Le crâne ancestral

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Message préliminaire, poésies.

Romain 
publié le 12 January 2010 18:49 de 90.26.126.[...]
   

Depuis le temps que je passe par là, au début des discussions, des messages de temps en temps, et puis, depuis quelques temps, des lecteurs mais plus rien, pas un mot... Je vous assure, sans chercher les éloges, un commentaire ça peut donner envie de poursuivre, savoir ce que vous avez ressenti, vos poèmes préférés... Êtes-vous donc si timides ? Avez-vous perdu votre langue ? Et toi, serpent de mer, tu ne réponds plus à mes appels, serait-ce le signe d'une amitié disparue, ou d'autre chose encore ? Je vous assure, les mots même peu nombreux montrent une présence, ils réchauffent au beau milieu de la nuit, êtes vous donc égoïstes, m'écoutant parler sans user votre salive, et gardant pour vous les moindres soubresauts ? Et d'abord, qui êtes vous, lecteurs ? Greg H, passes-tu toujours par ici ? Qui êtes vous, lecteurs ? Musiciens, ingénieurs, poètes à votre tour ? Êtes vous des fantômes, voyant le monde sans pouvoir y toucher ? Pourquoi lisez-vous sans rien dire, que est donc ce grand mystère, qui vous fait garder le silence ? Y a-t-il, au bout de vos doigts, un clavier qui puisse servir de messager, ou bien êtes-vous manchots ? J'ai appris le langage des choses muettes, mais vous, pour la plupart, ne l'êtes pas n'est-ce pas ? Serpent de mer, t'aurais-je blessé, où serais-tu indisposé par ma présence sur ce forum ? Votre éloquence est-elle la même chaque jour, vous a-t-on coupé la langue, êtes vous morts ?





mardi 12 janvier 2010
Schnee

C’est sa teinte qui dérobe
Aux terres vertigineuses de pluie
La couleur de la Terre.

Elle vient dans une blanche robe
Quand les enfants sourient
Maculer les divins mystères.

Elle dore le ciel de poussière
Se pose sur les bonnets
Pour écarter les astres.

Elle passe dans la saison dernière
Ou celle d’avant ou celle d’après
Pour aplanir les désastres.

Avec elle les jours fastes
Ont la lueur des calendriers
Teintés des photos de Doisneau.

Et quand enfin elle s’efface
Elle ruisselle sous les pieds
Des mendiants sans manteau.

L’air est proche des zéro
Quand s’allume l’unique chandelle
Placée devant les maisons.

Elle porte la naissance d’un héros
Que n’épargneront les desseins cruels
De toutes les façons.

Avec elle les prophètes vont
Sous un ciel gris et ténébreux
S’exprimer en silence.

Et tandis que les mains avancent
Sous sa peau molle et glaciale
Elle parvient à les rougir.

Mais c’est là sa famille et son essence
Rougir la peau et lui faire mal
Comme des cendres d’avenir.

Elle est propice pour mentir
Et bénie aux jours sans travail
Comme le cirque et le théâtre.

Elle est la lenteur d’ «applaudir »
Et fait coudre des mailles
Près de la cheminée à l’âtre

Quand enfin elle devient plate
Les cœurs sont apaisés
Et les pas la signalent.

En toutes langues sont nom épate
Elle fait couler le bout du nez
On pourrait penser qu’elle est géniale.

La neige, c’est ainsi qu’on en parle
Mais allez vous me croire
J’y vois parfois un miroir.

Juge d’un tribunal
Sa blancheur et non le noir
Sur ta robe se laissent apercevoir.

Elle glace la mémoire
Dans la gloire des fusillades
Quand tombaient les partisans.

Elle a montré dans l’Histoire
Sa cruauté pour les malades
Et les soldats dans les rangs.

Quand sur elle coulait le sang
Le souvenir reste indélébile
Pour les survivants et les curieux.

Neiges des jours d’avant
Et d’aujourd’hui sur nos villes
Font des réticents et des envieux.


samedi 9 janvier 2010
Les plantes

Explorateur je recherche le nom des plantes
Passant à l’orée de quelques forêts
En voici une c’est peut-être l’amarante
Un peu plus vers le sud je trouve les genêts

Je passe près d’un ruisseau aux eaux vives
Y lave une pierre que je porte en bracelet
Pas n’importe laquelle un œil de Tigre
C’est à travers une montagne que je vais

J’emporte une flore pour les reconnaître
Ces fleurs aux pétales et ces plantes sans fleurs
Il y a quatre ans on me dit un enfant va naître
Dans un jour sublime et un jour sans odeur

J’imagine des fleurs encore jamais découvertes
Je repense aux botanistes d’autrefois
Qui scrutaient par une fenêtre ouverte
Les nervures d’une nouvelle feuille des bois

