Le crâne ancestral

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Croisière dans l'azur vertébré - poèmes

allantomtrau 
publié le 22 July 2007 15:32 de 88.137.40.[...]
   


Croisière dans l'azur vertébré



Terre inconnue


Revenir à l'assaut
guidé par les signaux d'un phare
le sourire des vagues mourantes contre la digue
la geste incessante
monotone...
A dessein d'ignorer cet appel de moi à moi
relayé par les mouettes rieuses
qui plngent dans les vents
moqueurs et arrogants
...Jusqu'à l'origine du désir


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Ravir le passage des jours inscrits dans le décrochement
l'infidélité de la mémoire...




Lisser la terre
sa cassure provoquée
conscience
quand bris et débris
parlent d'éboulement des corps
au rond-point plus justement
tendu certes
mais à l'alignement des profils

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Convulsives, les couleurs de l'été
couchent sur le bas-côté de la voie
l'inlassable répétition du mot encore
à l'hymne de la procession des peuples
et jusqu'à l'autel planté sous une pluie de cendres
il se glisse
ongle incarné du coeur


Couleurs sans fins
matins gris
fins d'hivers
libres choix
- aux fronts diamantés
les frêles cendres blondes

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D'être
au soleil et à la pierre
quand la plaine sculpte la main
et retranche au parfum
la mémoire annelée du cèdre

D'être
au rivage de l'éveil
ll printemps sur son corps
le temps réfléchi
le sourire de la pensée
sa fuite discrète

D'être
le fruit rare
l'habit d'été
la coulpe turquoise
l'éclat d'exquise
l'amour d'aimer

d'être
s'introduit au coeur de ces multiples visages
et chemine
la main discrète

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La nuit il honore la louve
le jour venu s'immole
aux cîmes des montagnes
Sa douleur, telle une hyenne
se repaît des entrailles du soleil
Du couchant au levant
la liberté en sa large poitrine
creuse son lit...

Comme le troupeau fuit dans la poussière
du maître à l'esclave
un seul voeu lancé au dessus du précipice de sa vie.
Car sans fin, l'amour vers l'avant se porte

Qui déroule sa traîne
sa langue avide
du fruit baigné
dans la liqueur des corps

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Et l'eau vagabonde
où leur amour exilé
comme le poisson dans leurs mains fiévreuses
fraie le coeur ardent
du feu couché dans les reflets de l'âme

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Le ventre creux
assoupi

Le ventre
les jambes, les poumons, le coeur,les bras
il était son nom dans le silence
étranger sur la page blanche
dans le sable, les roches
et la ville par les pieds chantants
jusqu'à la mer
la rumeur à laquelle il tourne le dos
l'aiguillon
la colère à sa pointe
l'eau, le ciel et la terre
juges
du soleil à nouveau

le coeur vissé à la nuit souveraine
le souvenir éternel
l'oval vrillé à l'infini

A l'écho sa justice
plutôt que raison donner
promesse serait le jeu
le souhait repris et dispersé
de ce qui est écrit de toujours

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A u festin de pierres
de chair et de sang
la voix des fleuves
accueille le rire
dans le calice de l'écoute

"A l'inavouable suspendre le reproche
et au mal, certainement une vertu..."

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En surplomb du fossé et du mur d'enceinte en pierre de taille
Une haie de sapins élève un écran contre lequel
les assauts du vent redoublent d'intensité
puis dévalent de l'autre côté
pour n'être ici qu'un brise agréable
...Sur ta peau, l'autorité domptée du plaisir

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Joie dilluvienne sur la fraîcheur du visage
éclat brut et franc de son extraction
jour après jour
des brèves incursions
pour qui parle ici de la faute originelle
d'avant cet autre étalé dans le linge blanc
l'insondable louange assassine...

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Ainsi
un rêve à coeur ouvert
par le glaive
la langue
la flamme
le mot
roule sur les peaux nues

le sang des crues
et la danse des os

Ainsi
nos yeux perdent leurs saisons

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Le grain de sa peau
aspiré par les langues
à l'humeur déhanchée, souple.
Du miroir, la source tarie
quand la mer, secrètement retirée
la chaleur du soleil se donne à boire.

Alors les jambes découvertes
l'épaule dénudée
les yeux soufflés
et la tête reposée
tranchent dans la mouvance de son sexe
la lumière de l'eau...

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S'envole au passage
et retourne sous le manteau de la terre

Tandis que le vol des oiseaux migrateurs
haut dans ce ciel
où mon regard se signe

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Fleur éclose sur la couture des villes
habillée du cortège des lumières
L'heure,
l'incrédule sanguine fouille l'empreinte fractionnée
de l'éternité du crîme...

