Le crâne ancestral

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Fureur et mystère

Romain Hentzy 
publié le 17 February 2011 07:45 de 90.26.120.[...]
   

Binaire


J’ai mordu la rue

Avec un cheval blanc.



Et les cloches toutes nues

Ont marché en avant.



Tout avait la couleur du givre

C’étaient mes derniers moments.



Mais pourtant qu’est-ce qui m’arrive ?

Je suis toujours vivant.



Neptune au goût de miel

Ma planète féminine.



Elsa y dort ou s’éveille

Et je quitte la ville.



Où donc sont les moulins ?

J’ai perdu mon pacqueteau.



Et au lieu de tes mains

Un bien drôle de cadeau !



Ah ! Eh bien j’irai aux calendes

Demander de la paille.



Et puisque tu me le demandes

Où veux tu que l’immonde aille ?



J’ai reçu des olives

Elles étaient capricieuses.



La noire voulait l’ogive

Et la verte une chambre spacieuse.



Eh bien ! Dormez au vent !

Et ne venez pas me dire



Que les cerises d’avant

Avaient le temps de pourrir !



Eh ! Jean de la Fontaine a beaucoup voyagé

Et combien voulez-vous de diamants ?



J’en ai des étrangers

Et d’autres qui jouent les éléphants !



Allez, Mireille ! Pas de soliloques !

Les éléphanteaux sont toujours devant !



Quand à vous, madame la Marquise :

J’ai refait le château.



Messieurs, la vermine est sous terre !

Quoi ? Vous aviez des libellules ?



Eh bien, que sonne la primevère

J’ai échangé mes fistules !



Contre un peu d’osier

Et des jardins d’outre-mer !



Messieurs, le vin, et l’acier

Ont en commun la manière !



Celle de toujours, au petit jour

Être la lie, ou bien la rouille.



Détail ? J’en meurs !

Bétail ? J’en pleure !



Eh, Magellan ! Où sont les ports ?

A la Courneuve, ou au chiendent ?



Je reviendrai, à Montréal

Et comme prairie, monsieur bidule



J’aurai les râles

Qui virent à l’aube



De l’aut’côté

De cette vie !



Eh ! Ces soldats des tranchées !

Qui agonisaient parce qu’ils avaient été blessés !



Leurs camarades les entendaient

On aurait dit des râles.



Clémenceau, bon déserteur

Etait surtout, petit et mou



Et vous savez, je sais tirer.

Donc si vous me poursuivez,



J’ai pris mon arme

Et je sais tirer.



Paraît qu’c’est fou, d’écrire comme ça

Qu’ça les démange, de m’mettre au trou !



Mes pas dérangent

Comme l’acajou



Pourtant j’suis sage

Comme une image.






Requin du midi


Un accordéon

Est rentré à Cythère.



Contemplant l’hameçon

Nous fûmes moins austères.



Et pourtant magnanimes

Rien ne fut plus méchant.



Mireille, les étoiles sont caduques !

Avez-vous touché le vin



Pour que la poire finisse mal ?

J’en doute, pas une sardine à l’horizon !



Mais en ces lieu et heure

Je suis sûr qu’ils sont saouls.



Allez ! je vous rends la monnaie !

Mais n’allez pas dire



Que les enfants sont muets !

(Ils avaient des crocodiles)



La flûte, que Pan touchait

Sentait l’artichaut.



Est-ce là un signe

Que la rivière prend son bain ?



Je sais, le miel pourrait couler :

Mais dieu s’est épris de justesse.



Ah ! Encore un grimoire !

Et les paquets sont roussis.



Et si vous dansez sans moi

Le tocsin sonnera.



Je reste au pluriel :

Où sont les cages ?



Ben, me dit un luron,

Sûrement en ménage !



Je sais, rien n’est perdu.

Pourtant, vous n’aviez rien vu.



A quoi bon une souris ?

Puisque Poucet sort du lit.



Aux rêves ! A l’unisson !

Pas un as dans le jeu.



Vous avez dit dada ?

Je pensais aux lentilles.



Mais puisque c’est ton papa

Je dirai qu’il est mort.



Prévert était sûr de lui

Quand il a rejoint l’escadrille.



C’est pourquoi sans vous heurter

Je dirais qu’ils ont péri.



Ah ! Et re-Ah ! Tous est sifflé !