J’interroge le vent, je bois l’eau de pluie
Observant le crépuscule, scrutant les aurores
A la recherche de la rose, ou de l’anémone Sylvie
Je vois le coton d’ici, et puis la mandragore

Je trouve une fleur, apprends son prénom
Essaie de le retenir, l’oublie aussitôt
Le soir arrive, je savoure l’étrange cresson
Trouvé là-bas, près du ruisseau

Je vois de jolies fleurs dans la rosée du matin
Rares pour les unes nombreuses pour les autres
Un jour passe et puis le lendemain
Elles ont fané ce n’est pas de sa faute

Et parmi ces plantes il en est une
Tantôt cruelle, tantôt bénéfique
Vous emportant sur Neptune
Ou vous malmenant dans son cirque

Cette plante, vénéneuse, ou magique
A séduit des poètes, engendré des ouvrages
Pour qui ne rêve jamais, elle est pratique
Mais peut aussi détruire, et mettre en rage.



Où nous sommes

A quatre pattes sur un brin d’herbe
En dansant sur le soleil
A pieds joints sur la lune
Quelque part sur la Terre
Entre Venus et Jupiter
Sur un radeau en chocolat
Sous une neige de coton
Dans un bal masqué
Dans la plus belle histoire jamais contée
La tête entre tes seins d’opaline
Dans la bouche des cerises
Dans un rêve qui n’en finit jamais
A l’aurore du monde
Sous une fontaine en été
Dans un village médiéval
A la sortie de l’école
Au début des vacances
Dans ton lit
Mes lèvres collées aux tiennes
Le jour de carnaval
Piroguant sur Venise
A boire un lait fraise
Près d’un feu d’été
A glisser entre les draps
Dans une cité sans travail
Sous une myriade de flocons de lilas
A l’abri de la pluie sous un pétale de rose
Sur une plage blanche
C’est bien là, dis…
Elsa, c’est bien là que je suis avec toi ?



Morceaux choisis

Je suis un constructeur, qui battit des proses, je suis un architecte, qui tire des plans sur la comète, je suis un menuisier, qui rabote et vernit des mots usés, je suis un apiculteur, qui comme les abeilles voit s’envoler les rimes, je suis un paysan, qui sème des métaphores dans les sillons du verbe, je suis un berger, qui veille sur un troupeau de poèmes vivants, pour un peu je serais poète, et je serais savant, tissant une ribambelle de métiers à moi tout seul, pour un peu je serais poète, et de ma plume seraient nés des mots parfaits, mais je suis un constructeur, veillant sur les toitures et s’assurant des fondations, mais je suis un architecte, inquiet de la réussite de ses plans, mais je suis un menuisier, qui n’invente pas le bois, mais le façonne, mais je suis un apiculteur, qui se fait piquer par ses abeilles, mais je suis un berger, pour la douceur de la laine, la laine, ah si vous saviez, c’est l’écume du langage, où se glisse le parfum d’une insoumise, muse éternelle, oiseau rouge et bleu, sifflotant au petit jour, et sirotant le verbe d’une paille délicate.

« C’est le petit matin apprivoisé »

« Nous marchons sur les fleurs »

« Cachés derrière les rochers »

« Je fais ma mine des mauvais jours »

« De l’autre côté de la prairie »

« Ça rendait la vie plus belle et la hargne plus grande »

« Mais nous nous sommes échappés dans la nuit »

« Soyons au firmament ce que nous promet la musique »

« Tu devais être celle dont j’ai toujours rêvé »

« Il y aura des calèches qui s’approchent à l’horizon »

« Je dirais d’écouter une chanson espagnole »

« Le jour où j’ai bu un verre de feu »

« Quand disparaît la souffrance et vient une caresse »

« Au rayon de lune elle veille à ces jeux »

« Grandes audaces petits mots freluquets »

« Ne nous reste plus qu’un morceau de Romance »

« Serait-ce un p’tit Rimbaud »

« Elle a parcouru cette énigme ma petite amoureuse »

« Pour la promesse permise de mille passes et passages »

« La sorcière d’autrefois petite rose »

« Laissant sur son passage les oiseaux blancs »

« Les caprices de la prose »

« Toute l'erreur de ce monde »

« Une fille que tu as vu disparaître »

« Monsieur, un rêve est né »

« Promesse promise, à moins d'un sirop d'orange »

« C’est l’histoire de deux enfants »

« Nous sommes célèbres quelque part »

« Je retrouve ton regard caché et paisible »

« Il y a ton rêve qui vient me caresser »



