Le crâne ancestral

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Poésie Vivante

Romain 
publié le 22 February 2010 16:28 de 90.56.210.[...]
   

Depuis ici…

De verre en verre, emporté par la musique
Je viens au bord de l’ivresse, the blue bird fly
De verre en verre, ces moments féériques
M’emmènent loin, vers la mer, vaille que vaille

Greame Allwright, Georges Brassens, Serge
Gainsbourg : il faut que je m’en aille, voir Jeanne
Qui chante la Javanaise, sur les berges
Tenant, pour rester debout, tranquille, sa canne

De vers en vers, Baudelaire, que chantait Ferré
Me mène, dans un autre siècle, voir l’Albatros
Sur les flots, ce drôle d’oiseau, se met à voler
De vers en vers, Paul Eluard, Robert Desnos

Qui jouent des rimes, qui bercent la littérature
En un somptueux berceau, fait de lin et d’or
Et autrefois, mesdames messieurs, aussi Arthur
Rimbaud son nom, pour un jeu, l’amour, les corps

Pleynet, assis en terrasse, la poésie au cœur,
La poésie à l’âme, le reste ailleurs, et puis Prévert
Comme un grand-père, poète, musicien, fumeur
De bière en bière, madame, de vers en verre,

Monsieur. Et le temps passe, les poètes meurent
Les poètes vivent, des bleus à l’âme, souvent,
Et puis les larmes, et des blessures, des cendres au cœur
Les proses écrites s’apaisent, en demeure, ou volent au vent

Sète, pour un seul, pour d’autres : le père-Lachaise
L’un près des vagues, les autres au cimetière de la célébrité
Pour Morrison un poème, une rose, visiteurs à l’aise
Viennent au passage, gentiment, s’asseoir, Prier

L’Angleterre, a ses idoles, ses contes, Poe (et Wilde)
Traduit naguère, belle réussite, par un français, poète aussi
Et des chanteurs, les Rolling Stones, mythiques, to my mind
Pour une carrière, pour la musique, et la chanson, c’est réussi

Des mélodies, pacifiques, poétiques, révolutionnaires
Qui m’emportent, de temps en temps, ici, au zinc
Sous un ciel chaud, un printemps rose, et même l’hiver
Boire un seule vers, ou pire encore, quatre, ou même cinq

Et passent les jours, les semaines les mois les années
Musiques et poèmes, qui remplissent la mémoire
Et passent les saisons, printemps hiver automne été
La poésie, la chanson et la musique, à voir, à boire et à savoir.



Près du printemps

Il y a des cailloux entre les clapiers immobiles
Et je respire les mimosas de ce pays tranquille
Il y a des oliviers sur les vastes restanques
Et là-bas Lucie, Elsa et d’autres me manquent

Je suis assis à boire de l’eau dans mon pastis
Un seul nuage blanc et long dans le paysage glisse
C’est février au paradis des bougainvilliers
Quand pour un peu on se croirait en plein été

C’est le printemps qui vient paisiblement
Faire rêver de princesses quelques amants
Il est presque midi dans le midi musicien
Je gratte un peu à ma guitare je suis si loin

En bas au village quelques touristes déjà
Visitent curieux les lieux et passent çà et là
En bas au village s’érige un unique platane
Et de lui c’est un peu de Provence qui s’émane

A cette époque pourtant les chanteuses cigales
N’ont pour de vrai que le silence qui les égale
Elles chanteront ensemble un peu plus tard
A la saison chaude pour l’arrivée et le départ

Je suis à Callian en février mémoire d’une année
Passée. Je suis attablé près de la Méditerranée
A siroter l’or du temps au pays qui lui ressemble
A siroter ses yeux et ses sourires du moins il me semble :)



Souvenirs

Quelques uns portent une clé autour du cou
D’autres crient en fracassant les portes
Dans cette prison où l’on enferme les « fous »
Certains parce qu’ils sont plus sages sortent

Des noyers parsèment ces jardins gris
Arbres de la folie là où l’on veut la soigner
Et alors là-bas quand tombe la pluie
On se sent triste et un peu trop isolé