Pourtant quelle rétive



Est allée pleurnicher ?

La rouge ? Ou la verte ?



Rien, rien de rien

Messieurs les bourreaux !



Il a été fusillé

Sans pipeau ni chapeau.



L’hermine s’inquiète :

Tout est fragile.



Revenez dans un an,

Les grilles seront closes.



Et pour un petit diamant,

Nous rouvrirons les maisons closes.



Je vais vous apostropher :

Ce n’est pas fini.



Encore une prose,

Et je mange un radis !



Que Minerve se reprenne :

Il avait seulement dit oui.



Et pour un bol de soupe

Greame Allwright s’est fichu debout !



Mais soyez donc misogynes :

Elle n’avait pas son poulet !



Que la rive s’approche :

Nous sommes en juillet.



Pour finir la chanson

Quel meilleur couperet ?



Un indien ? Une endive ?

Restons au rivage.



Les soldats sans oignons

Sont plus frais qu’un bonnet.



Et comme rien n’est plus beau

Eh bien merde aux agneaux !






Prière aux incrédules


Tout ça pour un bol de lait !

Et ils ont fait le ménage !



Remarquez, Annie,

Si vous aviez pu



Redire vos oripeaux

Eh bien niet ! Pas une ballerine !



Mais comme il est poli

Il va te mettre au chaud.



Pour que demain à l’aube

S’amènent les tartines.



Ah ! Et les chèvres ?

Eh bien, toujours dix.



Ils auraient pu vous le dire !

Oui, mais dieu avait calculé.



Boh ! tout ça pour une godasse ?!

Eh oui, les heures sont minutées !



Allons au champ !

Les cars d’écoliers y sont meurtris.



Et par un soleil pareil

Je vous parie qu’ils ont réussi !



Qui donc avait joué aux quilles ?

Pas le curé, il était au cimetière.



Revenez dans un an

Les chevaux seront prêts.



Et pour un denier de première classe

Ce sera l’hiver dans la niche.



Quelle classe ! Vous aviez des boules kiès ?

J’en étais sûr, et du vin de Séville.



Aux cartons qui se plient

Viennent toujours les musées.



Et comme un croupion

Les étoiles se polissent.



J’en reviens au cadeau :

Etait-il à l’adret ?



Car l’ubac, en ces temps

Est remis au tombeau !



Il avait des rizières ?!!

Eh bien ! Qu’il se sente dreyfusard !



Et puisqu’il est maître chien

Donnez-lui du fromage !



Messieurs, Neptune et mort.

Comme un soldat : dans la guimauve.



Amen ! Le temps passe !

Et je suis certain



Que l’armée est déçue.

Oui, mais elle s’y met



A l’unisson pour cuber !

Eh ! L’art déifié s’est fait la belle !



Rattrapez-le, ou j’imagine un colchique !

Un coquelicot ? Autant pour moi.



Madame, je suis né.

Et vous, toujours en deuil ?



Allons enfants, Marie s’ennuie

Et pour vous dire : elle s’est maquillée !



Benjamin, fais l’hirondelle !

(Il était en pyjama)



Bien. Le temps est venu.

Je vous souhaite un radeau.



Et pour qu’il signe l’armistice

Je l’envoie chez Crésus !



Quant à vous, gardez la voix

Ils pourraient revenir.



Et j’ai touché sans savoir

Un fusil de maquis.



Merde ! L’arc est démonté !

Faites une croix,



Sous les peupliers

Et dites aux cyprès



De se tenir debout :

On pourrait nous entendre.



Bien, encore une heure.

Mais faites un Joux



A la place de Montmirail !

Merci d’avance.



Et pour les p’tits sous

Pas d’soucis : encore de la mousse !



Je vous bénis.

Et j’édifie.



Encore une flamme,

Et je vous aime !



Eh bien voilà,

Je vous aime.






Solstice


Un rien.

Mais c’est tout !



Allez, du miel !

Mais ? Il était ivre ?!!



Eh bien, la vapeur s’émondait.

Au requin qui dort



Je donne la dernière.

Eh ! Et vingt solstices.



Oh ! Dieu d’émeut.

(Il avait souri)



A cette étoile

Que vous vîmes sur la tombe !



Et aux missives

Dansant toutes nues !



Je vous envoie

Des roses et des mésanges.



Un crocodile en nounours.

Des musiques qui viennent d’ailleurs.



