Le crâne ancestral

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métaphysique de la viande - troisième épisode

christophe siébert 
publié le 01 December 2011 09:34 de 81.14.3.22[...]
   

METAPHYSIQUE DE LA VIANDE - TROISIEME EPISODE

3

Une cordelle rampa sur son pied gauche, descendit, s’enfouit dans le sable. Quand Amy ouvrit les yeux il faisait nuit et elle était nue, allongée sur la plage et cernée par le souffle du ressac. Elle tatonna, ne trouva rien que du sable compact et humide, glacé. Un frisson la saisit, un haut-le-corps lorsqu’elle se leva. Elle appela en anglais, en français, elle cria. Le froid couvrit sa peau de chair de poule. Il était quatre heures dix ; la température extérieure était de sept degrés. Les larmes emplirent ses yeux, débordèrent, coulèrent sur ses joues et dans le même moment quelque chose de gluant coula hors de son vagin et le long de ses cuisses. Elle y porta les doigts, produisant un son à mi-chemin du grognement et du cri. A la clarté médiocre de la lune elle vit sur ses doigts un liquide blanchâtre strié de rouge clair. Elle secoua la main avec panique ou dégoût. Entre ses cuisses l’écoulement continua. Elle tomba à genoux. Elle frotta avec frénésie ses doigts dans le sable noir et contre sa cuisse. Elle bascula sur le côté, se recroquevilla ; l’écoulement cessa ; ce qui avait coulé contre ses cuisses commença de sécher et glaça sa peau. Dans sa langue elle dit putain, putain ; putain qu’est-ce qui m’arrive ; qu’est-ce que je vais faire ; mon Dieu, mon Dieu ; mon Dieu aidez-moi je vous en supplie. Elle se tut et sanglota. Le choc nerveux, le froid ou un mélange des deux secoua son corps de spasmes qui devinrent des convulsions. Elle claqua des dents. Elle saisit ses cheveux, les tira de toutes ses forces. Elle crispa les mâchoires et produisit des bruits inarticulés et bestiaux. Cela dura quelques minutes et reflua, après quoi elle demeura calme et envahie de frissons, en position allongée, le visage hébété. Des cheveux restèrent accrochés à ses mains relâchées, d’autres adhérèrent à son corps incrusté de sable. La conscience sembla lui revenir. Elle s’assit, regarda autour d’elle sans rien voir, se leva. Le froid marbrait sa peau et provoquait des tremblements de tout ses membres. Au loin un cargo émit un son grave et prolongé.

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