Dans nos cœurs la Liberté raisonne
Comme un espoir si durement assouvi
Et les infirmiers parfois nous assomment
D’un regard qui n’est cependant pas du mépris

Des cris et des silences parfois trop lourds
Que la solitude fait souvent croissants
Associent là en un même carrefour
Des âmes perdues dans un étrange vent

L’on prend pitié pour plus malheureux encore
Mais je me rappelle aussi à cet instant
Simplement si je dois en faire l’effort
Que parfois l’on y pense un peu aux camps

Les cours intérieures ont un grillage élevé
Qui au sommet se trouve plié comme là-bas
Il est vrai qu’il n’est pas électrifié
Mais sa présence fait penser à ce lointain trépas

Où les hommes pour une miette de pain
Se seraient battus ou écorchés vifs
Parce qu’ils n’avaient plus rien d’humain
Transformés en des animaux chétifs

Les séjours là-bas parce qu’ils sont longs
Mettent froidement à mal la dignité
De ceux qui y souffrent et y sont
Sans trop savoir pourquoi la vie les y a menés

Le cœur se sent comme dans une cage
Dont aucune humanité quand il le souhaite
Ne l’aide à faire sortir de sa rage
« C’est pire que la taule » disait assez honnête

Un homme de passage au pavillon Rousseau
Je n’en disais rien sans doute par respect
Pour ceux qui comme à l’échafaud
Se voient emprisonnés cloîtrés barricadés

J’entends encore le vent souffler entre les murs
Je vois encore la grisaille de ces bâtiments
Où décidément survivre est trop dur
Quand c’est la Liberté qu’on aime vraiment

Après cela les petites folies se font rares
L’on craint un peu les psys figure de représailles
Venus pour manier de leur froid savoir
Si c’en est un venus faire leur travail

Chacun plus encore que les hommes libres
Se trouve souvent le regard vers plus loin
Et alors quand on nous y prête un livre
Il est comme une un trésor entre les mains

L’asile qu’on y demande est alors différent
On cherche ailleurs notre salut
On essaie jadis autrefois avant
Cela dit depuis là je dois dire qu’il a plu

Que l’eau a coulé sous mes ponts de bois
Que l’eau à coulé sous mes ponts de pierre
Qu’ils sont allés ailleurs le courroux et l’effroi
Et que la vigne a peu à peu remplacée le lierre…



ITALIE

S’il m’était donné de conter l’Italie d’un voyage
J’en parlerais comme de la cité d’une vie entière
Où les chants parfument les doux ramages
D’une âme accompagnée qui s’y aventurait hier

Oh l’Italie c’est le temps d’un étrange fromage
Que nous faisions pour l’apporter tous les trois
Jusque dans la vallée dans un petit village
Où mieux qu’en Provence l’on boit et l’on festoie

Le soleil là-bas quand il s’éteint sur les capucines
Semble rendre au lilas le parfum d’une lointaine époque
Où les senteurs de roses que je vois qu’on imagine
S’envolaient par la mer comme l’encens d’un petit stock

Je voulais en marchant là-bas jusqu’aux hauteurs
D’une colline désertée voir Eole origine du vent
S’amuser en soufflant à étreindre les lueurs
Comme une artiste lors d’un voyage auparavant

Et comme nous étions réunis sous l’auspice de Krishna
Je rencontrai émerveillé ces mondes couverts de bleu
Et le jour tous les deux plutôt que de s’unir dans les draps
Nous faisions l’amour en rêvant dans les prairies du lieu

Magique par moments et quelque peu propice
Passait entre nous la fumée d’un chanvre léger
Qui dans l’esprit fait comme un ruisseau et puis glisse
A la manière des cerfs-volants dans un ciel d’été

Au quinze août alors que le soleil brillait pour nous
L’Italie des autochtones en chantant Bella Ciao
Est venue me rappeler en m’éloignant du courroux
Que cette terre était celle des partisans et non des toreros