Je vous envoie aussi mon trésor

(Il avait froid aux mains)



Pour que tout soit parfait

Je vous adresse ce message



Et comme l’or est pour nous

Soyons de petits dijonnais.



Bien meilleur qu’une bille

C’est la mer qui raisonne.



Et je vous adore vraiment

C’est la raison de ce mot.



Bien que vous ayez mal aux yeux

Allons nous coucher.



Je ne dormirai pas.

Vous non plus.



Nous ferons un enfant.

Ou bien deux.



Nous irons aux cerises.

Nous ferons du pain.



Il aura cinq dents

A son anniversaire.



Et le second choisira son prénom.

Il fera de la farine



Je luis ai trouvé un moulin

Quel parfait prosaïsme :



Comme un jouet divin.

Soyons maîtres des lieux.



Et berçons le berceau.

Je vous ai enfin trouvée



Vous aviez de beaux yeux

Mais je vous avais vue.



Eh bien ! Quelle partie de cartes !

Ils étaient comme des anges.



Quoi qu’un peu éveillés.

Au fleuve, ils iront se baigner.



Bienvenue au paradis

Nous savons faire pousser les roses.



Tout ira bien.

La planète est sauvée.



La Chine va se saouler

De l’expression « Droits de l’Homme »



Et Jean Moulin nourrisson

Sera bien français.



Il aura des racines irlandaises,

Et une maman catalane.



Mais son petit chapeau

Sera fait d’ajoncs doux.



Dans son lit

Il y aura des peluches



Et sur la table du pain

(On l’aura fait tous les deux)



Quel métier !

Dieu est si doux.



Et il joue les imbéciles !

Quelle leçon !



Il a réappris à danser !

Et nous sommes son troupeau.



Un berger de ce nom !

Qui l’eut cru ?



Bien. Encore une chose :

Je dors en mangeant



Pour ne pas regretter.

Et puis toujours plus tendre



Nicolas se promet

De visiter la bergerie.



Il ne te touchera pas.

Je te ferai la bise à sa place.



Il est trop dangereux

Quand on parle de nanas.



On se croirait au seizième siècle !

Pourtant nous sommes bien naufragés.



Et voyez-vous marquise :

L’exctincteur est place.



Ah non ! Pas un feu.

(Sauf au jardin)



Combien sommes-nous ?

J’aurais pourtant juré…



Bien, le soleil brille.

Quel solstice !



J’avais des fourmis dans les mains !

Et sans vous offenser



Il paraît qu’on y joue.

Allons, plus un dé.



Que de présents !

Vous aviez vu César ?



Mais ?! Comment ont-ils… ?

Un mystère ? Révélez !



Comme tout est censé

Allons louer un tandem.



J’aurai un chapeau de paille

Et je pédalerai dans les descentes.



Vous le saviez :

J’ai besoin de repos.



Bien. Qu’est-ce qui m’arrive ?

On croirait qu’il revient !



Et il chante !

Quel danseur !



Pardon, j’avais les yeux sur la piste.

Oui, il m’arrive de mentir :



Mais seulement quand je mens.

Pour le reste : toujours éléphant !



Mais je vous préfère

Au petit jour.



Je suis prêt à vous le dire

Mais la lune est fâchée.



J’ai quelque chose pour vous :

Vous êtes ma promise.



Les autres on s’en fout.

Sauf si la mer est calme.



Bien, un peu de musique.

Et des cotillons !



Quand au indiens Kogis,

Ils seront les bienvenus.



Ils viendront à pied.

Ils marcheront sur l’eau.



Et pour vous embrasser

Je vous amène dans ce bal.



Et que les émiettés se tiennent tranquilles :

Nous avons vingt mille chèvres.



Allons ! Que le soleil brille !

Et pour une histoire de garçons



Ils sont allés sous le ciel !

En plus, la terre est ronde.



Je vous l’avais dit :

Plus un radis.



Mercredi sera limbes !

Et le Pacifique entonnera



Ce chant riche et marin.

Au plus haut du ciel



Nous seront des amants

Et comme lune de miel



Nous aurons des enfants.

Répondons à César



Que la rive nous aimait.

Quoi donc pour le départ ?



Un jardin ou une oliveraie ?






Avec une rose à la main




Ah ! Du souci !

Et un chapeau !



Quelle étoile !

Nous avions juré.



Et comme fiancée

La belle qui s’agenouille.



