Le crâne ancestral

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Monsieur le sire

Jean 
publié le 30 August 2007 17:54 de 81.50.211.[...]
   

Monsieur le sire


Ton foret foule à pas de sentinelle
Le rayon d’une folie
Et le sang qui se mêle
À la fougue ennemie


Tu te souviens de l’encre tapie
Sur les planches de mon cabanon
Tu te souviens sans pâlir
De la lame qui trancha le prénom


Tu te souviens assassin
Don mon disque brisé
Par tes bras canardeurs
Parce qu’il fêtait les roses


Et tu souris nostalgique
À radio Paris quand sonnent depuis Londres
Les sanglots longs des violons de l’automne
Tu connais la suite et disposes


Des débris jonchent ce parterre martyrisé
Sous les pierres et les ronces amoncelées
Les palombes
Blessées par ton œil au berceau mortifère


Dansent sans leurs tripes
Et s’estompent -
Au jardin de tulipes on déterre la colombe


Et quand les caveaux dans ton cimetière
Recomptés au nombre
De tes coups et tes colères
Adressées à mon ombre
S’ouvrent


Le petit jour te réveille
Et d’un pas va-t-en guerre il te tire
Au chevet des oiseaux rouges
Et des ébats de satyre


Et au chevet des militaires
Des défilés et des fanfares
Au chevet des passereaux qui t’emmènent
Au matin testamentaire haïr


Olympe de Gouges
Et les révolutionnaires
Pourvu qu’ils soient noirs
Ou pareils à Lucifer


Pourvu que leur nom
À tes yeux soient moins clairs
Que celui de Marianne
Ou bien celui du téméraire


N’est-ce pas que ceux-ci
Dans ton cœur en leur ère
Sont logés sans un souci
Pareils aux moines des monastères


Faut-il ainsi, enfant de l’an cinquante
Que tu connaisses nos couleurs
Et la musique de nos bacchantes
Faut-il ainsi, mauvais penseur


Que nos aïeux quand tu t’absentes
Te laissent aller, pourfendeur d’air
Gonflé d’orgueil
Chanter la guerre


Faut-il ainsi, monsieur le sire
Te laisser dire aux indulgentes
Qu’à tout prendre il vaut mieux choisir
Plutôt qu’au ciel, « l’éternelle rente » -


Et plutôt qu’aux lyres
La guillotine
Faut-il te dire, monsieur le sire
D’y aller périr, puisqu’elle te tente