Quand je quittai le pays si chaud de nombreux chants
Je passai par les vignes où m’attendait leur vigneron
Et emportai comme pour semer dans mon cœur en partant
Le sucre et le soleil de ces grains nobles et ronds

Alors parfois dans ma montagne quand l’avenir est à choisir
Et que je pense à l’hospitalité de cette terre chaleureuse
Je me dis que c’est une cité du sud que je vais choisir
Où le temps est plus long et les amours heureuses

Et où dorment les mômes quand s’invitent les étoiles
A veiller majestueusement sur les cœurs confondus
Quand les corps se confondent et les âmes se dévoilent
Avec les jolies filles qui dansent et n’ont rien d’ingénu

Oh l’Italie s’il m’était donné d’en conter l’histoire
Je parlerais des vignes et des musiques incroyables
Qui nous emportaient dans l’ivresse quand venait le soir
Et nous menaient en rêvant sur les plages de sable

Voyez-vous ma mémoire a encore dans ses tiroirs profonds
Ces soirées au son de la guitare où le vin nous était servi
Par les yeux enflammés de gens pauvres mais bons
Qui pour ma maladresse ont plaisanté et souri

Et si je dois oh clémence d’un avenir lointain
Revenir près de ces gens qui m’avaient accueilli
Alors avec moi j’aurai pris entre mes mains
De me souvenir que l’origine du voyage est bien ici.



Le Printemps arrive

Les dernières neiges annoncent les premières chimères
Et le soleil appelle déjà les crocus du printemps
D’ores et déjà on peut dire qu’est presque passé l’hiver
Et le printemps va venir nous enchanter magiquement

Les elfes des bois commencent à chanter et à rire
Et le soleil fait son retour pour des journées plus longues
Avec lui viennent de neuves histoires que nous allons lire
Et les chemins à venir ont une aura plus oblongue

L’affiche rouge aura été ma musique de cette fin de saison
Que Renan Luce et Thiéfaine ont faite moins ennuyeuse
C’est drôle comme sous la pluie la musique ouvre des horizons
Et rend les heures qui passent lourdement moins marécageuses

En tout cas la poésie aura été présente durant ces longues semaines
J’aurai lu Louis Aragon et René Char, Robert Desnos et Paul Éluard
Me préservant dans leurs vers de l’arrivée de la moindre haine
A moins qu’envers quelques politiciens j’aie eu quelques égards

Comme Baudelaire me parlait de l’ennui je m’ennuyais effectivement
Laissant derrière moi en passant la saison froide et le gel
Le si malveillant que l’on soit riche ou pauvre le cynique argent :
J’ai compris les méandres où mène cette non denrée cruelle

Et alors que la poésie m’apparaît parfois beaucoup trop douce
Je cherche les mots pour dire des choses un peu moins fades
Car à force de rimes croisées et embrassées je vois bien que je courrouce
Et parfois l’ardeur où devrait être ma jeunesse me laisse un peu en rade

Pour un retour sur prose, si je dois me rappeler des thèmes,
Il y eut Elsa, dont j’inventais le prénom, et aussi le Tibet et la guerre
De la guerre en tout cas j’aurais aimé à jamais faire l’anathème
Et d’Elsa si je le pouvais auquel on enlève le voile un féminin mystère

J’ai parlé de la neige, j’ai parlé d’un moulin et des philosophes
Sans savoir si cet Univers était tout à fait contemporain
Dans mes mots naissaient des tirets, des virgules et des apostrophes
Avec une langue dont les origines se trouvent dans le grec ou le latin

Alors, cherchant quelque part alentour la divine inspiration
Je vois mes doigts frapper les touches de ce drôle de clavier noir
Me demandant à venir quelle pourra bien être la prochaine passion
Après la voile et la mer, le ciel et les étoiles, et puis les histoires

Je vous laisse à la méditation lyrique d’un ciel bouddhiste ou païen
Que peut vous inspirer la lecture de mes papiers offerts
Et à la rêverie continentale d’un ciel invariablement marin
Que ne visitent à coup sûr ni les curés ni les militaires