Bien. Comme on a dit :

Un poème, et du vin.



Quoi qu’on en dise

Les chevaux sont ratés !



Et coule la bière :

J’y suis allé un peu tard.



En février

Les oiseaux bougent.



Quoi d’électrique ?

Elle avait tout signé.



Et puis, si vous voulez

Nous irons chanter.



Demain, dès l’aube,

C’est promis !



Je t’apporterai des roses :

Hugo sera ravi.



Merci pour la pluie :

J’ai cru qu’on allait manquer.



Merci Nicolas :

Je me sentais seul.



Pourtant, là-bas, au nord

C’est la calomnie.



Mais pour tout vous dire,

Eh bien il mentait !



Vous le saviez ?

Les mairies sont connues.



Et comme jeu de belote

Ils ont peur et chantonnent.



Bien, que l’eau souffle un peu :

Nous étions en plein sud.



J’y ai vu des serpents :

Ils étaient multicolores.



Tu ne dors pas encore ?

Allons boire un verre.



Et puis là-bas, au moins,

Tout est gentil.



Même les païens !

Et les antilopes.



Bien. Il est connu.

Oui, lui aussi.



Et je vous dis

Qu’il était gris.



Dinosaure ?

Depuis longtemps !



Mais sans parapluie

Ce serait comme avant.



Bien. Ils ont aussi des abeilles.

Et comme sommeil : un tirant d’eau.



Vous saviez qu’il était muet !

Pourtant vous lui avez posé la question !



Que vouliez-vous qu’il vous réponde

Avec sa langue de bois ?



Elodie a toujours aimé ça.

Mais elle jeûne parfois :



Les jours de fusillade.

Qu’on ne s’y méprenne :



Je ne fais que jouer

Au jeu des mots



Avec la muse

Qui siffle un air



Que tu connais

Depuis toujours !



Artaud, fou ?

Eh bien, c’était la dernière ?



Vous les verriez !

Ils sont pires que leurs patients !



Ont dirait des fous !

Et je pense qu’ils le sont.



On ne fait pas ce métier par hasard :

La torture, ça s’apprend.



Et ils l’ont très bien apprise :

« Pas maintenant… »



« Oui… dans une heure »

« Prenez vos médicaments »



Oui, il y en a des polis.

Et d’autres pis qu’aliénés :



Haïssant moins fous qu’eux

Ils les ligotent à leur lit !



Et vous savez quoi ?

Ils sont payés pour ça !



Et moi, des mots et du théâtre

Du cinéma



Berger, panetier, pâtissier

Maître d’école



Guide, chanteur, guitariste

Auteur, philosophe



Sociologue, psychologue…

Et j’en passe !



Pour un radis ! Un seul !

Vous avez dit Justice ?



Drôle de mot,

Vu ce qu’il contient.



Oui, mes jours d’aujourd’hui

Sont meilleurs que ceux d’hier



Mais quelle eau

Il a fallu que je mette dans mon vin !



Entendez-le : ivresse aquatique !

Quel beau chat !



Ils ont osé !

Malgré les acquis,



Les preuves

Les éléments



Le passé, tout ça !

Oui, ils ont osé !



Pieds et mains liés.

Assigné à résidence !



Privé de chaussures…

Malgré tout,



Je leur dois beaucoup :

Car si je me venge aujourd’hui



C’est parce que je ne l’ai pas fait hier.

S’ils étaient à côté de moi,



Je leur adresserais un sourire

Et leur offrirais un verre !



Le temps est loin de la folie

En était-ce ?



Ou bien je faisais mon devoir ?

Rassurez-vous :



Tout cela est bien fini.

Je voyais ce qu’on peut voir



Quand on cherche un trésor.

Mais j’ai été prudent : la preuve :



Je suis toujours vivant.

Et en bonne santé.



Malgré tout, je suis un peu inquiet :

Car je fume, et c’est dangereux.



Je vais bientôt recommencer :

Encore une cigarette !



Et ce n’est pas la dernière !

Bien, je disais que tout va bien !



Ouf ! J’avais mal aux yeux.

Et à la tête.



Pourquoi cet écrit ?

Pour un bal entre muses :



Elles l’ont bien mérité.

Et je suis si joli



Que rien ne peut nous séparer :

Carpe diem, moi aussi Nina !



Bien, j’aime aussi les marchés.