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Car avec le temps
le flirt d'alcool
l'écho d'une toute première fois
la langue brûlée
sous les jupes relevées
quand la mémoire au ventre frappé
salive l'oeil
le son et la grimace des aphoris en Sol

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Le désir
délibérément solitude prolongée
étendu à la mer
aux flots
à la membrane
au son
à l'écrit
à l'érosion
délibérément
quand l'oeil bande le muscle

dans la sciure
l'encre de la pierre
la pluie battante
et puis le pied perdant
en quel mot
au loin
la prunelle blanche des voiles rauques
comme ces fleurs passées sur l'heure

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Sur l'émail des plages
à l'horizon de leur regard
ne se disant forcément pas
s'ils devaient ainsi rester ensemble
pour aucune autre raison
pour qu'une raison seule suffise
orpheline du mirage ordinaire
dispersé dans un lit de sable....

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Se rappelle-t-il?
Apparemment, non...
Quand dans la poche de sa veste
les doigts déchirent l'envers d'une explication

Embrasse-moi, caresse-moi...

A celle qui se réveille en vous
au rien d'écho sur cale sèche
la peau tendue, le sel sur la langue
- Dîtes-lui, surtout racontez-lui
ce mensonge qui goutte à goutte
a déveersé l'innocence de la mort dans mes veines

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Non pas le spectacle de la forêt
mais comment elle se dresse
obscurité et lumière de nous-mêmes
quand chaque couleur raconte, retend
le fil de l'horizon
et cherche au plus profond de soi
l'écho de son propre silence


Son corps en proie à...
tendu
soudain relaché
puis cet écart dans le sommeil...

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Tard elle me dit d'aller voir sur le chemin. J'avais peur, je ne voyais pas bien. Mais il ne bougeait déjà plus dans l'herbe mouillée.J'osais pas me baisser. Je l'ai appelé plusieurs fois. Tu sais, des heures durant, je suis resté là, sous le faisceau de lune, à contempler le sang qui coulait sur sa joue...
Le coup porté très en arrière
profondément dans sa chair
jusqu'à palper ses reins, ses intestins, son foie...

Entend-t-il encore
l'appel flairé du crachat d'argile
dans son vêtement d'eau
les semailles colorées
et l'audace fragile
des heures épanouies?
Répond-t-il encore
au hasard de l'aube
hésitant, chuchotant
si de ces mille blessures
tu n'achèves l'exemple de leur vie?

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Par cette insupportable chaleur
quand enfin l'orage crève son abcès
la main égrenne la transparence

Qu'il ne soit plus au passage
de menaces dont nous aurions à essuyer l'avant-propos
quand sur tes lèvres le langage des sous-entendus
marque le secret d'un sentimental discrédit

Une prière offerte au feu éternel
au magma incandescent


Enfouis sous l'amas des roches
Terres et sédiment
fondent l'humus des saisons de ta jeunesse

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L'encre des tilleuls sur la façade, poursuivre...
la quête du soleil brûlant
la ferveur
exclamative
Quand les ombres ici se défont de leurs noms?


Espérer une nuit noire
dispersée au matin dans un bruit d'eau
à l'apaisement attentif du caractère humide
rose du jour qui se lèce entre les lèvres...

------------------------------------------ fin----------



Re: Croisière dans l'azur vertébré - poèmes
Miro        
publié le 29 August 2007 16:18 de 81.50.211.[...]
 

L’aride, le serein
Le serein matin où dansent les ombres incandescentes de l’astre
Désastre des lieues sans poussière
Et commencement de l’aire électrique
(un marmot monte sur la falaise…)
Le serein, l’assassin matin d’ivresse,
Où les eaux du ciel dispersé dans l’étreinte tombent
En un crachin grisé sur la plume noire
Encore humide…
Sereine aussi, la vie du cactus sur la salive immobile
Des fauteuils de cuivre dans la minuscule ville
Commencement de l’été indien
Commencement de la fièvre qui construit l’automne
Feuille après feuille, entre ses reins
Matin de tendresse où la cible de la lumière
Gagne son salut dans le formol de la poussière
Matin où la lie trace son diadème de rouille
Sur les fissures de la Seine qui fait saigner son lit que souille
Pour ceux qui se rappellent des ondes salies par celles
Qui ne venaient ni de la Manche ni de l’hymen
Le matin de petits tourbillons dans l’humeur ternie
Ou le spectre de saisons joue d’Ouest en Arménie…