Je dors

Je dors à l’ombre de ton souvenir

Près d’une forêt parsemée de neige

Je dors au creux des Alpes

Dans tes bras éthérés

Je retrouve ton sourire dans le sable

Et les flots sont pareils à ton corps

Je dors sous une lune étrange

Près de ton cœur sentiments et passions

Je dors où ton art s’étiole

Sous un parapluie troué

Je dors dans une ville mouillée

Et dans une larme que tu verses

Je dors dans l’illusion de ton prénom

Et sur les dunes de coton

Je dors dans l’écume des sanglots

Quand l’océan se retire

Je dors au solstice rougissant

De ta virginité disparue

Je dors sur les courbes du Temps

Sur un orbite qui ne m’appartient plus

Je dors sur un menhir craquant

Quand tu peins un corps nu

Je dors dans un ciel glacial

Que les mouettes ne visitent pas

Je dors là où tu t’éveilles

Entre tes yeux câlins

Je dors sur les rêves disparus

D’une éternité accomplie

Je dors dans la petite avenue

De ton ultime regard

Je dors dans la douceur du matin

Jusqu’à ce que tu frappes à ma porte.



samedi 26 décembre 2009
Nous partons demain

Par les routes vers le sud nous allons
Le paysage défile et nous sommes sereins
On aimerait bien toucher à l’horizon
Nous roulerons à partir du petit matin

Au début les sapins verts et la montagne
Et peu à peu les cyprès et les cigales
C’est l’hiver et nous échappons à la castagne
De ces politiciens que tout égale

Nous approchons de la mer le soleil est là
La Provence nous accueille tranquille
La mer le vent et le sable, tout est là
Nous buvons un café-crème en ville

Et puis nous marchons près des oliviers
Je te rejoins ensuite sous un pin parasol
Pour un premier jour c’est plutôt le pied
Le sol est sec on peut dire qu’on a du bol

Et puis nous fumons avec douceur un cigarillo
En lançant comme des enfants des cocottes
Tu me parles de tes chèvres, de ton troupeau
Il fait un peu trop froid pour aller à la flotte

C’est une histoire simple et presque banale
Où je raconte la paix plutôt que la guerre
Juste pour mettre quelques mots dans un bal
De vers imparfaits et de rimes geôlières

Nous passerons la journée plutôt paresseux
A siroter des bières en mangeant des figues
Et pour une fois que nous sommes tous les deux
Nous pouvons faire patienter la fatigue

Et profiter du feu pour discuter et bavarder
Regarder les flammes et le bois qui se consume
Jouer à un jeu à boire avec des dés
Avant que peut-être je ne reprenne ma plume

J’imagine ce soir la Provence à venir
Où nous serons là à fêter la nouvelle année
Avec en guise de chaleur quelques mots à se dire
Et à l’enfant quelques histoires à raconter

L’éternité à du soleil à m’offrir cet hiver
Et nous serons dans la maison aux volets bleus
Où l’écureuil passe et non le pivert
Cette histoire a quelque chose de merveilleux

Quand la Provence nous accueillera demain
Je ne sais quel sera mon sentiment
Comme à chaque fois il est écrit sur un parchemin
Que rien n’est jamais tout à fait comme avant

A vous qui me lisez je dois bien avouer
Que je me surprends à écrire un filet d’eau
Quelque chose comme un poème sans nécessité
Et qui pourtant trouve sa place dans ce tableau

J’aurais préféré écrire un poème immortel
Mais c’est la simplicité qui me fait écrire ces mots
Pour vous inviter à une vie plus belle
C’est que la paix à l’âme on n’écrit pas de brûlot

Je voulais juste raconter une journée à venir
Comme pour patienter dans l’impatience
L’impatience de démarrer et de partir
Vers le sud et ma si chère Provence

C’est aussi pour vous faire partager en rêve
Un moment tranquille et qui vous apaise
Après tout la poésie c’est parfois le temps de la trêve
Ce poème est un fauteuil mettez-vous à l’aise



vendredi 25 décembre 2009
Notre île

Je marche dans le vent, sur les chemins
Elsa en rêve, vient me réconforter
Près de moi l’ange paisible, n’a pas faim
Je marche vers les saisons, vers l’été

Je m’assieds sous un immense hêtre
Et ouvre un livre de Hermann Hesse
C’est là que je commence à connaître
Les pages d’un livre auquel j’acquiesce

La lune guide mes pas nocturnes
Et ma mandoline joue avec le vent
Tandis qu’un philosophe relit les runes
Je suis poète sous le firmament

Poète, ou artisan des rimes, ou alchimiste
Je contemple un ciel doucement étoilé
Et là une étoile file sur la piste
J’ai bien l’impression que je vais décoller

J’irai sur un tapis volant dans le ciel
Atterrissant près d’un océan tranquille
Loin des contemporains de la tour Eiffel
Nous vivrons nous deux sur notre île

Et au petit jour, neuf mois après
Il sourira devant nos âmes comblées
Et j’écrirai sur un tableau à la craie
Qu’il est né pour la Liberté.