Bien sûr, que c’est du théâtre !



Lisez à haute voix !

Cherchez l’intonation !



Vous en serez ravis.

Et c’est tout de même un peu long :



Mais je prends mon pied

(Je n’en ai pas toujours eu l’occasion)



Pour ce soir

Eh bien c’est un beau soir :



J’ai accordé les violons.

Reste peut-être une mandoline



A qui redonner des cordes

Une guitare à réparer



Un flûtiste à réconforter

Et des cerises à trouver :



J’attendrai juin

A moins qu’elles ne viennent en mai.



Bien, je vous salue.

Et je vous souhaite



Le paradis

Les heures de gloire



Les réussites

Et tout le bonheur du monde.



Quant à moi

Je veille et je dors



Je bois et je mange

J’écris



Et je vous applaudis.

Ce poème est une prouesse :



Pour le temps et la vitesse.

Bien, bonne nuit.



Je vais boire un thé

Et fumer du jasmin.



Demain, dès l’aube,

Comme promis !



Hugo sera content.






Au Salève


Comme d’habitude :

Ils ont pêché.



C’était une belle partie,

Dans une belle rivière.



Six truites en tout :

Ils étaient deux.



Belle aventure

Au bord de l’eau.



J’étais l’un des deux

J’en ai attrapé une.



On a eu chaud

En arpentant la falaise :



Il aurait pu se faire mal

Mais il s’est rattrapé !



Le coulis de l’eau

L’innocence des poissons.



Une après-midi entière

Avec un moulinet.



Le mien est tombé à l’eau

J’ai cru qu’il était perdu.



On a bien marché

Le soleil brillait



Enfin je crois.

Les truites étaient trop petites :



On les a toutes relâchées.

J’avais du tabac



Dans ma tabatière

Il fumait encore



Et je fume toujours.

On était parti en voiture



On avait bu un café au sommet

Elle nous avait rejoint



Avec leur fils

Qui voulait rester avec nous



Mais il était trop petit.

Nous sommes rentrés fatigués.



On a acheté des pizzas,

Elles étaient bonnes.



Avant ça on a bu une bière

Dans un bar.



C’était le printemps

Ou bien l’été.



C’était une belle journée

On a bien pêché.






Marionnettes



Et le blé ?

Toujours bleu ?



J’avais maudit l’Amérique !

Mais sans me fâcher.



Je reviens aux aurores

Comme toujours.



Et dans vingt-cinq ans

On dira peut-être un ou deux mots.



Bien. Il faut jouer aux échecs.

Et lire ce qu’on veut :



Pourvu qu’il soit beau.

Dans un an ou deux



On mélangera les couleurs

Faisant du jaune avec du vert



Et du noir avec du blanc.

Sans vous mentir !



C’est le chemin voyez-vous

Que vous aviez emprunté



Qui m’amena en ces lieux.

Mais j’avais froid aux pieds.



Tout est si rouge !

Sauf le sang.



Vous disiez impossible ?

Eh bien voilà, c’est fait.



Il manque juste une lumière :

On dira qu’on s’y est fait.



Voltaire ? Très lent :

On aurait pu le confondre



Avec une fraise des bois.

Mallarmé ? Solide comme du roc !



Mais il aimait la poussière.

Boris Vian ? Plus vieux qu’un menhir



Quand il s’agissait de danser.

Baudelaire ? Voleur d’absinthe !



C’est Théophile Gautier qui me l’a dit :

Il aurait dérobé la misère



Pour en faire une fleur.

Mais il n’y a pas de mal :



C’était un coquelicot.

Flaubert ? Plus crédule qu’une fourmi :



Il travaillait pour un roi !

Apollinaire ? Phénotype angevin :



Il aimait le vin,

Et pour une vierge,



Il allumait sa plume !

Balzac ?



Certainement écrivain.

Zola ? Flûtiste en ut mineur !



Cendrars ? Il prêtait main forte

Au macchabée du bout du bras !



Bien. Il faut faire l’andouille

Ce pourrait être lui.



Mais comme c’est la fête

Henri-Lévy lit l’encyclopédie !



Jules Hermione ?

Un nom parmi d’autres.



Van Gogh ? Toujours à l’écoute !

(Mais pour du bleu de ce type



Il aurait coupé du cerfeuil !)



Je suis sûr qu’il en reste !

Donnez-moi cet hémistiche !



