ni ne touche
L'habitant d'ici, la famille,
L'autochtone ?



Poème 33

Cohorte sur le Gange
D’une armée de Camargue
Veut trouver dans les eaux profondes
Celui que fait rejaillir la prose !


Poème 34

Cœur plein
Aux dieux la louange
Ceux de tes yeux
Ma vie, mon ange
Les étoiles du pacifique
Ont veillé la nuit
Les étoiles du pacifique
Nous ont promis l’été indien
Et l’automne entre tes mains
Lucie
Où faut-il que je trouve le fleuve
Qui unit nos rêves et t’élit comme unique
Source de ma vie ?


Poème 35

Clic
La clope est allumée
Pas de repos pour le primate
Clic
Le feu sur le tabac qui craque
Mais l’horloge blanchit comme le pain du boulanger


Poème 36

Clair de lune


Sous les alcools diluviens
Et la mélancolie manichéenne
Mercure s’en va et puis tu viens
Soutirer de ma vie la bave d’une chienne
Comme éclairé par Neptune
Je t’aime
Pas toi non celui qui m’écrit
« l’écrivain des petits mots »
C’est plus fort que moi
Sans en crever pour une fois
Je passe au plus doux de mes trépas
Mais il dure…
Je ne m’en vais pas
Et puis… ça se termine par…
Je ne sais plus
(c’est une langue que je ne connais pas)
(il me reste quelques secondes à vivre sans toi…)
Sur la charlotte d’une fête,
Je pose une framboise liquide
Pour aller respirer le lointain
Mais de toute la vie
La seule chose qui me reste à dire
C’est que je ne sais plus très bien
Alors la nuit s’en va
Et je glisse avec un inconnu sans perdre mes draps
Unique en mon genre mais
Magnanime en tous sens
J’arrête un peu
Pour pleurer
Et de nouveau
Pour te jeter du coin de l’œil une caresse outrageuse
Allez je suis amoureux,
Je reste près du feu, …
Bonne nuit : je rêve un peu avant le jour


Poème 37

Ciel de sang
Ciel rouge et puissant
Ciel de sang
Ciel de sang
Ciel trop puissant
Ciel de sang
Rouge et froid.


Poème 38

C’est bien
Et c’est bien
Que ce soit bien
Bien ainsi
C’est bien assis,
Qu’ « ainsi soit-il »
Me sied.


Poème 39

Belle, enfant par mille lunes
Reflétées sur les vallées
Belle, enfant de callunes
Au sommet du monde, aux fins de l’été


Poème 40

Ce qui fit déjà compter jusqu’à un
Le prieur resté calfeutré
Dans l’ombre courbée d’un encrier
N’était rien d’autre
Qu’une aiguille qui coule
Glisse
Et se pose doucement
Sur la poussière sous le cadran
Ce qui fit tomber l’encrier était vieux mais
Pas encore usé à peine
Ridé pour tout dire… délavé mais taché de
Soleil
Ce que la pluie ravivait
Dans le miroir des franges acérées
N’avait jamais connu l’allégresse
Et pourtant le temps lui est tombé
Dessus
Au printemps
Dans les bourgeons
De la présence de Dieu


Poème 41

Boules de cristal

Seront-elles moins bonnes
Ces années à défiler comme du fil
Avec une autre cloche qui sonne
Et le soleil d’une autre ville

Irons-nous encore près des étoiles
Respirer l’éternité de ceux qu’on a aimés
Et parcourir les seins sans voiles
De celles que l'art nous a donnés

Verrons-nous encore Neptune, Éole
Chanter la joie des voiliers arrivés
Au cœur discret d’une mélodie créole
Parmi les premiers à l’arrivée

Serons-nous hôtes des îles du Pacifique
Avec Robinson comme guide aventurier
Ou bien les habitants du sable d’Afrique
Savourant le vin béni de quelque sommelier

Irons-nous respirer l’aurore de feu
Où pousse la plante de nos délires
Celle qui fait remous tout près des cieux
Et qu’on sirote comme élixir

Serons-nous les savants piétons des terres sacrées
D’un continent rendu à ses gardiens
Dans la paix des rêves retrouvés
Qui nous reviennent en parchemin

Quelle sera la scène du spectacle à venir
La comédie ou bien la tyrannie
Saurons-nous sauver ce qu’on sait applaudir
Et qui mène l’amour à la folie

Français, Humain, ta liberté est-elle acquise
À l'heure du spectacle du mensonge
Français, Humain, vois-tu qu'on tyrannise
Ton cœur touché jusques aux songes

Français, Humains, aux armes, c'est le vol noir
De ceux qui voient, du haut du ciel
Venir le soir, le dernier soir
Des peuples libres, aux mains cruelles

De présidents, yeux au nombril
Assassins vêtus de blanc, vêtus de sang
Par leurs pouvoirs saigneurs, séniles
Terreurs d'Orient, et d'Occident

Héritier du 8 mai, laisseras-tu ta Nation
Gagner le rang des cannes blanches
Aveugles aux cris sous les canons
De tes enfants sous l'avalanche


FIN


Archives

Charlie 

publié le 02 July 2009 15:39 de 90.33.176.[...]
   

Tous ces poèmes sont des poèmes d'archives (les trois publications), contrairement au poème "AU NOM DE LA ROSE".


Re: Poèmes

Charlie 

publié le 02 July 2009 19:56 de 90.33.176.[...]
   

http://www.deezer.com/track/275065



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