Notre époque est-elle encore capable de scander des chants épiques ? C'est la question que je me posai en juillet 2000, aux abords des fastes de notre belle fête nationale. Tout d'abord, qu'est-ce qu'une épopée ? C'est une vaste composition, pleine de bruits et de fureurs, narrant les déboires de dieux, de monstres et de héros...
Mais notre époque a-t-elle encore des dieux olympiens ? Plus vraiment de dieux à la hauteur, pourrait-on croire... Erreur, erreur, car les dieux se reconnaissent à une chose : il ne faut pas les défier ni s'égaler à eux (hubris), or il existe de nos jours des personnes morales qui répondent à cette définition : ce sont les Marques Déposées [tm].
D'où me vint cette idée de composer une épopée capitalistique, mettant en scène des marques telles que Coca-Cola ou MacDonald's. L'élément déclencheur fut une manchette de journal que je lus par-dessus l'épaule d'un quidam dans le métro : "Rachat de Ricard à Orangina par Coca-Cola". Cela ressemblait trop à une intrigue des dieux de l'Olympe : Héphaïstos ficelle Aphrodite avec Arès ! Coca-Cola pique Ricard à Orangina !
Bien entendu, mon objectif était d'attirer sur moi la foudre de ces nouvelles divinités post-modernes, dont j'espérais bien montrer tout le creux. Hélas, trois fois hélas, mon oeuvre passa inaperçu, et j'en suis aujourd'hui réduit à l'autopublier sur le Web sans que personne connaisse son existence.
Voici donc deux URL où vous pourrez trouvez "la ballade d'Orangina" :
- ici, http://bluemoon.tuxfamily.org/LaBalladeDOranginaChantPremier.html (version historiée, avec des petits hiéroglyphes)
- et ici : http://bluemoon.anoptique.net/compilee/BalladeDOrangina.html (version sans hiéroglyphes)
Nicolas Montessuit, dit ``Escape''