Chiche ?

Et pour croire qu’il existe



Vous avez communié !

Bien. Mais la soupe est meilleure



L’hostie toujours reine

Et le Lettres en prière.



Flaubert ?

Un bon prêtre.



Gustave ?

Drôle de nom !



La psychanalyse ?

Blanche comme une boucherie au Moyen-âge !



Kant ?

Léger comme une plume !



Nietzsche ?

Souverain pontife !



Houellebecq ?

Sétif l’aurait châtié !



Je reviens aux bovins :

Ont-ils reçu le grain ?



Quoi ? Il est mort ?

Quelle pitié !



Roux comme un aqueduc

Le rimmel est rôti :



Cherchez l’apocryphe

Qui se cache à Rio.



Joue, Thénardier !

Il faudra leur ouvrir.



Bancale et noyée

Elle a mis son jupon.



Cherchez le manoir

Qui se moque de la pince !



Eh ! Requin cool et muet

Tu as su mettre un i



Sur la table de chevet

Qu’il avait bien polie !



Hitler ?

Chiffonnier morveux :



Il était comme une moustache :

Sévère mais tâché !



Cherchez l’erreur

Entre deux lignes !



Vous aurez du beurre

Et deux sous pour l’argenterie !



La comédie dura vingt ans.

Après : pas une bille !



Mais sur un oreiller de cette taille

Vous pourriez mettre un chevreau !



Je reviens dans trois jours :

Vous aurez un peu vieilli.



Et quoi qu’un peu jaune

Le chinois est une racine.



Racine ?

Tout de même !



Tant de mots pour un siège…

Assiégé après lui…



Il aurait pu faire le guignol

A ce prix !





Chamanisme


Quel temps !

Un temps de grenouille !


J’aime la pluie

Parfois le vent.


Toujours plus rétif

A l’idée de l’enfer.


J’y ai cru autrefois

Mais je n’ai rien trouvé.


Du moins…

Passons à autre chose :


Seul le lit du Nil m’avait offensé :

C’était un plan de travail,


C’est devenu une œuvre d’art.

Comme un pape, Perret est venu


Il chantait pour lui :

Sans doute par pitié.


Tout coule sur lui.

On dirait un vieillard.


Je ne le redirai pas :

Il était muet.


Mais quelque chose dans les yeux

Comme des paroles.


Elle était aveugle

Mais elle avait le sens des couleurs.


Il était sourd

Mais il prêtait l’oreille.


Toujours un chef !

Il leur faut réfléchir.


Comme à l’accoutumée

Je suis allé en ville.


Remarquablement

Je n’avais pas mon chapeau.


Mais l’histoire en dit long :

Tout pour une prière.


Manière de dire :

Il était toujours content.


Allez savoir ?

Un petit orgueil mal placé…


…une haine matinale….

…un rictus…


…une odeur de tabac…

…un sentiment de grandeur :


Mais il était naïf.

Comme du pain.


Bien sûr, aucun grief

De mon côté.


Des souvenirs,

La mémoire…


Le remake. La soif.

L’incompréhension.


C’est seulement en avril

Que les fleurs sont comiques.


Le reste de l’année

Elles ont l’air amoureuses


Mais le poison fait son chemin.

C’est pourquoi je préfère les masques.


Carnaval, au moins

C’est festif mais étrange.


Eh ! Ces assassins

Qui se cachent derrière !


Comment, vous ne saviez pas ?

Ils sont terrifiants.


(Ce ne sont pas toujours

Des adultes.)


Mais ils savent y faire !

Qu’en dit la loi ?


« Acte magique improbable. »


Improbable oui…

C’est presque drôle…


Et ça doit plaire à Shakespeare !

Enfin, ça, c’est pas moi qui le dit :


C’est un malade.


Une étoile.

Un lac.


Si vous aviez pu voir !

Eluard illusionniste


Faisant voir dans les flots

L’infini qui est dans l’eau !


Juste une histoire

Que certains ne racontent pas.


C’est un rôle de penseur.

Je serais philosophe.


Vous avez dit poésie ?

En êtes vous certains ?


Non, je pensais plutôt

Philosophie.


C’est comme une chanson

Mais c’est moi qui l’écrit.


Mon plus grand souhait

Est que vous ayez l’impression de lire un conte.


Une histoire agréable.

Quelque chose de sincère


Qui cache un mystère.