Et comme se lève en moi la perspective d’un voyage chamanique
Que l’Auvergne en avril aura peut-être la bonté de m’offrir
Je laisse en moi voguer à leur guise de lointaines musiques
Que le Temps quelle que soit sont allure jamais ne laissera périr…



La nuit passante

J’ai parfois rêvé d’un monde étrange
Où les hommes, le soir venu
Sont pareils à des astres, pareils à des anges
Et où les femmes festoient à demi nues

Lorsque je m’abandonnai à ces rêveries
Cupidon, que rien ne dérange
Avait des âmes qui le rhabillent
Dans les instants que parsemait l’étrange

Je voyais mille lumières dans l’horizon
Et chantais parfois aux coups de l’horloge
Un chant qui n’était ni funèbre ni oraison
Comme venait à mes pieds le moindre éloge

Dans une minute, qui passait silencieuse
Avec un ton monotone, comme apaisée
Je voyais ma muse, à peine capricieuse
Se laisser un instant, curieuse, embrasser

Alors les musiques douces et orientales
Comme un klaxon venu de l’est
Poussaient des chansons estivales
De Paris en Province, de Nice jusqu’à Brest

Alors, un peu timide et quelque peu perdu
Je soufflais sur le feu d’une bougie allumée
Me laissant dans l’ombre voir l’ingénue
Qui en entrant s’était laissée désarmer

Un jour, quand la fête fut finie
Et que les tambours battants, enfin estompés
S’étaient éteints endiablés, au milieu de la nuit
Je fus comme satisfait, enfin soulagé

Les lumières s’étaient éteintes
Et je restai alors, au milieu des coussins
Savourant l’ultime verre d’absinthe
Avec, et c’est peu dire, un regret dans les mains

Ma mie n’était venue, par miracle ou par magie
Danser avec moi, du crépuscule à l’aurore
Pour partager ensemble, amoureux, la féérie
Que pourtant depuis toujours, je présageai qu’elle adore

Ivre, heureux, solitaire, je quittai le lieu
Tenant mon allure, dans de funestes rues
Laissant sur moi, impatient, veiller les cieux
D’une déesse indolente, ni triste, ni déçue

Et alors que je regagnai ma demeure
Un ange est venu, près de ma portière
M’annoncer que pour l’heure
Seules étaient bienvenues, pour dormir, les prières.



Maquis

La lavandière connaît le soleil violet
Qu’un peintre peignait non loin de la Chine
Et c’est le seul que je connaissais

Sur les hauteurs de l’adret culminent
D’anciens maquis rendus aux terres arides
Mais leurs statues font fière mine

L’époque n’a pas pris une ride
Quand on la voit depuis Callian
L’un des pays d’un certain André Gide

Je sais que l’un d’eux en mourant
A fait des aveux à l’un de ses compagnons
Et puis il a continué de verser son sang

Ils étaient si loin des habitations
Occupées par des soldats dangereux
Qu’il est mort au combat sans oraison

C’était m’a-t-on dit le plus ingénieux
On perdait alors un atout important
Mais pour le reste ils sont restés silencieux

Qui l’avait tué c’était sûrement Satan
Le sol sec là-bas parle encore des fusils
Où les maquisards ne marchaient pas en rang

Et une fleur a poussé au lieu-dit
Où le résistant donna sa dernière respiration
Un dimanche et non un samedi



Printemps

Au génie des saisons
S’ajoute le printemps
Venu rendre la vie.

Au bord de l’horizon
Les oiseaux ont le temps
Et puis ils crient.

Les bourgeons se lient
Au soleil levant
Dans une parfaite communion.

Et le vent s’écrie
A chacun des instants
Qu’il a perdu sa raison.

Ensemble nous marchons
Fiers animistes
Sous les arbres blancs.

Les flocons à foison
De fleurs quittant la piste
S’envolent en riant.

Printemps rajeunit le sang
Et porte comme cadeau
D’adoucir les mœurs.

Alors vient le moment
De passer près du berceau
Et d’embrasser une fleur.

Elle était bien à l’heure
Dans ma vie comme une mésange
Elle a levé le voile.