Je suis fier de vous :


Tout s’illumine tout à coup.

Et nul ne se venge :


On pardonne tout

Car il n’y a pas de coupable.


Juste des histoires de gosses

Qui ont fait l’histoire des hommes


Des guerres et des soldats

Ce sont des blessures.


Parfois très anciennes.

La douleur rend immonde.


Et parfois

Rendre la Justice


C’est torturer encore plus.

Que faire ?


Guérir !

Je ne vois rien d’autre.


Tout ce que l’humain devrait faire dans sa vie

C’est se guérir


Et guérir les autres.

Ou les y aider.


Prêtez serment :

Hippocrate a dit


« D’abord ne pas nuire »

Regardez bien…


Je ne fais le procès de personne

Il faut juste y voir un peu plus clair.


Tout est une question de lucidité.

De lumière aussi.


Et d’amour.

Tant de choses encore…


Dignité.

Courage.


Respect.

Loyauté.


Vérité.

Eau de source.


C’est une question d’équilibre, oui !

Mais prenons garde à ce que nous mettons


En équilibre !

Regardez : l’équilibre urbain / rural :


C’est une catastrophe !

L’urbain apporte la pollution aux campagnes


Et la campagne est maudite.


Parfois.

C’est un exemple précis.


Une vérité dont l’universalité

Est à vérifier.


Je le redis :

Il faut guérir !


Guérir les pierres

Guérir les Hommes


Guérir l’univers, le soleil

Les astres


Les plantes

La Terre


Le vin

Le pain.


Cela s’apprend.

Cela se sent.


Ce n’est pas une affaire politique :

Elle peut aussi être guérie.


Guérison : fondamentale.

Et la maladie


Est bien plus présente

Que vous ne pourriez l’imaginer.


René Char est un poète qui fait voir.

J’aimerais vous faire voir aussi.


Vous aviez déjà vu ?

Tant mieux !


Tout ceci ?

Tout cela ?


Dans un souci de bienveillance.

Là je me sens un peu curé,


Mais j’avais tellement envie d’en parler.

Encore une fois.


Je vous souhaite une belle nuit.

Et qu’un rêve vous fasse vivre


Les plus belles des vies.

Joli sourire !






Anachronismes



Illumine !

(Il était comme surpris.)



Jeux de mots.

Vendanges du verbe.



Moisson du langage

Vinification.



Quelle heure est-il ?

Tout souhait



Est entendu.

Même les plus petits.



Même les plus grands.

« A exaucer ! »



Se dit dieu

Qui préfère dormir.



(Il remet toujours à plus tard)

Bien. Seul en Orient



Le voyageur argumente :

Il veut des cigarettes



Mais il lui manque un sou

Ou deux.



Quant à vous

Comme par miracle



Vous lui ressemblez.

C’est une bonne chose :



J’arrêterai de la chercher.

Jupiter !



Venus !

Mars !



Orion !

Saturne !



Mercure !

Soleil !



Pluton !

Neptune !



(Quoi, je vous ai appelé ?)

Eh bien, puisque vous êtes là :



Réunion de chantier :

Il faut chanter plus souvent.



Continuer de tourner en rond

Parfois.



Passer l’anneau.

Et cætera.



Le printemps arrive :

Il faudra être patient.



Les oliviers salivent :

Donc vous êtes contents.



Ah ! Quel soleil en Provence !

Mais ?! On dirait du Romarin !



J’ouvre le dictionnaire…

…je fouille l’encyclopédie….



…Feuillète un manuel de droit…

Et quoi ? J’apprends que Newton est mort !



Vraiment ? Leur dis-je…

Mais depuis quand ?



Vraiment, ça me fait quelque chose….

Démocrite aussi ?!!!!



Et vous l’avez enterré sans moi ?

Quoi, nous ne sommes plus à l’Antiquité ?



Combien ? 2011 ?

Après qui ?



Qui ça ?

Jésus-Christ ?



Encore un apôtre ?

Je vous assure, plongé dans mes livres



Je n’ai pas vu le temps passer.






Romain HENTZY.



Re: Fureur et mystère
Romain Hentzy        
publié le 17 February 2011 12:32 de 90.26.120.[...]
 

Une petite correction : "à cette étoile / que nous vîmes sur la tombe" et non que "vous" vîmes sur la tombe : c'était une faute de frappe.