Sous un parapluie de toile
Nous esquivons les aveux
Qui appelleraient l’orage.

Et plus tard sous les étoiles
Alors que nous sommes deux
Nous vivons une nouvelle page.

La saison est bien sage
Nous le sommes un peu moins
Quand les corps sont nus.

C’est l’histoire d’un roi mage
Et d’une amie des dauphins
Qui se sont reconnus.

A jamais je la croyais perdue
Mais elle m’a surpris un jour
A ne penser qu’à elle.

Son sourire est revenu
Comme pour me parler d’amour
C’est vraiment la plus belle.

Et j’ai goûté loin d’elle
A la cerise de ses joues
Et au satin de son cœur.

Jolie princesse éternelle
J’invente un peu ton retour
Pour ne plus que mes yeux pleurent.

Dans mes yeux une lueur
Trouver ton prénom et trouver ton adresse
Et deviner ton métier.

Mieux encore qu’un tailleur
Tu portais un jean et une veste
Je ne me souviens plus des souliers.

Si vraiment nous sommes liés
Cupidon doit le savoir
Mais où trouver ce drôle d’oiseau ?

Quand enfin je m’assieds
Près d’un joli lavoir
C’est pour un peu de repos.

Car au fond rien n’est plus beau
Que de te savoir vivante
Sous une fontaine de baisers.

Et d’imaginer dans la foule
Une complice aux ailes d’ange
Que connaissent les comètes.



Le Moulin de la Rue

Là-bas, par un sentier du village
Se trouve, au bord de la rivière
Un moulin qui sur cette page
Va retrouver son activité de naguère…

Comme je passais à travers champs
L’été venu, colporter mes poèmes
Je fus attiré par un chant
Qui venait de ce lieu même

Ce chant, qui aujourd’hui encore
Berce mon cœur, me fait l’architecte
Au futur, de maints et maints efforts
Pour qu’à nouveau l’on détecte

Entre ces pierres d’un vieil âge
Un moulin qui tourne, emporté par l’eau
De l’Argentile, rivière aux ramages
Et qui fait rêver les marmots

Près de lui, un étang, une cascade,
Une passerelle, et puis une deuxième
C’est le lieu rêvé pour une fable
Qui parlerait d’une meunière que j’aime

C’est un peu, comme dans nombre de hameaux
L’endroit béni dont on rêve parfois
Pour son histoire, qui a quelque chose de si beau
Qu’on y réinvente notre foi et nos lois

Imaginez, braves gens de passage
Que vous y puissiez, un jour d’été
Quand brille le soleil ou que tonne l’orage
Trouver ombre ou abri, bien accompagnés

Dans ce lieu béni de Sainte-Hélène où j’imagine,
Dans quelques années, chemin faisant
Que l’on fabriquerait à nouveau de la farine,
Dans la tradition, avec les blés des champs

Mon espoir, quand j’y passe ou quand j’y pense
C’est que cette poudre blanche, dont on fait le pain
Soit certifiée biologique, en Europe ou en France
Et qu’on en fasse des miches au levain

Ainsi que deux panetiers, artistes de l’éphémère
Qui à Anglemont, dans les Vosges toujours
Au petit jour et aux premières lumières
Modèlent leur art avec passion, avec amour

Le moulin de la rue, c’est ainsi qu’il se nomme
N’est, je l’espère, pas un paradis perdu
C’est un berceau d’avenir, ou tout comme
Qui par le feu avait été mis à nu

Y passent, sans doute nostalgiques
Un peu de leur temps, mésanges et hirondelles
Donnant au lieu un air magique
Pour que bientôt la roue à eau aille de plus belle

Ce poème se veut, et l’est sans doute
Comme une première pierre à l’édifice
Où un jour, et puis toujours, moult
Boulangers, transmettant à leurs fils

Un savoir ancestral, viendront chercher
De temps à autre, en sacs bien pleins
De la farine de seigle, de la farine de blé
En passant, toujours par ce chemin

Où avant eux j’ai rêvé du moulin.